Avec cet Aztral 125, les assembleurs chinois proposent leur premier vrai scooter GT : coloris sobre, gabarit généreux, pare-brise haut surplombant une face avant aux lignes tendues, large tunnel central se prolongeant jusqu’à une selle biplace apparemment accueillante pour le pilote comme pour le passager (grâce aux poignées intégrées au support de top-case). Garé parmi d’autres GT, l’Aztral semble parfaitement à sa place. L’ensemble est valorisant et seul le bloc du feu arrière au design très exotique (avec sa bulle transparente) semble incongru. Quoi qu’il en soit, ses concepteurs marquent clairement leurs ambitions. Ainsi, on note l’usage de commodos à l’ergonomie japonaise mais au plastique bas de gamme. De même, l’instrumentation de bord est plutôt complète mais l’éclairage rouge ne facilite pas la lecture la nuit. Neanmoins, depuis l’indispensable tachymètre jusqu’au compte-tours, en passant par la jauge à essence - certes imprécise - au témoin de charge de la batterie et la montre, presque tout y est. Et même plus, puisqu’une alarme très sonore est montée de série ainsi qu’un système audio auquel vous pourrez brancher le lecteur MP3 fourni avec le scooter. Affiché à 1 990 €, l’Aztral est sans concurrence en matière d’équipement, ce qui aide à relativiser une finition parfois approximative et un volume de rangement sous la selle juste suffisant pour un casque intégral de petite taille et une mince combinaison de pluie. Mais il est temps de confronter les prétentions GT de l’Aztral aux réalités de la route.

Ergonomique et efficace en ville
Une pression sur le démarreur et le petit moteur 4 temps - refroidi par air forcé et alimenté par carburateur - s’ébroue... en l’aidant un peu avec l’accélérateur. Le ralenti se stabilise finalement et l’Aztral chauffe doucement alors qu’une pluie glaçée tombe sur la capitale. Des conditions quasi-hivernales qui n’épargneront pas notre GT. Mais pour l’heure, prendre place à son bord est facile même pour les plus petits grâce à la selle basse et au poids de l’ensemble contenu à 125 kilos. Autre bonne surprise, l’espace "habitable" se montre largement suffisant pour permettre aux grands gabarits de trouver une position de conduite naturelle. Les pieds posés sur un habillage de plancher en fine plaque d’aluminium, je tourne la poignée. L’Aztral s’élance alors avec vigueur compte-tenu de la faible puissance annoncée. Jusqu’à 40 km/h, il fait même jeu égal avec nombre de ses concurrents japonais et européens. Ensuite, ceux-là prennent le large alors qu’une accélération linéaire vous permet d’atteindre facilement un bon 80 km/h, soit de quoi vous permettre d’évoluer en sécurité sur les voies péri-urbaines. Pour affronter les grands espaces, il faut cette fois s’armer de patience. Bien lancé, le compteur optimiste finit par indiquer presque 115 km/h mais vous évoluez alors réellement à peine plus vite que les poids-lourds. A cette vitesse, la protection de la bulle vous permet de circuler dans un confort très correcte alors que la stabilité de l’engin achève de vous rassurer grâce à son empattement long. Revers de la médaille, l’Aztral se révèle moins à son aise dans les petits coins. Et de leur côté, les suspensions retransmettent sèchement les irrégularités du bitume mais évitent au scooter de trop basculer sur l’avant au moindre freinage. Sur ce dernier point, l’équipement de ce scooter Jonway se montre supérieur à ce que l’on trouve en général à ce niveau de prix : efficace et dosable, il met à mal l’adhérence des curieux pneus à crampons. Reprenant le dessin de certaines gommes mixtes type trail avec leurs gros pavés de caoutchouc, les curieuses "chaussettes" testées ici sont sans doute plus à l’aise sur les routes asiatiques les plus chaotiques que sur le plat bitume européen, surtout par temps de pluie.

Doit faire ses preuves
Et la pluie, l’Aztral ne l’apprécie guère. A commencer par sa visserie dont le traitement chromé cède rapidement la place à la rouille là où l’eau stagne. Notre GT gagne donc à stationner dans un espace couvert plutôt que sur les trottoirs. Et les choses s’enveniment lorsque l’humidité se fraye un chemin entre les plastiques mal ajustés. Elle y trouve alors un faisceau électrique peu étanche et une alimentation sur-exploitée par les divers équipements électroniques. Sur notre modèle d’essai, après qu’un fusible ait rendu l’âme, les feux et le moteur sont restés en marche, malgré le contacteur sur off et la clé retirée du barillet ! En attendant de solutionner le problème chez votre concessionnaire (ou directement en usine ?), mieux vaut donc utiliser systématiquement le coupe-contact pour ne pas vider la batterie par inadvertance. Et quand bien même, la présence du kick vous permet alors de repartir si vous parvenez à éteindre l’alarme.
Défauts de jeunesse ou spécifiques à notre scooter d’essai ? Difficile de statuer définitivement sur ces points, même si globalement l’Aztral en offre finalement pour son argent, avec des performances et une finition "intermédiaires", qui ne lui permettent pas de rivaliser avec les références japonaises ou italiennes mais de rendre plus simplement service au quotidien. Reste maintenant à en savoir plus sur sa fiabilité dans le temps et la qualité du SAV, via vos retours d’expérience sur le maxitest scooter-station. Pour ce faire, attendez encore d’avoir engrangé des kilomètres à son bord.
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Jonway Aztral GT Sport 125 : A retenir

Pratique
Prix : 1 990 € (au 31/10/08)
Garantie : 1 an, pièces et main d’oeuvre, kilométrage illimité
Coloris : noir métal, blanc ou bordeaux
Distributeur : BDG Import

Moteur
Assemblé en Chine, ce Jonway Aztral GT Sport 125 partage avec ses clones - comme le Revatto Imperator - une base mécanique simple et largement éprouvée par plusieurs années de commercialisation sur le marché asiatique. Refroidi par air forcé, ce moteur gagnera sans nul doute en longévité en utilisant une huile de qualité et en surveillant soigneusement son niveau. Avantage de la simplicité, l’accessibilité mécanique à l’atelier est aisée une fois que le cache batterie et cette dernière sont retirés. Les coûts d’entretien devraient ainsi être modérés. Enfin, bien que peu puissant, ce petit monocylindre 4 temps fournit un couple maximum disponible assez tôt alors que sa transmission "courte" offre de bonnes performances en ville.

Partie cycle
Pour moins de 2 000 € (au 31/10/08), nous retrouvons logiquement des solutions classiques. Le cadre en acier se montre suffisamment rigide au regard des performances générales. Toutefois, le recours à des pneus de faible section rappelle la conception économique de l’Aztral. Mais l’empattement long - 1 570 mm tout de même - et le montage de roues de 13 pouces de diamètre achèvent de lui conférer une bonne stabilité en courbe comme en ligne droite. On apprécie aussi la présence de valves coudées destinées à faciliter le gonflage des pneus. Enfin, mention spéciale aux freins à disques : les étriers double piston, à l’avant comme à l’arrière, arrêtent promptement les 125 kg à sec annoncés. Le ressenti est supérieur à celui de la plupart des autres scooters chinois et compense le grip parfois incertain des pneus d’origine.

Equipement
Facile à lire, le tableau de bord est complet, avec un compteur, un compte-tours, une jauge à essence, une jauge indiquant la tension de la batterie et même une montre. Toutes les indications d’usage sont présentes et parfaitement lisibles... de jour. La nuit, l’éclairage se révèle insuffisant. Le coffre de selle accueille un casque et un pantalon de pluie. On apprécie l’ouverture par le coté qui limite les infiltrations par temps pluvieux. La serrure se trouve sur le flanc gauche et le verrouillage s’effectue avec la clé de contact. Le tablier est nanti d’un vide-poche dans lequel sont montés les deux haut-parleurs du système audio. L’assemblage et la finition de l’ensemble ne sont malheureusement pas vraiment valorisants. A ce prix, pas de clé codée mais une alarme digne d’une hypersport : difficile de passer inaperçu lorsqu’on l’utilise, imaginez R2D2 sous amphétamines... De série, on retrouve un solide porte-parquet qui constitue un excellent support pour un top case, et des marches-pieds revêtus d’une (fine) plaque d’aluminium. Enfin, les deux béquilles sont faciles à utiliser.




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