Honda n’a pas traîné à investir le segment des maxi scooters. Le Silverwing 600 a contenté des milliers d’utilisateurs en Europe depuis 2001, avant que le constructeur japonais diversifie son offre en lançant le 400. Reprenant la même base technique, le Silverwing 400 ressemble presque trait pour trait à son grand frère, qui n’est déjà plus de première jeunesse dans cette catégorie des maxiscooters en plein boum... Dès lors, malgré toutes ses qualités et sa singularité technique (il est le seul bicylindre en 400 cm3), le dernier-né Honda ne remporte pas le succès escompté. Mais 2009 signe l’année de la revanche pour le milieu de gamme ex-Silverwing.

Exit le Silverwing 400, bienvenue au SW-T 400
Exit donc le Silverwing 400, Honda revoit autant la copie que le nom. Le SW-T 400 arrive sur le marché en février 2009 et exploite plusieurs axes redéfinis. En premier lieu, Honda a revu son style afin de lui redonner un coup de jeune et accessoirement repenser l’aérodynamique. Le nouveau SW-T 400 dévoile une ligne d’une harmonie remarquable. Il ne fait aucun doute que le designer en charge a travaillé dur pour transformer "le vilain petit canard en bel oiseau" dixit un vendeur du réseau Honda. On en veut pour preuve, notamment, le soin particulier apporté à l’intégration des flancs de carénage, ou les traitements de surface qui alternent peinture mate et brillante. La finition a également eu droit à un traitement de faveur (le Silverwing était déjà une référence sur ce point). Ensuite, les techniciens se sont penchés sur la partie cycle, avec en point de mire l’amélioration de la stabilité, aussi bien à basse qu’à haute vitesse. Toujours au cœur des préoccupations de Honda, la sécurité dynamique du scooter évolue avec l’arrivée de l’ABS en supplément de la commande couplée CBS (en option). Le moteur reçoit aussi quelques évolutions, même s’il était déjà fort réussi en l’état. Et enfin, Honda en profite pour améliorer les rangements ou la liste des équipements optionnels, bref ce qui touche à l’agrément au quotidien.

Le champion de l’agrément
Nouveau dessin, nouvelle mousse, nouveau revêtement, la selle du SW-T 400 est elle aussi complètement repensée et invite plus que jamais à y prendre place. Haute de seulement 740 mm, elle permet en outre aux petits gabarits (je mesure moins de 1,70 m) de poser facilement les pieds au sol des deux côtés, même si sa largeur à l’entrejambe interdit la posture bien à plat. De fait, avec un poids tous pleins faits de 250 kg, mieux vaut éviter les manœuvres avec le moteur coupé sur le SW-T 400. Mais heureusement, les premiers mètres à son bord dévoilent un comportement très équilibré. Honda avoue avoir beaucoup travaillé sur ce point et cela se vérifie d’emblée. Si, de mémoire, le Silverwing se montrait déjà étonnant à ce sujet, le SW-T 400 fait encore mieux. A son bord, on peut donc souvent évoluer sur un filet de gaz en retardant autant que possible le moment de poser pied à terre... Un équilibre rare qui doit beaucoup à son empattement long (1 600 mm !), la très bonne répartition des masses ou encore l’abaissement du centre de gravité.

Une grande douceur
En ville comme sur les petites départementales, le SW-T 400 répond avec une grande douceur aux sollicitations de la poignée d’accélérateur, le tout dans une rondeur digne d’une mécanique de plus forte cylindrée. On ne perçoit pas de phénomènes mécaniques parasites tels que des à-coups de fonctionnement (transmission, injection...) ou de vibrations désagréables. En outre, et ce n’est pas un scoop, l’architecture du bicylindre (deux pistons donc) engendre une plage d’utilisation plus étendue que celle d’un monocylindre (à un seul piston). Autrement dit, le SW-T 400 est plus souple à bas régime et accélère moins brutalement que la plupart des monocylindres. Une souplesse d’utilisation qu’il doit aussi beaucoup à sa transmission V Matic, gérant la transmission de la puissance à la roue arrière avec une égale progressivité. Ainsi efficacement secondé, le moteur Honda reprend très bien à mi-régime et grimpe ensuite allègrement dans les tours... A 130 km/h, il tourne à 7 000 tr/min et il reste plus de 2 000 tr/min avant d’attaquer la zone rouge, à près de 165 km/h (compteur sur le plat). Finalement, notre seul vrai reproche à son sujet concerne son léger manque de nervosité lors des démarrages, en raison de son poids notamment. Mais on n’a rien sans rien...

Maxi GT
Il est temps de sortir de la ville et de découvrir un autre visage, finalement pas plus étonnant que ses capacités urbaines. Car doté d’une telle architecture, le SW-T 400 propose aussi de réelles qualités routières, à tel point qu’affronter l’autoroute ne lui fait pas peur... même sur la voie de gauche. Par rapport au Silverwing, la protection du pilote semble même avoir progressé, et la bulle ne tremble plus à haute vitesse. Le confort des suspensions (fabriquées par Showa, une référence) est également au rendez-vous. D’origine Showa (une référence), elles sont aussi, au moins en partie, à l’origine des progrès sensibles notés en matière de tenue de cap, et il n’y a " qu’à fond " en grande courbe où l’on peut encore noter un léger flou, sans plus. Revenu sur les petites routes, le maxi scooter Honda se pose sur l’angle progressivement, ne " tombant " pas plus qu’il ne résiste au moment de l’incliner. Une neutralité qui convaincra les motards peu habitués aux gros scooters. De son côté, le freinage CBS-ABS apporte un vrai plus. Bénéficiant du couplage des étriers avant/arrière et de l’anti blocage, il permet de freiner court si le besoin s’en fait sentir, et ce très facilement, à tel point que le suspensions ont parfois du mal à suivre, s’enfonçant trop soudainement sur les premiers mètres.

Bilan : De l’ombre pour les monos, les Burgman et le T Max ?
Il est temps de faire les comptes :18/20 en présentation, 16/20 en ville, 16/20 sur route, 17/20 en rapport qualité/prix/prestations, le SW-T 400 est une franche réussite. Assemblé avec grand soin au Japon, le nouveau scooter milieu de gamme Honda tire un bel avantage de son moteur bicylindre et de son freinage CBS-ABS. A tel point, que performances mises à part (et encore), il offre des prestations dignes des meilleurs maxi scooters actuels. Mais surtout, et ce n’est pas le moindre de ses atouts, il joue sur un tarif placé aujourd’hui, par rapport aux plus gros, mais aussi à d’autres 400 à moteur monocylindre. Vendu dès ce mois de février 5 990 € sans et 6 590 € avec ABS, il est plus cher, certes, que les Burgman et Satelis concurrents, mais plus abordable que le Yamaha YP 400, mais surtout les Burgman 650 et T Max, face auxquels il revendique une qualité de fabrication, d’équipement et d’agrément au moins comparable. Voilà donc qui mérite réflexion et au moins un essai en concession pour se décider vite, car le prix du Honda SW-T 400 pourrait subir une augmentation prochaine.
![]() |
![]() |
|
|

Exclu scooter-station ! A lire en ce moment, le 1er match SW-T 400 face au T Max



Plus de thèmes







Infos pratiques



Fiche technique
Note générale :
Lire les avis HONDA SW-T 400 sur le Maxitest




Votre annonce gratuite sur Scooter-Station !






J'ai 64 ans et j'ai fait de la moto pendant quarante ans. J'ai du passer au scooter à cause de mes genoux très fragiles... Et je suis absolument ravi. Points négatifs : le coffre est un peu tordu, il est difficile d'y mettre deux casques comme promis, les boites à gants sont rikiki et les valves de gonflage des pneus demeurent peu accessibles. Ses points positifs concernent le freinage remarquable, la tenue de route extraordinaire, la stabilité en ligne droite ou en courbe, le moteur silencieux et très puissant pour la cylindrée. J'apprécie la belle instrumentation, très complète ainsi que le tarif des révisions raisonnable. Bien entretenu, il va durer des années. Un bon investissement.