Compact, fin et court, le SH est conçu pour être maniable et surtout efficace, sans oublier d’être beau. Design arrondi, conception sérieuse, finition avenante et sobriété luxueuse sont les principales caractéristiques esthétiques de ce nouveau scooter milieu de gamme Honda. Son design bio évoque le monde marin, impression renforcée par la présence de repose-pieds passager repliables (en forme de nageoire ! ). Larges et caoutchoutés, ils sont des plus confortables. Le passager appréciera d’autant plus que le porte-paquets élancé et ajouré tient aussi efficacement lieu de poignée de maintien. Il dispose également d’un bel espace sur la selle, ce qui n’est pas le cas du conducteur...
Disons le " franco ", ce n’est pas pour sa position de conduite que l’on choisit un SH ! Elle pourrait même se montrer rédhibitoire pour les plus grands. La fautive ? Une selle confortable, à la forme recherchée, mais n’offrant pas suffisamment de recul pour les grands gabarits. Si elle permet de bien poser les pieds à plat sur le sol lorsqu’on se tient à son extrémité, ses 785 mm de hauteur sont contrecarrés par un plancher plat haut perché qui lui relève nettement les jambes. Certes, voilà qui favorise la garde au sol (toujours utile pour monter ou descendre les trottoirs par exemple), mais oblige aussi à bomber le dos pour conserver une position de bras agréable... A vitesse élevée, le conducteur manque alors d’appui pour lutter contre la poussée du moteur ou la pression du vent. Alors, au vu du 147 km/h chrono possible, et sachant que l’on roule sans aucune protection aérodynamique, autant dire que l’on s’accroche au guidon ! A terme, cela participe au plaisir de conduire le SH, surtout en terme de sensations, mais convenons que l’installation d’un saute vent en série n’aurait rien eu d’un luxe (il est heureusement disponible en option au catalogue Honda), même de petite taille !

300% réussi
Allez, disons-le, ce scooter n’a pas peur des motos, et quel que soit le degré d’expérience de son conducteur. Léger et particulièrement bien lié au sol, il s’emmène à loisir et se guide sans grand effort. Le Honda SH 300 assure en toutes circonstances grâce à sa partie cycle hyper polyvalente et largement au dessus du lot, ainsi qu’à son moteur incroyablement vigoureux et efficace. Que vous recherchiez un scooter à l’aise en ville comme sur les grands axes ou sur les routes de campagne, que vous privilégiez la maniabilité ou la sportivité, le SH 300 répond présent à chacune de ces exigences. Plus étonnant encore est le sentiment de sécurité qui émane de cet engin. Toute réaction parasite, voire (petite) maladresse de la part du conducteur, est agréablement filtrée et éliminée. Ses grandes roues et sa pneumatique performante génèrent même une inertie providentielle qui corrige le tir en cas d’optimisme prononcé. Ce n’est que passé 140 (km/h compteur sur autoroute) et sur un revêtement dégradé que l’amortissement avoue ses limites en matière de confort et de tenue de route. Dans une courbe négociée (trop) rapidement, le scooter se désunit légèrement. De quoi rendre la main sans autre conséquence, dans ces conditions de toute façon rares et presque hors sujet, d’autant qu’à ce niveau de vitesse et de confort, on lui pardonnera aisément.

Le MP3 peut trembler
Au même titre qu’un Piaggio MP3, le SH agit donc directement sur la confiance et sur la conduite de son propriétaire. Il faut dire que la combinaison de l’ABS (très discret) et du freinage couplé finit de garantir une belle maîtrise. Les " gros " freineurs conservent toutes leurs sensations et un excellent contrôle du frein avant, grâce à son attaque, sa force et son endurance. Son homologue arrière, couplé, permet de conserver l’assiette du scooter et de réduire encore les distances d’arrêt. C’est d’autant plus nécessaire que le bloc moteur du SH a la santé !
Pour une cylindrée peu répandue en France (avec le Yamaha 300 Versity), la réponse à l’accélération se montre réellement " bluffante ". La poignée de gaz agit plus comme un variateur de vitesse à trois positions que comme un simple accélérateur. On peut à loisir choisir entre un rythme doux et progressif (pour couler délicatement entre les files de voitures ou manoeuvrer avec précision), des reprises fermes (pour s’extraire d’un flot de circulation ou d’un virage) ou mieux encore une accélération musclée pour se propulser instantanément vers la vitesse maximale en emballant le compteur. Tour de force, ce comportement se retrouve sur toute la plage d’utilisation du moteur, y compris à l’approche de la vitesse maxi. Les dépassements sont immédiats, au feu ou sur route, on efface rapidement les autres scooters dans ses rétroviseurs... Jubilatoire !

Un ami qui vous veut du bien
Après avoir essayé un Piaggio MP3 250, impérial en ville et sur petite route, nous doutions de pouvoir trouver un rival à la fois suffisamment performant et rigoureux pour lutter contre la concurrence déloyale de la troisième roue. C’est pourtant chose faite avec ce Honda SH 300, un scooter plus léger et facile encore, lui aussi novateur dans ses qualités dynamiques. Ce dernier ouvre ainsi la voie à une nouvelle génération de comportement et de motorisation. Souhaitons au SH 300 une belle carrière, bien que son appartenance à la catégorie des scooters grandes roues et son prix de vente de 5 290 € (au 19/02/07) quasiment équivalent à celui d’une moto basique de moyenne cylindrée, restent des éléments à prendre en compte à l’heure du choix. Seuls bémols finalement, il ne lui manque plus qu’une position de conduite adaptée aux grands et un coffre plus accueillant. On peut en tout cas espérer que Honda déclinera son savoir faire sur un scooter à roues de 13 ou 14 pouces (plus appréciées de ce côté-ci des Alpes ; le SH 300 étant surtout étudié pour nos amis italiens) pour faire partager cette expérience exceptionnelle vécue au guidon du SH 300 au plus grand nombre, car l’essayer, c’est assurément l’adopter.
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Honda SH300i : A retenir
Niveau aspects pratiques, le SH fait le minimum. Sa condition de scooter à grandes roues est restrictive pour les rangements. Outre son coffre sous la selle trop petit pour accueillir un intégral, il propose juste un vide poche étanche et doté d’une prise 12 volts sur le côté gauche, ainsi qu’une boucle accroche sac sur le tablier. Le plancher plat permet également de transporter quelques paquets entre les jambes, notamment ceux qui n’auront pas pu prendre place sur la très belle platine porte-paquets arrière. Cette dernière est dotée de quatre ergots d’arrimage pour les tendeurs. A moins d’opter pour le top case, ceux qui ont besoin d’une soute à bagages regarderont donc du côté d’un scooter GT comme le Suzuki 400 Burgman ou du Piaggio 250 Beverly.

La partie cycle du SH est sa pièce maîtresse, objet de nombreuses attentions et innovations. Le cadre en acier de gros diamètre est ouvert pour conserver le plancher plat et renforcé. Avec son empattement court de 1 420 mm, on aurait pu craindre un manque de stabilité à haute vitesse. Ce n’est pas le cas, le SH conserve toute la vivacité et la facilité d’un châssis de faible longueur, mais lui associe des éléments qui compensent à haute vitesse. Le bras oscillant flottant, entièrement masqué, est une pièce de toute beauté. Il isole littéralement le cadre de la chaussée. Il est composé de trois éléments articulés entre eux, qui font diminuer les vibrations et contribuent à la rigidité latérale et torsionnelle. En résulte un comportement sain en courbe et une tenue de route exemplaire.

L’amortissement est confié à une robuste fourche de diamètre 35 mm (comme sur les motos), non réglable. A l’arrière, on retrouve deux amortisseurs réglables en pré contrainte sur 5 positions.
Les roues de 16 pouces en aluminium ne sont pas non plus étrangères à la rigueur du SH. Elles sont montées en Bridgestone Hooper. Cette pneumatique confortable et progressive offre une prestation à la hauteur de la partie cycle, notamment grâce à ses dimensions et à sa hauteur de flancs : 110/70 à l’avant et 130/70 à l’arrière.
Le freinage Combiné ABS est impressionnant de puissance et de contrôle. Il ne se déclenche que très tard lors de la phase de freinage et lorsqu’il est couplé (avant/arrière), il est parfaitement transparent. Il offre sécurité et confort d’utilisation supérieurs à la normale. Un plus.

Le moteur du SH est une pièce entièrement développée pour l’occasion. Il hérite des technologie dérivées de la compétition et revendique des gènes de CRF, les motos de cross de la marque. Monocylindre 4 temps de 279 cm3 à refroidissement liquide, il utilise un simple arbre à cames et 4 soupapes. Il est conçu pour proposer un circuit d’huile réduisant les pertes mécaniques d’énergie et réduire les vibrations en fonctionnement. Ce moteur est dopé par une injection électronique (conduits diam. 34 mm) qui offre une réponse immédiate et une consommation réduite. Lors de notre essai, le SH 300 n’a pas dépassé les 3,5 l./100 km à un rythme très diversifié.

Enfin, la transmission V-Matic chère à Honda fait ici merveille. Un capteur de couple associé au dispositif de transmission offre à la fois douceur et répondant tout en assurant une fiabilité accrue (selon le constructeur). Le SH est conçu pour offrir le moins de vibrations et le plus de sensations possibles. De fait, c’est le cas.
Aussi bon en solo qu’en duo, le SH est un scooter particulièrement homogène qui conserve toutes ses qualités dynamiques sur l’ensemble de sa plage moteur et dans une large palette d’utilisation. Lorsque l’on voit la débauche de solutions technologiques employées, on comprend mieux son prix, plutôt élévé pour la catégorie (5 290 €). Pensez à rajouter un saute vent en option.







Infos pratiques


Fiche technique

