Ce n’est pas le perdreau de l’année. Depuis pas loin d’une décennie, l’Atlantic balade sa bonne bouille et s’est vu décliné dans toutes les cylindrées. En 125 cm3, donc logiquement en 250 cm3, puis en 400 et 500 cm3, le gros GT s’est inscrit dans les annales comme une référence de la catégorie. Son histoire aurait pu s’arrêter là. En effet, depuis quelques temps, il est perceptible qu’au sein du groupe Piaggio, on préfère voir triompher Aprilia sur les circuits des championnats du monde de vitesse moto. Mais force est de constater qu’en matière de scooter, la marque de Noale n’a vraisemblablement pas dit son dernier mot. Preuve en est le retour de la flotte Atlantic (pour un dernier baroud d’honneur ?). D’abord sur le créneau des 125 cm3, où cette année la lettre "s" a été ajoutée au patronyme du scooter. Dorénavant, il dispose d’une nouvelle tenue sportive (lire l’essai de l’Aprilia Alantic 125s). Dans la cylindrée supérieure, même topo. Sauf qu’ici, la motorisation évolue. Exit l’ancien 250 cm3, place à la dernière version du moteur Quasar, un (presque) 300 cm3.

De la poudre aux yeux ?
Commençons par jeter un coup d’oeil aux évolutions esthétiques du 300s. Elles s’apprécient tout d’abord au niveau des optiques. Pour plus de modernité, il se pare en effet d’accessoires fumés. Dans le même esprit, la bulle gagne en opacité. Puis c’est du côté de la teinte qu’il faut chercher les dernières évolutions stylistiques. Sur la même base - ici du gris - l’Atlantic adopte maintenant une déclinaison bi-ton : une couleur claire pour les carénages supérieurs, plus foncée pour les bas de caisse. Les logos sont mis en valeur par une base rouge. Quant au pilote, il appréciera le nouveau dessin d’une selle qui gagne en confort. A cela s’ajoute un tableau de bord quelque peu embelli grâce aux nouveaux fonds de compteur maintenant déclinés en blanc.

Plus proche d’un 250 que d’un vrai 300 cm3
Il faut bien admettre que ces changements esthétiques sont minimes et que l’Atlantic, malgré ce "rafraîchissement", demeure visuellement inchangé. Question motorisation, le Quasar évolue, mais au final, conserve la même partition. En effet, passant de 244 cm3 à 278,3 cm3, le GT a gagné 1,6 ch. (20,8 à 8 500 tr/min contre 22,4 ch. à 7 500 tr/min) et 0,4 daN.m au niveau de son couple maximal - un gain imperceptible pour le commun des scooteristes. Les plus pointus d’entre nous - qui avaient de surcroît déjà roulé sur l’ancienne version 250 cm3 - ressentiront peut-être un léger mieux à bas régime, permettant au volumineux Aprilia de décoller plus facilement du feu par exemple. Pour le reste, c’est du pareil au même. Les prestations de cette mécanique tendent à se rapprocher de celles de la catégorie "deux et demie". En effet, elles sont plus proches de celles du Yamaha X-Max 250 (21 ch à 7 500 tr/min) que de celles du Kymco Dink Street 300 (32,8 ch. à 8 000 tr/min).

Un comportement sain et sans (mauvaise) surprise
Avec un poids quasiment similaire à ce qu’annonce la version 125, mais avec des watts en plus, on retiendra de cette ultime déclinaison de l’Atlantic un agrément de conduite bien réel. Le scooter est prompt à démarrer, sa montée linéaire en régime est vigoureuse jusqu’à une centaine de km/h. Passé ce stade, l’engin continue son ascension à un rythme moins soutenu jusqu’à sa vitesse maximale, que nous avons mesurée à 134 km/h (149 km/h au compteur). Elle s’atteint d’ailleurs sans inconfort pour le pilote du fait de la bonne protection de l’ensemble proue/pare-brise. Ainsi, l’Atlantic 300s se montre efficace sur les axes rapides, mais ne démérite pas non plus en ville. Certes, il ne dispose pas du meilleur angle de braquage de la catégorie, il est un peu lourd aussi, mais tout de même maniable, grâce à ses roues de 13 pouces et sa bonne motricité. Il ne dispose pas non plus d’un cadre aussi rigide que celui du X-Max, en revanche son châssis et sa partie-cycle rassurent. Pas d’ABS ici, néanmoins on note la présence d’un freinage couplé (freins avant et arrière) au levier gauche somme toute efficace, mais moins que celui - excellent - du Kymco DS. Question tenue de route, la fermeté des suspensions est appréciable pour le maintien de cap. Sur ce poste, on remarque d’ailleurs qu’en comparaison avec le 125s, le 300s possède un amortisseur supplémentaire à l’arrière. Côté confort, seul ou à deux, malgré cette fermeté d’ensemble, cet Atlantic 300s propose un bilan très correct.

Toujours à la page
Totaliseur partiel manuel, compteur tachymétrique, design proche de la baignoire et emport limité, comparé aux nouveaux standards de la catégorie GT, l’Atlantic 300s n’est pas le plus sexy. Toutefois, une fois lancé sur son terrain favori, il faut bien admettre qu’il se comporte efficacement. Son châssis lui assure un comportement sain et son moteur d’honorables prestations, pour une faible consommation (mesurée à 4,3 l/100 km). Le maxiscooter est également bien équipé, mais son meilleur argument de vente demeure son prix, inférieur à 4 000 €. Vendu exactement 3 999 €, c’est 1 000€ (tout rond) de moins qu’un Yamaha X-Max 250 (200 € de moins que le X-Max 125) et 650 € de moins que le Kymco Dink Street 300 ABS. Pour qui voudrait simplement disposer d’un scooter dynamique sans succomber aux sirènes de la mode, cet Atlantic 300s demeure une valeur sûre. Esthétique mise à part, la référence perdure !
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