Gerd Müller, Directeur Général de Kreidler, répond aux questions de Scooter-Station
Herr Müller, vous présentez les modèles Insignio. Ils ressemblent traits pour traits à la nouvelle version du Jonway JS120. A 30 mètres d’ici, un autre exposant dévoile le même produit et m’assure en avoir la distribution exclusive pour la France. Voir le même scooter chinois flanqué de plusieurs badges différents semble être une habitude. Entre la guerre des prix et le SAV à géométrie variable, on s’y perd un peu, non ?
S’ils veulent se développer en Europe, les fabricants chinois vont devoir comprendre et accepter le fonctionnement de nos marchés. Pour l’instant, la plupart restent persuadés qu’en ayant 4 ou 5 intermédiaires commerciaux sur un même territoire, ils vont multiplier leurs ventes d’autant. Ils suivent une logique financière à court terme qui risque de les empêcher de s’implanter durablement.
D’autant que si l’on ajoute des véhicules dont la finition prête parfois à sourire... ou à pleurer, suivant le cas, on reste un peu perplexe...
Effectivement, l’autre point faible reste la qualité des produits. C’est pour cela que j’ai parlé de fabricants et non de constructeurs. Les premiers se contentent d’assembler des pièces de provenance diverses alors que les seconds sont en mesure de développer intégralement leurs propres produits : de faire de l’ingénierie.
Oui, mais si l’on s’en tient aux modèles Kreidler que nous connaissons déjà, vous travaillez plutôt avec les fabricants. Allez-vous réellement redevenir un constructeur ?
Tout à fait. Nous avons commencé par importer des motos et des scooters également distribués sous d’autres marques. Mais, si le moteur, le châssis et l’habillage sont communs nous nous sommes déjà démarqués par la qualité des équipements périphériques : carburateur, circuit électrique, batterie, etc. En 2009, nous allons plus loin. Et nous présentons pour la première fois des modèles sur lesquels nous avons soit une exclusivité commerciale européenne comme les Insignio 125 et 250 cm3 qui incarnent la dernière évolution du GT produit par Jonway ou encore le 125 Martinique (sic !) soit nous concevons un prototype fabriqué ensuite en collaboration avec nos partenaires chinois. C’est par exemple le cas du Galactica dont le design est déposé par Kreidler. Nous l’avons intégralement développé, depuis le premier dessin jusqu’à la phase de production. En 2009, nous sommes devenons un constructeur à part entière : nos produits reçoivent leur propre homologation Kreidler.

Oui, mais la production reste localisée en Chine. Comment être certain d’obtenir une qualité constante d’une livraison à l’autre ? Le conteneur test peut-être bon mais ensuite ?
Justement, pour la production, nous avons recruté deux personnes, payées par Kreidler et qui surveillent la production au quotidien. Ensuite, notre équipe allemande va régulièrement contrôler la qualité en usine. Enfin, chaque véhicule est contrôlé, une première fois à son arrivée en Allemagne puis une seconde fois avant d’être expédié en France, par exemple.
Et pour le SAV ? Vous mettez de côté quelques véhicules pour constituer un stock ?
Non, nous ne procédons pas de cette manière. Nous importons des conteneurs de pièces de rechange comme n’importe quel distributeur de motos japonaises. Afin d’assurer un taux de disponibilité comparable, disons 92%, nous avons même recours au transport aérien malgré son coût élevé. Ce qui nous a d’ailleurs posé des problèmes cet Eté à cause des interdictions de vol pendant les Jeux Olympiques. Maintenant, tout est rentré dans l’ordre. Nous pouvons donc appliquer une véritable garantie. Si une prise en charge est nécessaire, Kreidler l’assume comme le font nos concurrents japonais. Grâce à notre entrepôt central, les pièces sont livrables sous 24 heures à Paris, par exemple. Et nos produits sont d’ores et déjà garantis 2 ans.
Tant mieux pour le client et le concessionnaire. Mais la force des produits venus de Chine est dans leur prix. Conservez-vous une stratégie commerciale fondée sur le low-cost ?
Pour résumer, à la différence de certains distributeurs qui se contentent d’écouler des conteneurs en provenance de Chine, nous ne visons pas le prix le plus bas. Notre objectif est d’offrir le package global le plus attractif : une image de marque, une gamme complète, un SAV digne de ce nom, le tout à un tarif très placé. Et nous continuons de développer de nouveaux produits dans cet esprit : en 2010, Kreidler proposera son premier scooter électrique...



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