Magnifique ! C’est le premier adjectif qui vient à l’esprit lorsqu’on découvre visuellement le Lambretta LN 125 millésime 2011. Déjà, lors de sa présentation le mois dernier dans le prestigieux cadre du MotorVillage des Champs-Elysées à Paris (à lire ici), c’est ainsi que nous saluions le retour de cette marque et de son nouveau scooter. En reprenant les codes graphiques des modèles historiques - en particulier le mythique LT 150 Spécial de 1964 - et en employant certaines pièces de carrosserie en tôle, Lambretta affiche fièrement ses origines et s’installe sur le segment premium des scooters classiques. Vespa et LML ne sont donc plus les seuls constructeurs sur ce créneau !
Plus de 30 ans après la sortie du dernier "vrai" Lambretta, la "bella ragazza" qui se tient face à nous pourrait bien devenir l’icône de la nouvelle génération des néo-rétro. Sous ses airs vintage, se cache en effet un scooter moderne, doté d’une mécanique simple et d’équipements, certes anachroniques aux yeux des spécialistes, mais fort utiles pour le quotidien du scooteristes du XXIème siècle. Avec le LN 125 2011, le constructeur relancera-t-il le "Lambrettismo", ce style de vie au guidon des Lambretta qui a marqué l’Italie d’après-guerre ? Passé l’émoi du premier contact, rien n’est moins sûr, malheureusement. Explications...

Pré-série mal pressentie !
La première déception survient dès la remise des clés pour ce premier galop d’essai. "Attention", nous indique le concessionnaire parisien, membre du jeune réseau de distribution Lambretta (pour le moment composé d’une dizaine d’enseignes). "Il s’agit d’un modèle de pré-série, qui demande à être traité comme tel..."
De fait, il nous faudra composer avec un entraînement de compteur kilométrique défectueux (impossible alors d’établir une consommation d’essence), une mécanique qui ratatouille à l’accélération, une finition pas toujours folichonne (j’en veux pour preuve l’ajustement des capotages du guidon), un scooter qui couine à basse vitesse et des clignos qui ne s’entendent pas entre eux, l’avant indiquant son intention de tourner à gauche tandis que l’arrière met la barre à droite toute ! Passons outre ces "menus" désagréments et installons nous sur cette superbe assise matelassée de cuir crème.
Perchée à seulement 784 mm du sol, la selle du Lambretta LN 125 est très accueillante. Que les futures utilisatrices de l’engin et les pilotes proches du mètre soixante se rassurent : ils devraient poser les deux pieds à plat au sol sans difficulté. Confortable, cette selle permet de se tenir droit et d’attraper tout naturellement un guidon dont l’ergonomie des commandes est bonne. On apprécie les poignées siglées Lambretta et la qualité des rétroviseurs chromés. Contact ! La mécanique s’ébroue. La sonorité rauque qui émane du silencieux est atypique : rien à voir avec celle des scooters Sym pourtant équipés de la même base mécanique.

"Il coule ça et là comme un petit vagabond"
En ordre de marche, on retrouve les caractéristiques des blocs Sym à deux soupapes, des motorisations coupleuses à bas et mi-régimes. Et comme ce scooter, bien que constitué de coques acier, se montre léger et dispose d’une solide transmission (courte), il s’envole facilement au démarrage. Certes, le Lambretta LN 125 ratatouille à l’ouverture des gaz, mais outre ce souci - que vous ne devriez plus retrouver (nous a-t-on promis, mais cela restera à vérifier) sur la version de série - il prend ses tours assez facilement. Très maniable en ville, car bien posé sur ses roues de 12 pouces - contrairement à certaines Vespa trop vives avec leurs roues de 10 et 11 pouces - ce scooter rétro rassure. Pour caractériser cette aisance, Ferdinando Innocenti, concepteur de la marque il y a plus d’un demi-siècle, avait coutume de dire que "Lambretta est le nom du ruisseau qui serpente sous le sol de l’usine Innocenti. Il coule ça et là comme un petit vagabond". En 2011, le Lambretta LN 125 conserve cette facilité et ravira les citadins.
Pour ceux qui voudraient l’emmener plus loin, sa vitesse de pointe raisonnable (mesurée à 95 km/h réels) lui permet d’affronter les voies rapides, mais il ne s’agit pas de son terrain de prédilection : plus la vitesse augmente, plus on ressent la faiblesse des suspensions. Irréprochable sur un asphalte lisse, la fourche fait ressentir son cruel manque d’hydraulique sur un revêtement moins homogène. Le train avant rebondit, claque même parfois au passage d’un trou un peu trop prononcé. L’amortisseur arrière fait également ce qu’il peut : très souple, il sert le confort du Lambretta LN 125 mais s’avère trop mou pour assurer un maintien de cap idéal à vive allure, notamment en courbe.

Un vintage équipé
Freiner ses ardeurs est toutefois d’une déconcertante facilité grâce au disque avant. Comme nous en avons l’habitude sur les scooters rétro, le tambour arrière n’est quant à lui pas un monstre de puissance. Au moins, il ne bloque pas, ce qui rassurera les moins aguerris d’entre nous. Ces derniers seront certainement enthousiasmés par les équipements (gadgets ?) dont se dote la Lambretta LN 125 du XXIème siècle.
Sous sa selle, on ne range certes pas grand-chose, mais on est heureux de découvrir un coupe-circuit manuel (bouton jaune), bien vu pour dissuader les voleurs. On note également une ouverture de selle au guidon et la présence de deux béquilles afin de garer ce Lambretta LN 125 presque n’importe où. Le tableau de bord aux cadrans analogiques est un classique du genre puisqu’il ressemble à si méprendre à celui qui équipe les Vespa LX. Il est en revanche moins lisible : les informations sont en effet distillées sur fond noir, alors que les aiguilles sont bleu foncé. Et si l’intégration des clignotants à LED dans le capotage de guidon et le design original du phare s’avèrent réussis, les clignos arrière trop modernes siéent mal à la magnifique ligne de ce Lambretta LN 125.

Bilan : Plus chère qu’une Vespa... mais moins bonne
Lambretta est toujours une marque italienne. Son siège et ses bureaux de style sont installés à Milan (d’où le logo en façade) mais c’est à Taïwan que l’engin est fabriqué. Car si ses carénages en tôle sont donc conçus de l’autre côté des Alpes, tout le reste sort des usines Sym. Malgré notre enthousiasme de revoir le mythique logo Lambretta orner la coque (de surcroît en acier) de ce LN 125, nous ne pouvons cacher notre déception après ce premier galop d’essai.
Ce ne serait pas grave en soi si ce Lambretta LN 125 n’était vendu à prix d’or. Il se négocie en effet contre la somme de 3 799 € : presque le prix de la dernière Vespa LX 125ie Touring (3 749 €) ou de la Vespa S 125ie Sport (3 680 €), autrement plus convaincants. Bien sûr, les Lambretta ont toujours été un tantinet moins abordables que les Vespa. Mais à l’époque, les deux marques se battaient à pied d’égalité du point de vue de la qualité. Ici, ce n’est malheureusement pas (encore) le cas. Espérons que l’enseigne redressera la barre pour revoir le prix à la baisse de ce Lambretta LN 125 et fournir au client final un produit plus abouti. A suivre.
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Fiche technique
Note générale :
Lire les avis LAMBRETTA LN 125 sur le Maxitest







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Un scooter bien pratique en ville et en plus super joli. Souvent on m?arrête pour le regarder. J'ai hésité avec une Vespa, mais je ne regrette pas du tout mon choix. Les points forts concernent sa maniabilité et la stabilité de ce scooter, sa ligne et son freinage. Son point faible : il accélère fort jusqu?à 60 (suffisant en ville), mais ensuite il traîne un peu à monter à 95 km/h. Bref, un scooter urbain qui n'aime pas trop l'autoroute.