C’est en 2009 que démarre l’aventure Quadro. Luciano Marabese, épaulé de ses deux fils Riccardo et Roberto, lance son nouveau projet : créer les premiers anti-MP3. L’expérience industrielle de sa société de design fondée 25 ans plus tôt, Marabese Design, n’est plus à prouver sur le segment des deux-roues. Les restylings réussis et les créations de modèles pour Piaggio, Yamaha, Aprilia, Moto Guzzi, Triumph ou encore Moto Morini en attestent. Et s’il fallait démontrer le savoir-faire de Marabese sur le segment trois-roues, le simple fait qu’il ait initié le concept MP3 dès 1999 devrait rassurer les derniers frileux.
S’intéressant de plus en plus aux nouvelles formes de mobilité urbaine, c’est finalement en 2004 que le groupe Piaggio décide de lui acheter son concept de scooter à trois roues. Mais la technologie de train avant sur balancier apportée par Piaggio apparait lourde et trop complexe, tant en termes de conception (car bardée d’électronique) que de maintenance (manque d’accessibilité). Marabese développe alors son propre système de train avant basculant sur deux roues, en optant pour une fourche hydropneumatique dotée de trois vérins amortisseurs (voir notre encadré sur la partie cycle en page 2). Il sera baptisé HTS pour Hydraulic Tiltic System. Nous venons de le tester : voici notre ressenti.

Sa tenue de route est remarquable sur l’angle
Pas simple de perdre ses habitudes. Cela fait maintenant presque 5 ans que nous roulons avec des Piaggio MP3 ou des Gilera Fuoco 500. Du coup, le comportement dynamique des tripodes italiens semble comme ancré en nous. Le premier virage abordé avec le Quadro 3D se révèle donc assez déroutant, la mise sur l’angle de l’engin n’ayant en effet rien à voir. Là où le MP3 plonge pour s’inscrire en courbe, le 3D marque une certaine retenue : déconcertant de prime abord.
Mais une fois le mode d’emploi enregistré, trois virages et quatre épingles plus tard, le bien fondé de ce nouveau système de basculement nous saute aux yeux : sur l’angle, il apporte plus de rigueur au concept trois-roues. L’engin incliné à son maximum (40°) semble littéralement posé sur ses roues et rien - pas même un raccord de bitume prononcé - ne peut alors mettre à mal sa tenue de route. On sent ici un train avant rigoureux, la fourche hydropneumatique faisant preuve de grande fermeté. Et les grandes roues qui équipent l’engin, 14 pouces à l’avant et 15 pouces à l’arrière, sont également là pour assurer sa stabilité.
Très bien ! Mais la limite apparait néanmoins dès lors que l’on cherche à prendre plus d’angle, chose qui peut arriver lorsqu’un virage se resserre ou que l’on a mal jugé sa vitesse d’entrée. En butée, à 40° donc, impossible de tourner davantage, à moins de forcer sur le guidon, mais ici la manoeuvre demande de l’expérience pour ne pas se louper. Dans ce cas de figure, si le MP3 donne parfois l’impression de tomber, au moins il autorise une prise d’angle plus prononcée pour éventuellement se tirer d’affaire.

Le sentiment de maîtrise est meilleur que sur les MP3
Pour le reste, grâce au poids moins important sur l’avant du véhicule, et malgré le sentiment de retenue conféré par le système de vérin, le Quadro 3D n’est pas moins agile qu’un Piaggio MP3. Virer rapidement de gauche à droite est tout aussi efficace, mais demeure toujours moins aisé qu’avec un scooter classique à deux-roues. Grâce à sa position de conduite plus naturelle que sur le MP3, le 3D donne l’impression de mieux se sortir de l’exercice du gymkhana. Indéniablement, le sentiment de maîtrise est meilleur que sur les tripodes de la famille Piaggio. A l’arrêt ou lors de manoeuvres à très basse vitesse, comme tout trois roues, le Quadro 3D demeure parfois un peu physique à faire évoluer.
Cette position "active", qui confère au 3D un caractère un tantinet plus sportif que ce que nous connaissions jusque-là de la conduite d’un scooter à trois roues, n’est pas pour autant fatigante. Comme sur le récent Yourban, le plancher bas et l’assise raisonnablement haute assurent aux pilotes, même de grand gabarit, un confort avéré. Le passager est également traité avec beaucoup d’égards, compte tenu de l’espace qui lui est réservé sur la large selle, de la présence de repose-pieds escamotables ou de la poignée de maintien. La selle est moelleuse. Les pilotes de petite taille (moins de 1,65 m) regretteront seulement son manque de finesse à sa base, une largeur les obligeant alors à prendre appui au sol sur la pointe des pieds. Notez toutefois qu’une selle creusée et affinée devrait être disponible au catalogue des accessoires dédiés.

Moteur décevant, freinage rassurant
Son style est racé, sa partie-cycle et son système de basculement bien pensés : dommage que le 3D ne possède pas un moteur à la hauteur de ses prétentions. Sa dénomination commerciale laissait pourtant présager d’un choix judicieux de la part des ingénieurs italiens. On nous promettait un 350 cm3, idéalement placé entre les motorisations 300ie et 400ie de l’actuelle famille MP3 LT. Finalement, le bloc du Quadro 3D cube 313 cm3 et sa puissance se situe au niveau du MP3 300ie LT (de 278 cm3 réels). Elle s’affiche en effet à 23 ch. (17 kW) à 7 000 tr/min, alors qu’elle est de 22,5 ch. (16,5 kW) à 7 500 tr/min sur le MP3 300ie LT et de 34 ch. (25 kW) à 7 500 tr/min sur le 400ie LT. Pour venir chasser sur les terres de la famille LT, dont le 400 est le best seller en France, cela va être un peu juste.
Ces considérations mises à part, ce moteur d’origine taïwanaise (en provenance des usines Aeon) s’est néanmoins montré plaisant à l’usage. Le cadre de ce premier contact ne nous a pas permis d’établir une vitesse maximale, ni de vérifier sa consommation d’essence, toutefois nous avons quand même pu apprécier ses accélérations et ses reprises. Après un léger retard au démarrage, nous constatons que la montée en régime est parfaitement linéaire. Quelques vibrations se ressentent au guidon, mais rien d’inconfortable à signaler. Les reprises à basse vitesses sont vigoureuses, mais à partir de 70 km/h, elles demeurent un peu faibles pour parfaitement se relancer.
Pour ce qui est du freinage, nous avons beaucoup apprécié le comportement rassurant du 3D. Même lors d’une prise de frein un peu virile, l’engin ne se désunit guère. Le mordant conféré par les trois disques est bien présent et se dose avec aisance. L’arrière ne bloque pas de façon intempestive. Et cerise sur le Quadro, le couplage des dispositifs avant et arrière (catégorie L5e accessible aux automobilistes oblige) est bien mieux réalisé que sur les Piaggio MP3 LT. Non pas dans la calcul de la répartition, mais dans l’accessibilité de la pédale placée au bout du plancher côté droit. Talon posé, on dose ici avec facilité la puissance du freinage combiné. Le bon agencement de cet accessoire renforce une prise en main aisée à mettre au compte d’une bonne ergonomie des commandes manuelles.

Des équipements perfectibles
Vu ses qualités dynamiques et son accessibilité, on imagine que le Quadro 3D fera certainement de l’ombre aux productions Piaggio. En revanche, au niveau de la qualité de certains équipements ou des matériaux employés, il n’y a pas photo. En effet, face à ce véhicule de la catégorie premium, les automobilistes convoités seront certainement déçus de trouver une planche de bord aussi simple. Le compte-tours central et le pavé numérique sont bien réalisés, mais on est ici bien loin des standards automobiles, comme on peut les trouver sur les MP3 LT ou certains scooters GT. On déplore ensuite un réel blocage de la direction au guidon, comme le système Roll Lock mis au point par Piaggio. Certes, en jouant quelque peu les équilibristes, on parvient de temps à autres à rester droit à l’arrêt, mais dans la plupart des cas, il faut poser pied à terre pour se maintenir. Le frein de parking permet toutefois de stabiliser l’ensemble, mais pour l’actionner il faut alors lâcher la poignée gauche. Il y a plus pratique !
Ne tenons pas rigueur à Quadro pour ce qui est de la texture de certains plastiques ou de leur ajustement. Le constructeur nous certifie en effet que ceux-ci présents sur notre pré-série d’aujourd’hui, seront nettement améliorés sur le produit final. Même topo pour ce qui est de la fermeture de la boîte à gants ou de l’ergonomie du frein de parking. En revanche, dès à présent, nous pouvons apprécier la présence d’une deuxième boîte à gants dans la partie basse du tablier. Celle-ci est assez confinée, toutefois on peut y recharger son téléphone portable. Aussi, nous sommes ravis de constater que l’ouverture de bouchon d’essence (sur charnière) s’effectue au contacteur, comme pour l’ouverture de la selle. Sous cette dernière, un bel espace permet d’embarquer deux casques intégraux.

Bilan : un sérieux concurrent...au tarif mal placé
Le premier Quadro 3D sera lancé début septembre en France, car c’est chez nous et nulle part ailleurs que le concept trois-roues fait mouche. Quadro s’appuiera alors sur une soixantaine de points de vente ciblant les grandes agglomérations sélectionnées par son importateur, un intermédiaire pour le moment célèbre sur le segment tout-terrain, Royal Moto France (RMF). Si ce n’est pour son look racé, nous sommes persuadés qu’après essai beaucoup se sentiront convaincus par les qualités dynamiques de ce nouveau scooter à trois roues et de son système de basculement rassurant.
Mais à tarif comparable (le Quadro 3D est vendu 7290 € alors que le Piaggio MP3 300ie LT se négocie 7 299 €), le Piaggio mieux équipé pourrait tirer son épingle du jeu. Aussi, et nous le constatons au niveau des chiffres de ventes, c’est la cylindrée 400 cm3 qui séduit le plus au sein de la famille MP3. Du coup, ne pas avoir doté le 3D d’une cylindrée comparable, et d’une puissance nettement supérieure, devrait également être un frein au moment du choix. L’arrivée du modèle à 4 roues (le 4D), de plus de 500 cm3 et doté du même système HTS (prévue pour 2012) devrait mettre tout le monde d’accord.
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Note générale :
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Etant jeune conducteur, cette moto est très facile à prendre en mains, malgrè un petit problème de braquage à mon goût. C'est une moto très agrèable ! Passage de rapport très simple (pour l'embrayage 2 doigts suffisent c'est vraiment très souple). La mienne est encore en rodage alors pas facile de tout évaluer surtout quand on a comme comparaison uniquement la gse 500 de l'auto école ! Mais après 300 km, c'est un vrai bonheur d'être au guidon de cette machine !