A la fin de l’année 2007, Scooter-Station essayait la première mouture de l’Adiva AD 125, ultime incarnation des Benelli Adiva et Renault Fulltime. L’unique scooter à toit escamotable nous revenait alors pour la première fois sous la marque Adiva, avec une partie cycle cohérente enfin remise au goût du jour et une motorisation d’origine Piaggio. Aujourd’hui, hormis ses feux à diodes, l’Adiva AD 125 2010 est esthétiquement quasi identique au millésime 2008. Toutefois beaucoup d’éléments concernant la marque ont changé. L’entreprise n’est plus italienne, l’oeuvre de Nicola Pozio étant depuis passée aux mains d’investisseurs japonais. Du coup, Adiva est maintenant la 5ème marque japonaise sur le marché français. Mais si les fonds proviennent du pays du Soleil Levant, le bureau de style et de design demeure transalpin. De plus, l’usine qui fabrique les Adiva est maintenant établie à Taïwan, référence du sud-est asiatique en ce qui concerne la qualité de fabrication des deux-roues de petite cylindrée. Il n’est donc pas étonnant de trouver sur l’AD 125 millésime 2010 une nouvelle motorisation d’origine taïwanaise. Exit le bloc Leader Piaggio et place à un nouveau coeur d’origine Sym, que le constructeur nous annonce plus endurant.

L’ADN d’Adiva
D’autres évolutions en France entourent la marque Adiva. Sa distribution est assurée depuis le mois de mars par l’importateur Euromotor (dont le réseau de concessions recouvre l’ensemble des grandes villes françaises). Outre les scooters PGO et les embarcations Chris Craft, Euromotor gère donc la diffusion du seul scooter à toit du marché, de surcroît décapotable. Replié, sa structure se loge dans la grande malle arrière de 80 litres, laissant une cinquantaine de litres pour le rangement. Pratique et unique, ce concept de protection est la marque de fabrique Adiva. L’élément est facile à manipuler. Il est relié au grand pare-brise par un système de crochets comparables aux attaches des fixations de ski. On déclipse les deux points d’ancrage, on plie la structure légère et ce hard-top monté sur vérin est maintenant rangé dans le grand coffre, où il reste même encore pas mal de place pour placer un ordinateur, un casque intégral et d’autres babioles. Et ci cela s’avère insuffisant, un autre espace de rangement sous la selle peu accueillir un casque jet. Enfin deux vide-poches, dont un équipé d’une prise allume-cigare, sont disposés dans le tablier.

Confort et équipement haut de gamme
Cette protection unique pour le pilote comme son passager démontre que le point fort de ce scooter est son confort. D’ailleurs, tout est fait pour que l’on se sente à bord de l’Adiva comme à la maison. Le pilote est royalement assis sur une selle moelleuse dont le grand dosseret soutient bien les reins. La passager est encore mieux loti, disposant carrément d’un appuie-tête et de retours de carénage latéraux, que l’on imagine protecteurs en cas de chute. Cette place arrière en revanche, ne conviendra pas aux aux grands gabarits. Pour cet essai, le passager mesurait 1,70 m et sa tête casquée heurtait parfois la partie arrière du toit. Pour le reste, ce scooter trois étoiles possède une instrumentation pour le moins complète. Sous la planche de bord, deux aérations type automobile se chargent de diffuser la chaleur du chauffage (disponible en option). L’AD 125 peut également embarquer un autoradio MP3 optionnel, d’où l’emplacement disposé au centre du tablier pour les haut-parleurs. Enfin, clou du spectacle, un essuie-glace élimine les gouttes venues mourir sur le pare-brise. Son fonctionnement à deux vitesses se commande à la poignée droite. Et si des traces persistent, un pulvérisateur de lave-glace est disponible à la poignée gauche. Le grand luxe !

Plus de nervosité, moins d’allonge
La prise en main du guidon est de prime abord déroutante. L’accessoire semble assez haut et surtout, particulièrement étroit. Sa largeur été réduite pour limiter l’encombrement de l’engin, ce qui demande un petit temps d’adaptation, toutefois la chose est loin d’être insurmontable. Mais dans cette quête de manoeuvrabilité et d’étroitesse, les ingénieurs italiens ont oublié de faire de même avec les rétroviseurs. Ceux-ci sont en effet mal placés et il n’est pas rare qu’ils se retrouvent à la même hauteur que ceux de certains 4x4 et autres gros utilitaires. Avec leurs clignotants intégrés, on imagine la facture salée s’ils venaient à casser.
Le tour du propriétaire arrivant à sa fin, il nous tarde maintenant d’essayer la nouvelle motorisation, issue du Sym Citycom 125. Si sur le papier, ce coeur à perdu en puissance pure comparé à l’ancien bloc Piaggio Leader (il passe de 14,9 à 12,5 ch.), ce qui s’avère quasiment imperceptible en termes d’agrément. Dans la mesure où le bloc conserve la même démultiplication que sur le Sym Citycom, équipé de roues de 16 pouces, sa nervosité est préservée par les roues de 14 pouces de l’Adiva. Du coup l’AD 125 2010 décolle rapidement et est bien vif jusqu’à 50 km/h. A ces allures, ce moulin bien rempli fournit de vraies reprises et conserve de sa linéarité jusqu’à 80 km/h. En revanche, passée cette limite, il pointe malheureusement aux abonnés absents. La vitesse maximale que nous avons mesurée à 101 km/h est difficile à atteindre, en particulier lorsque le vent souffle fort, car l’engin est pour le moins volumineux. Du coup, le terrain de prédilection de l’AD 125 2010 est aujourd’hui, encore plus qu’avant, la ville. Fonctionnel et agile grâce à cette nouvelle motorisation, c’est un citadin patenté. Malgré l’importance de ses carénages et de ses poids suspendus en hauteur, il est étonnement maniable. Sa très bonne partie cycle aide également à l’apprivoiser. A la rigidité du cadre répondent des suspensions assez fermes, surtout sur l’arrière. Quant au freinage à disque à l’avant comme à l’arrière, nous l’avons trouvé facile à doser et suffisamment mordant.

Bilan : Au royaume des aveugles...
Dans la mesure où aujourd’hui l’Adiva AD 125 est le seul scooter à toit (le BMW C1 a disparu des concessions depuis bien longtemps...), on accepte plus facilement ses petits défauts. Sa nouvelle motorisation, moins gourmande en carburant (4,2 l/100 km contre 5,2 l/100 km auparavant), apparaît mieux adaptée à un usage urbain. Toutefois nous regrettons qu’elle ait perdu de son allonge (que nous critiquions déjà sur le millésime 2008). Par ailleurs, ce nouveau coeur nous a semblé bruyant, et quelques vibrations ressenties à haut régimes sont venues entacher un confort jugé jusque-là assez satisfaisant. Vendu 4 990 €, une somme rondelette pour un 125 cm3, l’Adiva AD 125 2010 n’est pas exempt de lacunes de finition. Si l’équipement est à la hauteur - là-dessus rien à redire -, certains fils apparaissent au niveau des poignées passager ou du moteur et l’ajustement des pièces d’habillage (en particulier sur celles qui entourent le grand pare-brise) pourrait être meilleur. Mais il faut bien admettre que l’excellente protection fait vite oublier ces quelques désagréments. Piloter un scooter sous la pluie, visière ouverte et en demeurant parfaitement au sec est une expérience qui n’a pas de prix... quoi que !
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