L’arrivée du maxi-scooter Vectrix a alimenté bien des discussions. Apparu dans de multiples salons, il a mis longtemps avant de battre le pavé. C’est désormais une réalité. Vectrix Paris a ouvert ses portes au moi de mai 2008. Depuis, une soixantaine d’exemplaires ont trouvé acquéreurs autant à Paris qu’en province. Une entreprise de transport de personnes à moto a même choisi le Vectrix pour assurer son rôle de taxi dans Paris intra muros. Et une société de coursiers a également signé des bons de commandes pour en équiper sa flotte... Les essais clients dans le show room du 17ème arrondissement s’enchaînent. C’est certain, les temps changent et la propulsion électrique intéresse de plus en plus de gens. Les raisons sont variées, coût de l’essence, écologie, tendance, mais le Vectrix crée bel et bien un précédent. Et si certains "early adopters" l’ont commandé comme ils ont acheté le nouvel Iphone 3G, nous sommes potentiellement nombreux à nous interroger sur "l’électro-ride-attitude". Alors, saluons l’audace de l’entreprise Vectrix de défricher cette voie prometteuse du maxi scooter électrique... et sans aucun doute d’accélérer le processus aussi chez les constructeurs généralistes.

Scooter électrique contre scooter high tech
La première prise en mains du Vectrix nous avait démontré qu’il se situait à mi-chemin entre les scooters 125 et les maxi scooters. En effet, le Vectrix est homologué comme un véhicule 125 cm3 limité à 15 chevaux et peut donc se conduire avec le permis auto. Cela en étonne certains, nous les premiers, car il délivre une puissance nominale de 20 KW à 3000 tr/min, autrement dit 27,2 ch., soit bien plus que les 15 ch. maxi tolérés pour les 125 cm3 conduisibles avec le permis B. Ensuite, son gabarit généreux (poids de 230 kg) et sa plastique opulente le rapprochent des scooters thermiques de 400 cm3. Dès lors, nous avons choisi de le confronter à un 250 cm3, en l’occurrence le Honda Forza. Son gabarit est relativement proche de celui du Vectrix, tout comme sa puissance nominale (16 KW). Enfin, le dernier né des Honda jouit d’un statut de scooter haut de gamme de part sa finition, sa dotation et son tarif "premium", soit 6 000 € contre 8 990 € pour le Vectrix.

Présentation : entre classe et ostentation
S’il est heureux d’enfin voir arriver le Vectrix, on ne peut s’empêcher de penser que l’équipe de maquilleuses aurait pu lui repoudrer le nez. Certes, son profil façonné à coût de serpettes lui apporte une ligne singulière. Proche de ce qu’aurait pu faire Aprilia il y a quelques années. En outre, certains détails comme les plastiques chromés à la base des feux témoignent du style ostentatoire à l’Américaine. Heureusement, le coffre ne dissimule pas une hideuse et épaisse moquette bleue Californie. Une affaire de goût, finalement. Côté finition, ce n’est pas non plus la panacée. Le vérin qui retient la selle de notre modèle d’essai était déjà fatigué malgré un véhicule encore jeune (2 700 km). Certains plastiques, non exposés aux chutes, présentent déjà un vernis marqué. Rien de comparable au Honda Forza qui bénéficie d’une excellente finition et d’une qualité d’assemblage digne de la marque. Le design, la qualité de peinture sont de tout premier ordre et vont de pair avec le tarif de ce 250 cm3 très smart. Côté frime, les habitués du scooter ne sont pas insensibles aux galbes du Forza. Le Vectrix ne passe pas inaperçu, mais attise surtout la curiosité dès que les interlocuteurs comprennent qu’il n’emporte pas d’essence.

Prise en mains : équilibrés mais nécessitant un mode d’emploi
Homologué comme un 125 cm3, le Vectrix est aussi imposant qu’un 400 cm3. La selle, assez basse (770 mm), pénalise les petits gabarits par un dessin large à l’entrejambe. Si vous mesurez moins d’un mètre soixante dix, vous ne poserez qu’un pied à plat au sol. Ensuite, l’ergonomie est impeccable. Le guidon est bien dessiné, la vue dégagée et l’agencement du tableau de bord agréable. En outre, les grands gabarits n’auront pas de souci pour caser leurs grandes guiboles derrière le tablier. Le Forza propose un gabarit plus compact. Plus léger (204 kg tous pleins faits), il avance également un argument imparable : une selle au ras des pâquerettes (710 mm). Le célèbre Passe Partout de Fort Boyard y trouverait son compte. Pour le reste aussi, l’ergonomie du Honda est hors de critique, tout au plus peut on reprocher à son assise ultra basse de ne pas permettre de superviser la circulation.
Une fois en selle du Vectrix, on tourne la clé sur On. Le maxi scooter électrique n’est pas allumé pour autant, à l’inverse des autres véhicules électriques de notre dossier. Il convient alors de tirer les leviers de freins, tout en effectuant une rotation avant arrière de la poignée d’accélérateur. Si votre manœuvre a réussi, un signal GO apparaît sur le tableau de bord à rétro-éclairage bleuté. Un cérémonial de démarrage, un rien fastidieux, qu’il convient de bien assimiler avant de mettre en route le Vectrix. Le Honda Forza dispose du système "Smart Key" qui remplace la clé de contact classique par un transpondeur qui séjourne dans la poche de votre blouson. Le transpondeur envoie un signal au boîtier électronique du Forza lors de votre approche. Après reconnaissance, il autorise de placer le contacteur sur On. Une bonne idée qui protège du vol et de l’oubli de la clé classique, même si ce contacteur disposé trop bas sur le tablier impose de se contorsionner pour le manipuler. Dommage.

Un rétro freinage génial, un ABS/CBS sans équivalent
Une fois en route, le Vectrix ne dégage aucune vibration grâce à son moteur électrique intégré dans le moyeu. Phénomène nouveau, le moteur rompt le silence habituel des véhicules électriques lors des premiers mètres. Le Vectrix est le plus bruyant des véhicules de notre dossier. Avec lui, pas de risque de se faire percuter par un imprudent piéton qui se guide à l’oreille. La sonorité, façon vaisseau spatial ou voiture auto-tamponneuse, est malgré tout bien en deçà de celle des engins thermiques et pour tout dire colle admirablement au Vectrix. En l’espace de cent mètres, on savoure déjà l’agrément "mécanique" : pas de vibrations, un silence remarquable, aucun à coup de fonctionnement, une souplesse digne d’un six cylindres... et une accélération inédite. L’emplacement des batteries au plus bas participe à un centre de gravité qui favorise la maniabilité. Le Vectrix ne "tombe" pas sur l’angle et se montre naturel à guider dans la circulation. On compose alors avec le gabarit et l’astucieuse poignée (qui a fait l’objet d’un brevet, le DAaRT) qui autorise un rétro freinage à récupération d’énergie. Concrètement, lorsque vous relâchez la poignée d’accélérateur, le Vectrix se retrouve en "roue libre" comme tous les véhicules électriques. Mais si vous effectuez une rotation inverse de la poignée, vous bénéficiez cette fois d’un vrai frein moteur et d’une autonomie rallongée jusqu’à 12% selon le constructeur ! Si la récupération d’énergie reste quand même difficile à vérifier dans le cadre d’un essai, le frein moteur lui permet de limiter l’usage des freins à disque tant il est performant. On peut quasiment s’arrêter au feu tricolore rien qu’en utilisant la poignée droite. A l’usage, on y prend vite goût, y compris pour réguler son rythme dans la circulation. Attention, l’action combinée du rétro freinage et du frein arrière peut facilement bloquer la roue arrière, crissement de pneu à la clé sur le sec... et gare sur le mouillé en cas de freinage réflexe, faute d’ABS. A noter, cette poignée permet également de faire marche arrière, pour les manœuvres sur sol pentu par exemple. Sur le Forza, vous pouvez également rétrograder. En effet, Honda a doté son scooter d’une boîte séquentielle commandée par des boutons au commodo gauche (+ ou -). Certes bien réalisée, cette orfèvrerie mécanique n’apporte rien à l’usage, le propre du scooter étant justement de se passer des changements de rapports. Reste un mode "sport" qui permet des accélérations plus franches, soit le mode le plus souvent utilisé au quotidien.

Accélération : Avantage mitigé...
C’est d’ailleurs en mode "sport" que le Forza se détache davantage du Vectrix lors des tests de démarrage. Le Forza (équipé d’une culasse à quatre soupapes cette année), prend alors le dessus, mais de peu. Le Vectrix démarre de façon plus timide et semble avoir plus de peine à mouvoir ses 230 kilos jusqu’à 25 km/h. Ensuite, il prend de la vitesse de façon continue jusqu’à environ 50 km/h, puis il accélère de plus en fort jusqu’à atteindre sa vitesse maxi limitée par le constructeur, soit 110 km/h compteur. Reconnaissons au Vectrix d’étonnantes performances entre 50 et 100 km/h, des reprises dont le Forza et pas mal d’autres maxi scooters semblent incapables. La vitesse maxi est atteinte rapidement, le maxi scooter électrique régule aux abords des 110 km/h compteur dans un silence sidéral. Sans surprise, il voit alors passer le Forza qui lui prolonge son accélération jusqu’à plus de 130 km/h, soit de quoi affronter l’autoroute aussi sereinement que la ville. Le Forza y dévoile une homogénéité de comportement sans faille ou presque. Maniable en ville, il se joue des bouchons. Il dame le pion au Vectrix dès lors qu’il s’agît de tourner entre les pare chocs, tient aussi bien son cap, mais reste moins confortable sur les bosses que son confrère électrique. En revanche, côté freinage, le Forza affirme son potentiel. Doté de l’antiblocage et du couplage Honda, il permet des ralentissements remarquables en toutes circonstances. Sûreté et agrément sont au rendez-vous. Malgré son fameux rétro freinage, le Vectrix ne propose aucune assistance. Certes un ABS aurait engendré une consommation électrique malvenue, mais un couplage mécanique n’aurait pas été de trop sur un engin de ce poids. Cela fera partie de la dotation du Vectrix phase II attendu en 2009. Pour le reste, son comportement est satisfaisant. Vectrix partait d’une feuille blanche et a réussi à concevoir un scooter aussi à l’aise sur route qu’en ville. Bien joué.

Quid du coût de revient ?
La question cruciale arrive enfin. Est ce vraiment rentable d’acheter un Vectrix ? Nous allons tenter de répondre en nous basant sur l’entretien des deux véhicules de ce comparatif thermique / électrique. Toutefois, le manque de recul sur certains aspects nous empêche de répondre de façon définitive et quelques interrogations restent en suspend : fiabilité, vieillissement, use-t-il rapidement ses pneus et freins, sera-t-il facile à revendre et avec quelle dépréciation, combien va-t-il coûter en assurance, quel sera le prix du sans plomb et de l’électricité domestique dans trois ans ? Autant d’interrogations auxquelles seul le temps nous permettra d’y voir plus clair. Malgré tout, nous avons tenté une projection la plus réaliste possible. Nous nous sommes basés sur une utilisation de trois ans à raison de 6 000 km par an, soit 18 000 km au total. Le coût des révisions et de l’entretien du Forza sont issus du forfait communiqué par Honda.
| Vectrix | Honda | |
| Prix d’achat | 8 990 € ! | 6 000 € |
| Révisions/pièces | 15 €/6 mois soit 90 € pour 3 ans |
465,29 € pour 3 ans ! |
| Recharge électrique | 0,5 €/ 50 km soit 180 € pour 3 ans |
conso moy 4 l/100 km soit 1152 € pour 3 ans ! |
| Coût total | 9260 € pour 3 ans | 7617,29 € pour 3 ans |
Au total et après cette première estimation, nous notons une différence de 1 642,71 € en faveur du Honda Forza à moteur thermique. En outre, sachez que les batteries du Vectrix sont à remplacer tous les cinq ans, à raison de 8 000 km annuels. Elles coûtent environ 2 500 €, hors frais de main d’œuvre (compte tenu de leur emplacement, le nombre d’heures d’atelier risque d’être conséquent). En revanche, si le prix du carburant continue de grimper, il se peut que le Vectrix devienne plus concurrentiel. De même, nous ne savons pas exactement où en sont les autres constructeurs en matière de deux rues électriques... S’ils tardent à s’aligner sur le créneau, le Vectrix pourrait jouir d’une situation de monopole et de fait, sa dépréciation à la revente serait aussi faible que la côte du Vectrix élevée.

Conclusion : Pas de miracle
L’arrivée du Vectrix permet réellement d’envisager l’achat d’un véhicule électrique en remplacement d’un modèle thermique. Confortable, performant, il pèche par son autonomie limitée et surtout un prix de vente trop élevé qui n’en fait pas (encore ?) le "miracle économique" attendu. Ce scooter électrique impose donc de bien définir l’utilisation qui en sera faite avant de franchir le pas. En comparaison, l’homogène Honda prouve que le moteur thermique est loin d’être mort, en proposant un agrément épatant. Son évolution 2008 lui apporte le supplément de souffle dont il manquait et il ne fait aucun doute que le Forza reste une valeur sûre, si vous êtes prêt à débourser 6 000 € pour un 250 cm3... Si ce bilan reste ainsi assez équilibré, il ne fait pas de doute qu’il aurait été moins bienveillant pour le Vectrix si nous avions choisi un 250 thermique moins élitiste, et donc moins cher. Mais il est évident que le scooter électrique, lui, n’en est qu’à ses débuts...
Vectrix
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Honda NSS 250 Forza EX
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Comparatif Honda Forza 250 / Vectrix : A retenir
Pratique
Vectrix
Prix : 8990 €
Garantie : 2 ans, pièces et main d’œuvre
Batterie : garanties 5 ans ou 40 000 km (Durée de vie maximum selon constructeur, 80 000 km)
Coloris : rouge, bleu, vert, gris, blanc
Disponibilité : immédiate
Honda Forza 250
Prix : 6 000 €
Garantie : 2 ans, pièces et main d’œuvre
Coloris : noir c’est noir
Disponibilité : immédiate
Equipement

Vectrix
Le Vectrix est construit sur une petite chaîne d’assemblage aux Etats-Unis, mais pour accélérer le développement et les ventes en Europe, la maison mère a délocalisé une grosse partie de sa production dans une toute nouvelle usine en Pologne. La capacité de production est de 150 véhicules jour. L’usine travaille déjà sur une évolution du Vectrix, lequel comblera certaines lacunes d’équipement, comme l’absence de frein de parking, de warning, de clé codée ou de freinage combiné. La finition évoluera sans doute. Aujourd’hui, le Vectrix propose un tableau de bord suffisamment complet avec une jauge évaluant l’énergie disponible. On retrouve l’heure et divers trips (partiels, partiel en fonction de la consommation instantanée, total). Les deux béquilles sont faciles à actionner. Une prise 12 V permet de recharger son mobile. Le coffre sous la selle peut héberger un modulable ou jet à écran volumineux en plus de quelques accessoires. On retrouve aussi dans le coffre le câble (assez long) qui permet de recharger les batteries. Une découpe dans le carénage permet de sortir le câble tout en refermant le coffre. Le vide poche est assez volumineux. La serrure qui sert aussi à ouvrir le coffre et le vide poche est fastidieuse à l’usage.

Honda
Le Forza est produit au Japon. Il présente une dotation maximum. Outre la clé à transpondeur, il est pré-équipé pour recevoir une radio. Le tableau de bord est complet et lisible. Le coffre de selle peut accueillir un intégral et un sac à dos. Deux logeables vides poches à tiroir (dont un fermant à clé) sont disponibles. On retrouve ici toutes les commandes (appel de phare, warning) et un frein de parking. Le guidon chromé et l’agencement sport de la bulle sont magnifiques et typique de certaines préparations que l’on trouve au Japon, mais la protection fait défaut. La commande d’ouverture de la trappe à essence se situe derrière un des vides poches et l’accès n’est pas évident. Mais avec 4 l/100 km, on ne s’en sert pas souvent.
Moteur et partie cycle

Vectrix
Il est équipé d’un moteur Brushless à aimants permanents (rétro freinage) alimenté en courant continu. Il développe 20 KW à 3 000 tr/min, soit près de 30 chevaux. La transmission est automatique et intégrée dans la roue arrière. Le moteur est intégré au moyeu de la roue arrière. Le Vectrix comporte un chargeur emporté. Il recharge ses batteries au Nickel Hydrure Métalliques via un câble à brancher sur le réseau domestique. Près de 3 H 00 sont nécessaires pour les recharger à 85 %. Certains propriétaires estiment le temps de charge complet à 3 H 30. Sans effet mémoire, elles ne se dégradent pas même en cas de recharge incomplète. Une sécurité électronique assure le désengagement du chargeur une fois le niveau maxi atteint. Elles acceptent environ 1700 cycles complets. Lors de notre comparatif, nous avons effectué un premier run de 55 km, sans ménager les accélérations, puis un second de 40 km avec un tiers de réserve. Cela montre à quel point il est crucial de savoir où recharger son Vectrix lors de votre utilisation courante. Finalement, cela serait plus simple en Province qu’à Paris, malgré la présence de bornes de rechargement. La partie cycle fait la part belle à l’aluminium. On retrouve des composants de renom comme les amortisseurs Sachs, la fourche Marzocchi ou les étriers de freins Brembo.

Honda
Le Honda reçoit un monocylindre nettement amélioré pour ce millésime. Il troque son haut moteur à deux soupapes contre un quatre soupapes issu de celui du SH 300 en grande partie. Le Forza reste fidèle à la transmission S Matic. Elle permet de passer d’un mode normal à sport. Laquelle joue sur les performances du moteur. Cette transmission autorise également le passage des rapports manuellement via des boutons (+ ou -) au commodo gauche. Le moteur du Forza 2008 offre de meilleures performances que la première mouture. La partie cycle est de facture classique, sauf au niveau du freinage. Ce scooter est doté du fameux ABS/CBS, faisant fonctionner les étriers de façon combinée. Son efficacité et sa sécurité sont remarquables.



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