Simplicité = efficacité ! C’est ainsi que Sym nous présentait son scooter à grandes roues d’entrée de gamme en 2009. Venu épauler le luxueux Citycom 125 au sein de la famille 16 pousses taïwanaise, pour un prix contenu de 1 699 €, le Symphony présentait un autre argument de taille : une tenue de route plus rassurante que celle qui caractérise le commun des scooters dotés de roues de 12 pouces. Depuis, l’engin a rencontré un certain succès, mais pas sous son blason d’origine. Vendu à Peugeot, il a permis au constructeur français de disposer rapidement du chaînon qui manquait à se gamme et de réaliser des scores plus qu’honorables sur ce segment. Mais en l’adoptant, Peugeot ne s’est pas contenté d’y apposer ses logos. Légèrement redessiné en façade, nommé Tweet 125 et équipé d’un deuxième disque à l’arrière, d’un second amortisseur et d’une planche de bord plus sophistiquée - le tout pour un prix supérieur d’une centaine d’Euros - le grande-roues a fait recette : une surprise sur nos marchés friands de scooters GT. Pour redonner des armes à son jumeau, Sym revoit donc la prestation de son Symphony et le dote aujourd’hui des mêmes arguments que le scooter "français". Le Sym Symphony 125 devient Symphony 125 S. Une nouvelle lettre à son patronyme qui souligne certainement un gain en... sécurité.

Un scooter à grandes roues taillé pour la ville
L’installation à bord de ce grandes-roues basique est aisée grâce au plancher plat de l’engin. Perchée à 800 mm du sol, la selle pourrait paraître haute, mais dans la mesure où elle est assez fine à sa base, les petits pilotes (et les femmes en jupe) s’y sentiront "comme à la maison". Malgré l’aspect compact du Symphony S, on a de la place au plancher et les genoux (même des grands gabarits comme ceux de votre serviteur mesurant 1,83 m) ne viennent pas butter contre le tablier. Pour le passager, la prestation est également honorable. Pour son confort, celui-ci dispose en effet de repose-pieds escamotables, d’une largeur de selle acceptable et d’une poignée de maintien/porte-paquets faisant le tour de la partie arrière. Rapidement mis en confiance par une ergonomie naturelle des commandes, on se familiarise tout aussi vite avec la conduite de l’engin. On profite alors de sa mécanique efficace au démarrage. La réponse à la poignée est immédiate et comme le Symphony S est léger (115 kg à sec d’après le constructeur), l’engin prend rapidement son envol, un atout pour affronter la ville et ses conditions parfois difficiles de circulation. Aux allures urbaines, le Symphony bénéficie également de bonnes reprises et d’un freinage désormais renforcé. Nous notons la bonne puissance disponible aux leviers, en revanche nous déplorons quelques peu que le nouveau disque arrière soit difficile à doser avant blocage...

Pénalisé sur les axes rapides
Contrairement à ce que l’on pense des scooters à grandes roues, le Sym Symphony 125 S demeure agile. Il jouit d’un angle de braquage quasiment similaire aux scooters classiques, ses suspensions assez fermes servent sa vivacité et, du fait de son empattement contenu (1 350 mm), il s’emmène rapidement d’un virage à l’autre. C’est en sortant des limites de la cité qu’apparaissent ses premiers défauts. Nous constatons en effet que, passé 70 km/h, la vivacité du 4T à air s’estompe rapidement. Sur voie rapide, on manque donc de watts pour dépasser. Quant à l’allonge, nous l’avons trouvé assez limitée. Rigoureux et rassurant de par sa solide partie cycle, nous déplorons en revanche un léger manque de confort lorsque le rythme s’intensifie. Cela ne vient pas de l’assise qui, bien dessinée, offre également un certain moelleux. En fait, ce sont les amortisseurs qui sont en cause. Parfaits pour offrir une direction précise et de la rigueur en courbe, ils deviennent un tantinet "tape-c..." lorsque la chaussée se dégrade. La fourche manque vraiment de progressivité. L’effet est logiquement amplifié à rythme élevé.

Pratique et atypique
Le Sym Symphony S est donc un vrai citadin. Sur son terrain de prédilection, il se montre pratique, ce qui n’est pas toujours le cas des scooters à grandes roues. Certes, sous sa selle on ne range qu’un casque jet, mais pour l’emport, le S dispose d’autres atouts. Il est en effet équipé d’un porte-paquets, d’un plancher plat (avec anneau accroche-sac) et d’une boîte à gants fermant à clé, suffisamment spacieuse pour y ranger une petite bouteille d’eau. Ce scooter basique possède également des petits plus qui le singularisent sur le marché. On ouvre son coffre au contacteur ou en actionnant la commande des feux de route vers le bas. Dans le coffre, on trouve un bouton jaune commandant un coupe-circuit. L’engin est doté de deux béquilles pour le garer n’importe où. Enfin, il dispose d’un kick de secours pour le démarrer en toute saison.

Bilan : Pas facile de combattre les a priori
En devenant S, le Sym Symphony 125 a vu son tarif augmenter de 100 €. Certains pourraient s’en offusquer, mais les plus pragmatiques d’entre nous remarquerons que l’évolution n’est pas trop chère payée. De plus, même à ce nouveau tarif, le Symphony conserve tout son attrait. Mais face au Peugeot Tweet, vendu maintenant le même prix, nous imaginons qu’en France l’engin sera toujours moins apprécié et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, contrairement au Tweet, son identité "de façade" demeure un peu trop taïwanaise... pour ne pas dire chinoise. Puis, à prix identiques, les acheteurs français se rassureront certainement en achetant un produit de marque française. Le Symphony à beau être aujourd’hui plus sûr et garanti 3 ans (ou 100 000 km)contre 2 ans pour le Tweet, dans l’esprit des gens, eu égard à sa patrie d’origine, des questions subsistent quant à sa fiabilité ! Dommage, le Sym Symphony 125 S est un bon scooter qui mérite que l’on s’attarde sur son cas. Toutefois pour Sym cela ne change finalement rien : Tweet ou Symphony, c’est la marque taïwanaise qui en sort gagnante.
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