Tandis que chacun fournit sa gamme en y ajoutant ces dernières années un compact utilitaire, Daelim ramarre les wagons avec un scooter basique au look résolument moderne, conçu lui aussi pour la ville. Sur le créneau, Kymco a déjà lancé l’Agility, Sym l’Orbit et Yamaha depuis peu le Vity. D’ici peu, les amateurs pourront aussi rouler en Delfi. En journalistes privilégiés, nous avons vécu quelques jours en compagnie du modèle de pré-série de ce nouveau scooter. Ville, duo et même sorties hors ville, rien ne lui a été épargné !
Nouvelle vague
En parallèle de la clientèle automobile aisée se tournant vers le deux roues, plus regardante sur l’aspect pratique que financier, un marché de scooters à bas prix se développe. Intéressant la frange la moins exigeante sur la performance et l’aspect général, le créneau s’est révélé depuis ces dernières années avec l’introduction des modèles chinois. Rien d’étonnant donc à ce que les Japonais, mais aussi Coréens et Taïwanais s’y intéressent à leur tour désormais. Si leurs produits se révèlent encore un peu plus chers, ils bénéficient en outre d’une meilleure qualité de fabrication. Ce qui devrait peser, à terme, dans la balance.

Chausse-pied et chaussons de danse
Pour l’heure, nous avons entre les mains l’unique exemplaire européen du futur Daelim Delfi, temporairement stické Delfino, dont le gabarit réduit s’approche de celui du S1. Vendu 800 € moins cher (tarif prévisionnel) que son cousin, il en diffère moins par les lignes tendues que par l’équipement. Pour faire des économies, le constructeur a abandonné la culasse 4 soupapes, réduit le diamètre des jantes (de 13 à 12 pouces) et fait l’impasse sur le freinage couplé qui ajoutait la sécurité au charme du S1. Pour sa part, le Delfi se contente d’un tambour arrière et d’instruments sommaires. A bord, l’ambiance n’est pas pour autant triste. L’espace simplement compté le destine aux filles et aux gens de petite taille. Les plus d’un mètre soixante-quinze auront bien du mal à caser leurs genoux qui butteront contre les retours du tablier. L’espace réservé aux pieds est également réduit. J’annonce une seule position droite sur selle bien formée et à peine trop pentue !

A l’épreuve des balles
On retrouve le pratique plancher plat et, moins plaisant (encore une fois pour les grands), haut, caractéristique des Daelim. Dans le tablier, le bouchon d’essence est masqué par une trappe. En dessous, on note un crochet à sac. La selle, qui s’ouvre au contacteur, ne permet pas pour l’instant de loger de casque à cause d’un socle trop proéminent. Sur le porte-paquets, un top-case livré en série permet de le ranger. Un mal pour un bien. Le tapis de sol ne tient pas en place. Défauts de jeunesse ou de conception, ne tirons pas trop vite sur le pianiste et attendons la version définitive du modèle qui sera, on nous l’a promis, remaniée en fonction des problèmes relevés.

La ville est son royaume
Si le Delfi n’offre pas beaucoup de place à son conducteur, il se fait pardonner en virevoltant entre les autos engluées de plus belle manière. Court (1 830 mm), léger (109 kg à sec), il profite de ses mensurations pour se débarrasser de ses prétendants (ou concurrents) au passage du feu vert. Le freinage assuré par un disque de 260 mm devant est correct, même si à l’arrière, le tambour se montre faiblard. Niveau suspensions, le Delfi préfère les bons revêtements. Non qu’il se désunisse facilement, mais les deux amortisseurs arrière sont vraiment trop tarés pour vous en parler en bien en terme de confort.

En route pour la route
Une agréable promenade dans les environs de Marseille nous a montré que l’urbain utilitaire, mignon mais plutôt discret, avait un autre visage. Il ne vibre pas dans les mains ou aux pieds comme beaucoup et tient parfaitement le cap en virage, accrochant en pleine furie les 110 km/h compteur, soit près de 100 km/h chrono. C’est loin d’être ridicule pour la catégorie ! En montée, par contre, le Daelim à tenir la charge et d’autant plus en duo. Du duo parlons-en. De toute évidence, le Delfi n’a pas été conçu pour. Sa selle est nettement trop courte et le top-case frappe douloureusement le dos du passager lorsqu’on passe sur les bosses. En dépannage seulement.

Classe et économique
Avec le Delfi, Daelim propose un scooter facile et près de votre argent sans faire pour autant l’impasse sur ses qualités dynamiques. Si sa taille de mouche éloignera les amateurs trop biens charpentés ou nourris, elle la rapprochera d’une clientèle dans le vent, jeune ou féminine. Un pendant moderne au Besbi, moins cher que le S1 et plus adapté à la circulation urbaine que le S2. Voilà pour la concurrence intra-familiale ; reste à tester le Delfi face au reste du monde !
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