S’il est révolu le temps où les motards étaient mis au rang des gens peu fréquentables, les motos ont longtemps eu l’inconvénient de peu protéger leur pilote, d’où leur air négligé inquiétant. Certes, il y avait la Vespa. Mais elle était bien seule. L’agréable deux-roues carrossé a ravi, tout au long des années cinquante, ceux qui ne pouvaient s’en payer quatre pour se déplacer. L’équipement des ménages aidant, l’instrument de la Dolce Vita n’a pas longtemps résisté à l’engouement pour l’automobile qui marqua les années soixante. Il n’y a que dans la botte où l’on a continué à en vendre. Vingt ans plus tard, c’est la circulation et l’auto, devenue indésirable, qui signait le retour en force du scooter. Un scooter aux formes arrogantes, prenant du volume et du poids en même temps que de la prestance et du prix. Sentant l’aubaine de proposer un pur engin urbain, Piaggio est reparti à la charge avec les 125 (ou 50) ET 2, puis ET 4.

Jeune et rétro à la fois
Dans son sillage, Aprilia a tenté le Habana, un peu trop différent du modèle initial. Quelques imitateurs chinois ont fait preuve de plus d’audace dans leur copier-coller. Malin comme un Coréen, c’est Daelim qui dégaine aujourd’hui son clone avec, en prime, une plus belle qualité de fabrication. Pour 1 780 € seulement, le Besbi est aussi "trognon" qu’abordable. Comme le S1 de la marque, il s’adresse aux pressés de la ville qui veulent s’en affranchir. Il propose, en outre, le charme des formes douces et délicieusement rétro, rehaussées par des chromes. Un luxe presque oublié ! Rétro, avec son phare cerclé, serré de près par les clignotants, mais jamais ringard. De conception moderne, le Daelim possède un feu à diodes et un coffre de selle pouvant abriter un casque jet, qui se commande au contact. S’y ajoute un petit top-case fermant à clef, livré d’origine. Ses dimensions réduites lui permettront de passer dans les trous de souris en ville, de serpenter sans mal entre des voitures empêtrées. C’est la caractéristique oubliée par trop de grands scooters ! Evidemment, la place pour les jambes n’est pas celle d’une Classe Affaire. Mieux vaut ne pas mesurer plus d’un mètre quatre-vingt pour apprécier le Besbi sans pester sur les cognements des jambes contre le guidon. le plancher plat s’avère bien pratique pour poser un sac (avec un petit crochet pour le sécuriser). Pas de rangement dans le tablier, puisqu’il y a le top-case...

Plaisirs égoïstes
Avenant, le compteur monocorps distille ses informations dans une pure et simple tradition : vitesse, kilométrage total, jauge d’essence. Pas de partiel, de montre, ni de température d’eau, puisque le moteur quatre temps est refroidi par air. Ses onze modestes chevaux ne signifient pour autant pas des accélérations apathiques. Celui-ci n’a aucun mal à tracter les 105 kg de l’engin et les démarrages se montrent francs, les reprises énergiques. Le plaisir de rouler au guidon d’un scooter orné de chromes (calandre, nez du garde-boue, liserés des poignées, entourage du compteur...) se révèle intégral. En urbain, sa consommation dépasse à peine les 3 litres aux 100 km (le réservoir contenant six litres). La ville reste sans conteste son domaine. Avec ses petites roues de dix pouces et une jolie fourche à balancier "dans le ton", le Besbi s’y sent comme un poisson dans l’eau. Son freinage, assuré devant par un disque de 200 mm (étrier simple piston) et par un tambour gentillet derrière, suffit dans ces conditions. Sur route, on en demanderait plus, mais là n’est pas son domaine. La vitesse de pointe limitée vous le fera vite comprendre, puisque le compteur de l’agile deux-roues y plafonne à 100 km/h, à peine plus de 90 km/h chrono. La protection est, bien entendu, inexistante et la place réservée au passager un peu cheap, malgré le dosseret mousse fixé au top-case et les repose-pieds dépliables qui tentent de le lui plaire.

Version monomaniaque
Le prix avenant du Daelim 125 Besbi et son excellent comportement en ville pourraient en faire l’une des nouvelles vedettes fashion de la circulation urbaine. Plaisant, pratique, pas cher, on lui cherche encore des défauts. Peut-être ce manque de polyvalence qui hypothèque les escapades dominicales. Mais avec l’argent économisé, il vous restera sûrement de quoi vous payer un autre véhicule !
![]() |
![]() |
|
|
Daelim 125 Besbi : A retenir
Le deux temps gourmand et odorant étant désormais révolu, c’est un monocylindre quatre temps de onze chevaux, économique et silencieux, qui propulse le Daelim 125 Besbi. Doté de l’injection, le moteur répond par avance aux normes Euro3, tout en contenant la consommation aux alentours de 3 litres aux 100 km (pour une autonomie de 180 km). Le mimétisme avec une Vespa s’arrête à la définition esthétique du scooter, qui propose un gabarit inférieur à celui de l’original. Avec ses 105 kg (à sec), le petit Coréen pèse en moyenne 40 kg de moins qu’un GT actuel, ce qui facilite son maniement par les non-initiés, tout en garantissant des accélérations remarquables, à défaut d’une vitesse de pointe élevée. Sa conception s’avère des plus classiques : cadre ouvert tubulaire, plancher plat, selle également plate (en opposition avec celles à deux niveaux) ouvrant sur un coffre non surdimensionné.
Un produit de nouvelle génération
Outre les formes de sa carrosserie évocatrices, le Besbi adopte quelques ingrédients croustillants, telle la fourche à balancier marquant un retour aux sources, tout en se montrant satisfaisante pour la ville. Epaulées par des suspensions aux débattements modestes, les petites jantes dix pouces collent à l’esprit du scooter dont elles garantissent l’agilité. Si de plus grandes auraient été préférables pour une parfaite tenue de cap à "haute" vitesse, leur présence valide une destination citadine évidente en l’absence de toute protection. L’époque n’est plus au tambour. C’est donc un disque de 220 mm (étrier simple piston) qui équipe la roue avant. Même s’il dénote avec la fourche, comme sur les nouvelles Vespa, il assure de bons ralentissements. Le tambour arrière suffit.

Sensiblement plus élevée que chez les concurrents, la hauteur du plancher ne devrait pas trop indisposer les jeunes gens, garçons ou filles, qui raffoleront du scooter branché qu’est le Besbi. Son top-case leur permettra d’y glisser le "cartable", un petit attache-case pour ceux qui sont entrés dans la vie active, ou le sac à main de madame, puisque ce scooter sera le partenaire, sans distinction, de toutes les classes de la population urbaine.
Pratique :



Plus de thèmes







Infos pratiques


Fiche technique





