Le deux-roues électrique ne fait pas encore recette. Il représente pourtant une solution d’avenir - disons une voie possible - pour une mobilité urbaine "propre". Entendez par là "sans émissions polluantes directes", car le problème du recyclage et notamment celui des batteries se pose toujours. Il n’en reste pas moins que le coût kilométrique peut être intéressant, en plus de la réduction deux types de pollution : sonore (l’électrique est par nature silencieux) et chimique (aucun rejet direct et aucun fluide embarqué).
Néanmoins, les véhicules électriques restent souvent des produits marginaux ou des tentatives qui peinent à convaincre, à l’image des scooters déjà essayés sur Scooter-Station ou du quasi révolutionnaire Vectrix, qui propose un agrément de conduite réel, mais reste desservi par une autonomie trop juste compte tenu de ses capacités routières et un prix très élevé.

Premiers pas électriques en France
Comme tous les constructeurs japonais, Yamaha présente des prototypes de véhicules électriques depuis longtemps : 1991 pour être précis. Mais la marque aux trois diapasons ne commercialise réellement des deux roues électriques que depuis 2003 avec le Passol, réservé au marché japonais. Il y a eu ensuite l’EC-02 - lancé en 2005 - puis le EC-03 vendu au Japon depuis 2010.
Cette année, le petit dernier arrive pour de bon en France. Plutôt que d’utiliser la coque de l’un de ses scooters thermiques, Yamaha a préféré lui donner une identité et une technique singulière. D’ailleurs, dans l’esprit, l’EC-03 ne ressemble pas à un scooter classique. La ligne est réduite à sa plus simple expression, à mi-chemin entre vélo à assistance électrique et scooter prisé en Asie.

Comme un gros Vélib’
Le gabarit est franchement réduit : 1 565 mm de long (contre 1 923 mm pour le Peugeot e-Vivacity) et 56 kg avec la batterie (115 kg pour le Peugeot). Le Yamaha possède donc des arguments "de poids", même si la protection des pieds fait du coup défaut. Néanmoins, cette physionomie facilite les manœuvres : même la plus gracile des nymphettes n’aura aucun mal à déplacer son EC-03 dans un box, voire le monter dans son ascenseur, exercice que l’on imagine possible puisqu’il ne risque de rejeter ni fluide, ni gaz, ni odeur et se montre suffisamment compact pour l’exercice.
Avec une hauteur d’assise de 745 mm et un large vide entre les jambes, il est très facile de prendre place à bord de l’EC-03. Le gabarit minuscule étonne alors toujours autant. Il suffit de tourner la clé de contact pour mettre sous tension le moteur électrique, d’attendre l’initialisation du système et c’est OK. Avec son gabarit de puce, la prise en main est évidente. Le rayon de braquage permet des demi-tours dans un mouchoir de poche tandis que l’accélération est instantanée. Ce n’est pas toujours le cas sur les véhicules électriques, parfois longs à la détente.

Deux modes au guidon
L’accélérateur électronique participe à l’agrément et l’on s’empresse de tester la nervosité de l’EC-03. Bien entendu, avec une puissance maxi de 1,4 kw et 9,6 Nm de couple, il ne faut pas s’attendre à des miracles. En mode Standard, on peut retenir le EC-03 arrêté au feu vert même si l’on accélère en grand. En mode Power, la force motrice est supérieure et c’est moins facile. Tout cela pour vous donner une idée de la puissance démoniaque de l’engin...
Il existe une vraie différence d’agrément et de performances entre les deux modes. Le mode standard permet des démarrages corrects avec un conducteur de 75 kg tout équipé, mais l’accélération est trop limitée pour se sentir parfaitement en sécurité dans le flot de la circulation. La vitesse de pointe est ensuite bridée à 33 km/h : insuffisant dans la jungle des grands centre ville. En mode Power, le démarrage est plus vif, l’accélération plus dynamique passé 20 km/h et l’allonge permet de rouler à 45 km/h sur le plat. Le moteur électrique, très linéaire, offre des reprises égales entre 15 km/h et 40 km/h.

Silencieux, mais un peu raide
La légèreté de l’ensemble permet de se faufiler aisément dans la circulation, mais comme on est assis bas et que l’on est silencieux, il faut prendre garde à être perçu par les autres. Le freinage, assuré par des tambours, se montre suffisant, voire trop brutal à l’arrière. L’ergonomie est satisfaisante, le confort de conduite suffisant grâce à la selle moelleuse, mais les suspensions présentent une toute petite course de 50 mm pour l’avant et 55 mm pour l’arrière. Résultat, elles viennent en butée au moindre nid de poule. L’EC-03 n’en conserve pas moins un agrément de conduite très correct pour le genre grâce à sa légèreté de gros vélo, sa facilité d’utilisation et son silence, qui apaise la conduite.

Bilan : Pour la ville et les vacances
Yamaha a choisi de se démarquer de la concurrence avec un engin différent, plus léger, sans doute voué à une utilisation plus restrictive de prime abord, mais non moins pertinente. En effet, les performances générales n’autorisent pas l’EC-03 à sortir du centre ville, malgré une autonomie théorique de 20 km à pleine vitesse. Avec son gabarit de puce, il sera facile à parquer n’importe ou, voire à rentrer dans un appartement au rez-de-chaussée. On pourra aussi le transporter à l’arrière d’un camping car par exemple.
Si sa qualité de fabrication est très satisfaisante, on déplore l’impossibilité de retirer la batterie, ce qui oblige à recharger l’EC-03 sur prise domestique ou les - trop rares - bornes présentes en centre-ville. On regrette également un confort un rien spartiate et une homologation monoplace. En revanche, son prix de vente est une bonne surprise : à 2 499 €, l’EC-03 se rapproche des scooters 50 cm3 de bonne qualité et des 125 cm3 low cost.
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Note générale :
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