Etant un des derniers modèles du groupe Piaggio à bénéficier de l’alimentation par injection électronique, on pourrait presque croire que le Scarabeo est le vilain petit canard de la famille italienne. Après tout, il ne s’est échangé qu’une centaine de modèles 125 en France l’an passé. Oui mais réfléchir ainsi, c’est oublier un peu trop vite que les constructeurs ont une vision européenne, voire mondiale, de leur production. Et en Europe du Sud, ce coléoptère à grandes roues se porte plutôt bien. Pour exemple, en Italie, sa patrie d’origine, il a réalisé en 2009 le score honorable de 2 713 ventes l’an passé. Le cas du Scarabeo doit donc être traité avec le plus grand soin par son constructeur, et pour choyer ses utilisateurs, la firme de Noale a apporté un petit plus à la nouvelle motorisation. Première mondiale, le Scarabeo 125 ie 2010 est aujourd’hui doté de deux cartographies d’injection, gérée automatiquement par l’unité de commande électronique, et à sélectionner d’une simple pichenette du doigt. Voyons cela !

Bouton magique ?
Sport ou Eco ? Il faut bien avouer que l’innovation est prometteuse, renforçant la polyvalence de l’engin. D’un côté, le Scarabeo 2010 se mue en "Jekyll" des villes, soucieux de ne pas trop consommer pour préserver le porte-monnaie en mode Eco. Le moteur se montre alors moins "violent" en accélération, plus linéaire et semble rupter avant les régimes maxis habituels. Ce qui ne diminue en rien l’agrément d’utilisation. Cette mécanique semble assagie, mais ne l’est pas pour autant. Pour maximiser l’effet "économie", il faut adopter une conduite beaucoup plus souple. Le fait d’enclencher le mode Eco au guidon doit donc avoir une influence sur le comportement du pilote. Toutefois, il faut bien admettre qu’en deux-roues, on peut aussi être tenté de laisser libre cours à son côté "Hyde". Les démarrages en trombe sont en effet courants et lorsque le scooteriste se retrouve englué dans le traffic, il n’est pas rare de le voir s’en extraire "poignée dans le coin". Le mode Sport est fait pour ça. L’effet tire-bouchon de la mécanique de 15 chevaux agit alors dés les plus bas régimes. Dés lors, l’accélération est franche, et ce jusqu’à une vitesse maximale de 120 km/h au compteur.

Quid des économies ?
D’après le constructeur, le passage entre les deux mappings permettrait d’économiser jusqu’à 7% de carburant, et autant d’émissions polluantes. Lors de notre essai en mode Eco, nous avons consommé 4,3 l/100 km. En mode Sport, cette consommation était de l’ordre de 4,5 l/100 km. Scooter-Station constate donc une économie tournant aux alentours de 5 %, ce qui représente une différence de 10 kilomètres par plein. Sachant que l’autonomie du Scarabeo 125ie frôle les 200 km et que cette distance correspond à la moyenne parcourue par semaine, à la fin de l’année vous aurez économisé 520 km en mode Eco, soit plus de deux pleins (pour une distance totale de 10 400 km). Comme vous pouvez le constater, voilà qui n’est pas réellement significatif. Celui qui voudra donc limiter réellement sa consommation d’essence devra donc opter pour un véhicule plus léger (le Scarabeo est lourd) et doté, par exemple, d’une mécanique plus modeste. Mais dans ce cas, la baisse de la consommation s’accompagnera d’une baisse des performances. A vous de voir !

Un moteur sain dans un châssis sain
Les questions de consommation et de performance de la motorisation ne sont pas les seules préoccupations du scooteriste averti. Pour qu’il se sente parfaitement à l’aise sur son engin, celui-ci doit bénéficier d’une bonne "ossature". En ce sens, le Scarabeo se montre rassurant grâce à son châssis rigide, alors que les roues de 16 pouces lui garantissent une très bonne tenue de route, en particulier sur l’angle. Malgré ses grandes roues, le scooter est étonnement maniable à basse vitesse. Du coup, il est accessible au plus grand nombre et ne surprendra pas les novices. Ces derniers seront également ravis d’apprendre que le freinage se gère du bout des doigts. La puissance est maîtrisable et pour limiter tous risques de blocages, le disque arrière est couplé avec l’avant. Ce n’est pas un ABS certes, mais la sécurité ne s’en trouve pas moins (presque) renforcée.

Equipement perfectible
Cossu, bien fini,le nouveau Scarabeo 125 ie 2010 séduit par sa qualité de fabrication autant que par certains équipements embarqués. Sa planche de bord ultra complète mélange des compteurs à aiguille avec un pavé central numérique. Sur cet écran, on note la présence d’une horloge, de deux totaliseurs partiels, d’un indicateur de température et d’un avertisseur de gel. La selle arbore un revêtement singeant la peau de serpent. C’est luxueux, nul doute là-dessus. Par contre côté confort, il faut bien avouer que cette assise n’est pas des plus agréables... Et comme le Scarabeo est soutenu par des suspensions fermes, sur le pavé parisien le scooter peu vite devenir "tape-cul". La passager n’est pas mieux loti. Certes, il se retrouve réhaussé grâce au dessin de la selle, mais les repose-pieds intégrés ne sont pas idéaux pour lui procurer une confiance totale. Au registre des regrets, on déplore également la présence de pneumatiques d’origine chinoise, ce qui est indigne d’un scooter italien de qualité. La selle est trop haute dès lors que l’on mesure moins de 1,75 m. N’oublions pas non plus que la bulle du Scarabeo ie n’est pas faite pour protéger à "grande" vitesse. Sur les axes rapides, il faudra donc songer à monter un pare-brise plus haut, et s’il vous reste encore un peu d’argent, à acheter la béquille latérale disponible en option.

Bilan : Un grande-roue d’avenir ?
Ainsi équipé de cette béquille optionnelle, le Scarabeo figure parmi les scooters grandes roues les plus pratiques. Tout d’abord parce que sous sa selle se loge un casque jet de bonne taille. Puis parce qu’il dispose d’un plancher plat sur lequel de gros cabas viennent se poser, solidement maintenus par un crochet placé en bout de selle. Derrière, un porte-paquets est prévu afin d’accueillir un top-case. Enfin dans son tablier, une boîte à gants optimise encore sa capacité d’emport. Il n’en reste pas moins qu’affiché à 3 379 €, le Scarabeo 2010 fait payer cher ses qualités. Et ce n’est finalement pas le mode Eco qui fera une nette différence en budget d’utilisation... Malgré tout, ce scooter n’en propose pas moins une mécanique performante, un comportement sûr et agile en milieu urbain. Le compromis idéal pour se déplacer efficacement au quotidien, sans tirer un trait sur les sensations.
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Fiche technique
Note générale :
Lire les avis APRILIA 125 Scarabeo ie sur le Maxitest






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Très bon scoot. Moteur de 15ch performant. A part le Xmax et le MBK, grâce a leur moteur Yamaha, il grille tous les 125 du marché. Le sélecteur de cartographie moteur est plus un gadget. Le plancher plat est un régal pour transporter des paquets encombrants. Le freinage est très bon, je n'aime pas le freinage couplé, à cause de son feeling. La suspension arrière est un peu molle. Le seul gros défaut se sont les pneus d'origine qui sont catastrophiques sur le mouillé. Mais c'est le cas de beaucoup de scooters 125.