Au sein du groupe Piaggio, les synergies tournent à plein régime. Après tout, pourquoi pas ? Si un modèle est reconnu pour ses qualités, mais qu’il se retrouve en perte de vitesse au niveau des ventes, pourquoi ne pas lui donner une seconde chance, sous une autre bannière, avec un look revu ? Aussi, en ces temps d’incertitude, où le marché virevolte plus qu’il ne prospère, développer une vraie nouveauté s’avère aussi coûteux que risqué pour les constructeurs. Ceci explique certainement cela !
Ainsi dans les rangs du groupe transalpin en 2012, le Piaggio Typhoon sera disponible chez Aprilia sous l’appellation SR Motard. L’Aprilia Sportcity One chez Derbi devient le Variant Sport et chez Aprilia, le Gilera GP 800 apparait sous la forme du très racé SRV 850. Mais en 2011, le premier scooter à bénéficier de cette nouvelle politique de plateforme est le Gilera Nexus. Aujourd’hui il est disponible dans la gamme Aprilia, portant le nom SR MAX. Décliné en 125 et 300 cm3, avec les dernières motorisations à injection du groupe italien, le plus sportif des GT du segment (avec le Yamaha X-Max) adopte une nouvelle robe en parfaite adéquation avec son style des plus racés.

Une position de conduite atypique
Pour faire ressortir ses lignes tendues, un rien agressives, Aprilia a opté pour des coloris chères à la maison de Noale. Rouge ou blanc pour la carrosserie, noir pour les "bas de caisse", les formes du SR MAX sont ainsi mieux mises en valeur qu’au sein de la gamme Gilera. Pour le reste, rien n’a changé. L’installation sur la selle du SR MAX nous remet en mémoire les sensations éprouvées à bord du Gilera Nexus. L’assise est haut perchée (815 mm), ce qui ne sied pas aux petits gabarits, et le guidon placé assez bas, forçant les pilotes de grande taille à adopter une position où le haut du corps est légèrement incliné vers l’avant. Ça respire déjà le sport ! Pour le reste, l’ergonomie des commandes est bonne et la vision de la planche de bord irréprochable.
Malgré un large tunnel central, il y a suffisamment de place au plancher, même pour les grandes pointures. Avec le prolongement de cette partie réservée aux pieds sur les montants inférieurs du tablier, on peut étendre les jambes sans difficulté, le talon bien calé par un léger retour de plastique. Dans cette position, les chevilles du pilote se lovent contre les extracteurs d’air chaud, assurant alors un réchauffement certes léger, mais néanmoins appréciable à la morne saison. On imagine qu’avec un tablier, cette spécificité de l’Aprilia SR MAX permettra un maintien à température de toute la partie inférieure du corps.

On le pilote plus qu’on ne le conduit.
Dépourvue de vibrations, la mécanique s’ébroue dans une sonorité acceptable. Grâce à l’injection électronique, la réponse à l’accélération est instantanée. En un éclair, le monocylindre se cale sur les 8 000 tr/min et l’engin décolle avec progressivité, mais vigueur. Durant cette phase, le bloc se montre alors plus bruyant, mais rien d’insupportable pour autant, rassurez-vous. Et finalement, on se dit que cette sonorité va bien avec l’image de ce scooter GT/sport. Bien en ville, le moteur fait preuve d’efficacité sur les axes rapides, tant pour ses reprises que son allonge, mesurée à 114 km/h (130 km/h au compteur). Et comme le SR MAX dispose d’une remarquable tenue de route, c’est sans la moindre appréhension que l’on navigue à vitesse élevée. Une courbe se profile. Grâce son architecture privilégiant un centre de gravité assez haut et des masses recentrées vers l’avant, l’Aprilia SR MAX incite alors à se la jouer motard dans les prises d’angles. On pilote alors plus que l’on ne conduit.

Pas le plus maniable à l’arrêt
Pétri de qualité sur le plan dynamique, on lui reprochera toutefois un frein avant manquant de mordant. Heureusement le disque arrière seconde parfaitement. Côté suspensions, rien à redire : que ce soit au niveau de le fourche ou des amortisseurs, on ressent une fermeté indispensable pour servir la précision et en même temps une qualité en terme d’absorption assurant un bon confort. Le passager est traité avec tous les égards. Il dispose en effet de repose-pieds indépendants, équipés de petits empiècements caoutchoutés pour assurer ses appuis, ainsi que de larges poignées très accessibles. Mais se retrouver avec un invité sur la selle en milieu urbain peut parfois s’avérer problématique. Le SR MAX est lourd, il braque mal, du coup lors des manoeuvres à l’arrêt ou à basse vitesse, la vigilance est de rigueur.

Plus sportif que le Yamaha, mais moins polyvalent
Comme pour le Nexus, qui reste bien évidemment au catalogue Gilera, nous trouvons dans cet Aprilia la plus solide alternative au Yamaha X-Max en terme de sportivité. Néanmoins, le SR MAX est moins polyvalent et moins pratique que le Yam’. Certes son coffre éclairé est équipé d’une prise 12V, mais l’on y loge qu’un seul intégral et diverses babioles. Le vide-poche en façade est réduit à sa plus simple expression. On apprécie sa protection latérale, mais sa partie avant très plongeante préserve moins le haut du corps. Reste que l’Aprilia 125 est meilleur marché que le Yamaha. Vendu 3 899 €, son tarif constitue un argument de taille, à qualité de fabrication et de finition comparable. Le sport-GT 125 de Noale semble promis à un bel avenir.
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