Il ne fait aucun doute que l’ARN 125, essayé récemment sur scooter-station, constitue l’offre de base de Keeway, un modèle qui ne démontre pas, budget oblige, toute la réactivité et la recherche de qualité dont l’usine du groupe Qianjiang est capable. Et ce savoir-faire justement, on le mesure bien mieux en détaillant le nouveau Outlook 125. La qualité d’assemblage, les finitions des plastiques comme des parties métalliques sont bien meilleures. Esthétiquement, ce scooter se rapproche de ses concurrents directs (Kymco people S 125, Aprilia Scarabeo 125... et le futur Sixteen 125 de Suzuki). Quant aux avantages des scooters à grandes roues, ils sont désormais bien connus : plus stables sur les voies rapides que leur homologues à petites roues, tout en conservant un gabarit fluet pour se faufiler en ville. Avec un poids à sec de 130 kg, l’Outlook rassure avant tout. Si vous mesurez un mètre soixante-dix, vous toucherez le sol avec le plat du pied de chaque côté. A bord, l’instrumentation s’avère suffisante, mais pénible à actionner (voir partie "A retenir"). Venons-en à l’essentiel : le démarreur lance le discret monocylindre 4-temps, labellisé Euro3. La sonorité augmente avec le régime, mais reste feutrée. Et, bonne chose, on ne constate plus de résonance de la mécanique dans les flancs de carénage, comme c’était le cas sur l’ARN 125.

A l’aise en ville, pas ridicule sur route
En quittant les locaux de Keeway France, la vigueur de l’accélération donne envie d’en savoir plus... et on s’empresse de prendre un tronçon rapide de l’A86 francilienne. Effectivement, les voies d’insertion de ces grands axes ne font pas peur au petit nouveau de Keeway. De 0 à 60 km/h, l’accélération est franche et continue. Après un léger creux entre 60 km/h et 80 km/h, l’Outlook repart de plus belle jusqu’à près de 120 km/h (compteur), pas mal ! A 110 km/h, on relève une vibration récurrente dans le tableau de bord. Le serrage de la colonne de direction de ce modèle de pré-série destiné au marché européen mériterait d’être vérifié, mais cela ne gêne pas la conduite. A cette allure, où l’on s’octroie le droit de dépasser les autres usagers, on reste conquis par son comportement sain. Assez rigide, l’Outlook présente une bonne tenue de cap et l’on change de voie sans crainte des irrégularités de revêtement. Le grip des pneus (de marque CST) donne confiance (mais demandera à être confirmé sur chaussée humide). Direction le centre de Paris, ses bouchons, ses rues pavées... soit une vraie table de torture pour tout scooter qui se respecte ! Svelte et braquant bien, l’Outlook s’insère facilement dans la circulation même si ses rétroviseurs, juste à la hauteur de ceux des monospaces, ralentissent un peu les évolutions. Dommage, d’autant que ces appendices se révèlent peu efficaces : difficile à régler, ils offrent un champ de vision assez faible.

L’Outlook ne s’en laisse pas compter !
Au feu vert, l’Outlook ne s’en laisse pas compter, il fait jeu égal avec d’autre scooters faisait figure de références en accélération. Et si vous arrivez trop vite au feu suivant, le freinage remplit son rôle. Le disque avant manque un peu de puissance, mais le système combiné se montre autrement plus performant, au point de bloquer l’arrière si l’on insiste un peu. Instinctif à conduire et agile, l’Outlook se montre convaincant dans son rôle d’urbain.
On en vient alors aux deux défauts de ce nouveau modèle. Tout d’abord la fermeté de la fourche qui ne digère pas du tout les petits chocs (ses ressorts semblent ne présenter aucune progressivité) et secoue les avant bras. Dommage, car les amortisseurs arrière ménagent davantage les vertèbres. Second problème, le coffre sous la selle se révèle très réduit, alors que certains concurrents en proposent un digne de ce nom. Sur le Keeway, la faute revient à un bloc cylindre monté assez verticalement, ce qui empêche d’aménager une soute correcte. L’importateur français corrige cette faille avec la greffe d’un top case de série. Bonne initiative, surtout si l’on tient compte du tarif plutôt serré de l’ensemble (2 099 €).

Un grand pas en avant
L’Outlook 125 est indéniablement plus réussi que l’ARN 125. Jouissant d’une bonne présentation, il avance de bonnes qualités dynamiques (moteur et châssis). A l’usage, on ne peut que lui reprocher des détails à peaufiner, juste des détails en fait, car la base semble solide et bien née. Parmi ces défauts, notons la sècheresse de la suspension avant et l’absence d’un vrai coffre sous la selle. Ce dernier défaut étant corrigé par la greffe d’un top case monté en série pour la France. Keeway prouve avec l’Outlook sa capacité de réaction, et l’on imagine que le futur 125 cm3 GT de la marque pourrait s’avérer fort réussi.
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Keeway 125 Outlook : A retenir
Pratique :
Prix : 2099 €Garantie : 2 ans, pièces et maind’oeuvre
Coloris : gris clair, gris foncé, beige ou noir

Equipement
Le tableau de bord informe de l’essentiel. On relève une jauge à essence et une jauge de température moteur. Le cadran numérique comprend l’heure ou au choix un trip partiel, mais sa mise en action et son réglage sont laborieux. Notez que l’Outlook ne dispose pas du boîtier de clé commandant l’alarme et le démarrage (et coupure) du moteur à distance. Le tablier contient un vide-poche fermant à clé ; assez exigu, il donne accès au contrôle du niveau de liquide de refroidissement et aux ampoules des phares. Le moteur, dissimulé sous de multiples caches plastiques, est alimenté par un carburateur à dépression. Il nécessite une révision tous les 4 000 km (1 000 km, 5 000 km, 9 000 km...), s’avérant légèrement plus contraignant sur ce point que ses concurrents japonais ou latins. Le porte-paquet, bien dessiné, facilitera l’accueil du top case pour la version française. Les valves coudées des pneumatiques facilitent l’accés à l’embout du gonfleur (et évitent de se salir les mains) lors des opérations de contrôle.




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moteur plein de couple, un poil linéaire cependant.