Le Nexus n’est pas qu’une histoire de chiffres, mais il faut quand même noter qu’ils sont bluffants. Près 186 kilos (tous pleins faits) d’une plastique à en faire pâlir plus d’une moto GT, le tout propulsé par un petit moteur de 125 cm3 et quelques 14,5 chevaux, il fallait oser. Les techniciens et designers de Gilera n’ont pas hésité : ils ont repris l’architecture ainsi que l’esthétique éprouvée et approuvée des Nexus 2006. Si l’image sportive était encore plausible avec les deux aînés de 250 et 500 cm3, le petit frère ne pourra pas avancer les mêmes prétentions. Il s’oriente donc naturellement vers le confort et l’agrément version GT avec ses roues de 14 pouces.
Haut de selle (810 mm) et de généreux de formes (longueur 2 100 mm x largeur 780 mm), ce gentleman de la route n’est pas des plus accessibles. Si le conducteur parvient à lever la jambe sans trop de mal pour passer par dessus le tunnel central, le passager doit enfourcher un strapontin surélevé... A moins qu’il ne s’aide des repose-pieds escamotables. On pourrait redouter d’être déséquilibré à l’arrêt, mais même si l’on ne pose qu’un pied au sol, le Gilera révèle une stabilité et une répartition des masses telles qu’il fait vite oublier son poids. A bord, l’ergonomie est typée mais intuitive : les bras tombent naturellement sur le guidon large et bas, facilitant le guidage, et l’assise moelleuse et bien taillée est agréablement secondée par un généreux dosseret. Ainsi, le Nexus 125 " absorbe " littéralement ses passagers. Il dégage pourtant la vue de son conducteur et lui offre un poste de conduite dominant la route. Seules les "oreilles" constituées par les déflecteurs latéraux apparaissent encore dans le champ de vision, ainsi que les très efficaces rétroviseurs. Aucun doute, le Nexus est conçu pour tailler la route dans les meilleures conditions possibles, et il le montre. La bulle mi haute est rigide et réglable sur trois positions, l’instrumentation de bord est ultra complète et les plus frileux peuvent toujours se réchauffer les mollets en ouvrant les écopes du tunnel central. Carton plein !

Nuances citadines
En ville, le Nexus surprend. Vif et agréable, il lisse la route et se laisse guider sans soucis. Seuls quelques serpentins de goudron, voire les bandes blanches en relief, font apparaître une sensibilité certaine du train avant, du moins de la pneumatique. Un moindre mal. Au milieu d’une file de véhicules, le Gilera paye rapidement ses formes généreuses. Il passe alors au millimètre et bloque souvent au niveau des rétroviseurs et pare chocs, tout en interdisant de plonger entre les calandres : son empattement de 1 530 mm rappelle vite à l’ordre. La prudence et la patience sont donc de mise, même si ses volumes importants et son éclairage puissant le font aussi vite repérer par les autres usagers, heureuse contrepartie.
Côté motorisation, c’est une autre histoire. Doux, progressif, le bloc Leader 4 temps bien connu dans la gamme Piaggio, accuse le coup. Ses montées en régime sont feutrées (même si elles ne fléchissent jamais) et les démarrages se situent dans la " moyenne basse " des scooters 125. Il faut attendre 40 km/h pour que le Nexus compense son retard. Plus coureur de fond que sprinter, il prend le temps de se lancer sans bruit ni fureur : l’efficacité avant tout ! Reste que repartir en côte n’est pas toujours aisé et qu’il ne s’avère pas bon grimpeur. Autant le savoir.

Roule toujours
Le paysage défile, l’horizon se dégage et le rythme s’imprime. Le Nexus est impérial. Rigoureux, stable et finalement performant avec un 133 km/h maxi (de longue lutte, certes), il peut régulièrement miser sur une vitesse de croisière comprise entre 110 (duo) et 120 km/h (solo), toujours au compteur. Mais Paris est déjà loin derrière et les virages " sérieux " de la vallée de Chevreuse se profilent. Les premiers freinages " sportifs " sont au rendez vous. Le frein arrière assoit efficacement le Nexus et l’avant est prêt à stopper promptement les optimistes, avec à la clé un ressenti précis et rassurant. On s’en félicitera d’autant plus que l’ensemble compensera efficacement sur le sec l’absence de système ABS ou de freinage couplé.
De leur côté, les petites routes de campagne du côté de Chartres, mal revêtues, révèlent un accord de suspension plus adapté aux allures modérées et à la ville. Deux tours de clef plus tard (sur les amortisseurs arrière réglables en pré contrainte) et le 125 retrouve des prétentions sportives et un guidage plus incisif et agréable. De quoi aborder les courbes plus sereinement, même s’il faut y sacrifier le confort... Volumineuse, la "carrosserie" du Nexus 125 se fait apprécier du passager et seul le bruit sourd et monocorde du moteur a quelque peu fatigué ses oreilles, mais on le serait à moins après quelques 200 kilomètres parcourus d’une traite. Après les plaines de la Beauce, et un petit tour en Sologne, les virages de St Aignant (41) s’enchaîneront naturellement... Bienvenue en Touraine Sud, le Nexus est en pleine forme !
Mais il est déjà temps de rentrer. Avec le plein, quelque 300 km sont envisageables. Ce week end de retour des 24h du Mans est l’occasion de croiser nombre de motards, tous saluent en croisant le Nexus, preuve supplémentaire que ce scooter-là a bien quelque chose d’une moto. Agréable, inhabituel et gratifiant. Merci !

Le scooter ultime ?
Présenté comme le " compagnon idéal des déplacements en ville et le complice des longues balades sur les petites routes de campagne ", ce Gilera Nexus 125 n’est pas loin de remplir son contrat. Sans réelle concurrence sur ce créneau des " maxi GT 125 ", il supplante les Satelis 125 et autres Piaggio X9 niveaux équipement, confort, gabarit et châssis, et se rapproche finalement plus d’un Suzuki Burgman 125 version XXL ou peut être du futur Honda S-Wing 125. Reste sa motorisation bien " soft " en comparaison, mais à l’agrément évident. Neutre et particulièrement facile de prise en main, le Nexus 125 rassure donc par ses qualités dynamiques et ses compétences variées. Il s’accommode de tout type de conduite, mais affiche une préférence naturelle pour les allures modérées et les rythmes de croisière. Économe niveau consommation et bien placé niveau tarif (3 990 € au 07/05/07), ce nouveau venu chamboule la donne et fait immédiatement penser à la Honda Varadero 125 par les effets qu’il produit et la philosophie qu’il défend : un petit qui fait gros effet. Restent comme handicap une distribution presque confidentielle malgré la qualité de fabrication, l’image de la marque à affirmer, et surtout l’absence de version ABS, pourtant prompte à faire gagner des parts de marché. Souvenez vous au moment de choisir que derrière la robe du Nexus se cache une mécanique d’origine Piaggio et relativisez. Oserez-vous ce Gilera ?
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Gilera 125 Nexus : A retenir
Le Nexus 125 hérite la partie cycle, l’instrumentation et l’habillage du Nexus 250. Le cadre double berceau tubulaire en acier est renforcé. Il garantit rigidité et cohérence à allure rapide. L’amortissement est confié à une fourche hydraulique de 35 mm de diamètre non réglable. Les deux amortisseurs arrière standard sont réglables en précontrainte. Souples d’origine, ils offrent 4 réglages différents. Le meilleur compromis d’amortissement est obtenu en raffermissant d’un ou deux crans l’arrière.

Côté instrumentation, un compte-tours et un compteur analogique partagent la place avec un afficheur numérique. Ce dernier peut être piloté à partir d’une commande déportée au guidon ou en appuyant sur les boutons de fonction directement sur le cadran. On peut ainsi afficher alternativement : la charge batterie, la vitesse maximale, la vitesse moyenne. En maintenant la gâchette au guidon droit, on navigue entre odomètre, totalisateur et montre. La température moteur et la jauge à essence sont toujours visibles. L’instrumentation est lisible, complète et agréable.

L’encombrement du bloc moteur Leader 125 a permis d’optimiser le compartiment sous la selle. Le coffre, éclairé et doté d’une prise 12V, est maintenant capable d’accueillir un casque intégral et un casque Jet. Son ouverture est commandée au contacteur. Un vide poche trouve place dans le tablier à gauche. Sa forme plate et en longueur le réserve au transport de papiers, téléphone portable ou carte de crédit. Attention, il ne ferme pas à clef.
Deux béquilles sont disponibles : une latérale et une centrale. Leur manipulation ne pose pas de problème et elles ne contrarient en rien la garde au sol impressionnante du Nexus.

La selle conducteur dispose d’une épaisseur de mousse faible, compensée par un support souple. Revers de la médaille : impossible de transporter simultanément un casque intégral dans le coffre, ce dernier bombe la selle et la rend inconfortable au possible ! Dommage. Le passager est mieux loti, son assise confortable lui permet de se caler contre le dosseret conducteur et ses jambes trouvent place sur les repose-pieds escamotables, caoutchoutés et à bonne hauteur.




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