Le constructeur taïwanais annonçait son gros scooter depuis le Mondial du deux roues 2003. Et au vu de ce qu’il avait déjà démontré sur ses motos, il est clair que nous attendions cet évènement avec impatience. Car s’il manque certes d’une histoire en deux roues, Kymco sait mettre les moyens pour rattraper son retard, avec à la clé un rapport qualité/prix imparable. Mais de là à imaginer qu’Aprilia allait lui aussi se lancer sur le créneau des gros scooters à prix d’attaque, là, ce fut une vraie surprise ! Annoncée très récemment, la relève 2005 du 500 Atlantic, baptisée "Sprint" pour l’occasion, possède de quoi séduire bien des hésitants : une base moteur connue (Piaggio X9) et une réputation solide malgré le récent rachat de la marque par le groupe Piaggio. Affichés tous les deux à 5 500 € à quelques poussières près et arrivant en même temps sur le marché avec des arguments techniques similaires, il devient donc difficile de trouver des ennemis plus acharnés et attendus que ceux-là ! Reste encore à faire son choix.

Sobriété italienne, originalité taïwanaise
Pour le look, nous vous laissons seuls juges : rigueur et sobriété pour l’Atlantic qui s’inspire de son petit frère 125 cm3 ; davantage de volume et de chromes pour l’Exciting, conforme aux habitudes des designers asiatiques. Il n’empêche pas moins que les deux scooters offrent un équipement assez comparable. Outre leur motorisation, un 500 monocylindre 4 temps associé à une transmission type variateur, ils sont tout deux dotés d’un freinage intégral et leur coffre sous la selle permet d’accueillir un casque intégral ainsi que de menus effets. Le cockpit Aprilia bénéficie d’une jolie peinture métallisée, la planche de bord est simple mais efficace et lisible. L’intérieur du Kymco se montre à peine moins soigné, les plastiques non vernis cette fois entourant une planche de bord très complète, avec entre autres un compte-tours et une fenêtre à cristaux liquides pour l’indication des kilométrages et de l’heure. Autres originalités taïwanaises, des leviers réglables malheureusement encore trop écartés (même en position mini !) et surtout, un bouchon d’essence très accessible situé sur le côté du tablier et dont l’ouverture est déclenchée par le neiman. Pour sa part, l’Aprilia se contente d’une trappe plus classique au niveau de la poutre centrale. Celle-ci signale d’ailleurs sur les deux scooters une architecture tubulaire très proche. Une fois à bord, leur prise en mains ne révèle donc rien de très différent sur l’un et l’autre, quoi que...

Un Xciting spacieux...
Même si les photos et les fiches techniques ne le montrent pas de façon flagrante, l’impression d’espace joue en faveur du Kymco. Sa selle, certes ferme, offre une assise plus généreuse mais un peu trop haute pour mettre tous les gabarits d’accord. Néanmoins, un pilote de 1,78 m pose les pieds à plat au sol à son bord, alors que sur l’Aprilia, il fléchit bien plus les jambes... Plus compact dans ses lignes mais aussi plus bas, l’Atlantic fait donc davantage penser à un 400, voire 250 cm3 dans ses proportions. Le pilote s’y trouve plus rapproché du guidon, ce qui pourra éventuellement gêner les longues jambes, davantage repliées une fois réfugiées derrière le tablier. Bref, l’ergonomie et l’espace habitable demeurent à cet instant l’avantage du Kymco, avantage qu’il perd illico une fois moteur démarré. Inutile de tergiverser, le Taïwanais a bien du mal à suivre l’Italien sur les tout premiers mètres, même s’il se rattrape passé 30 ou 40 km/h. Plus "rond" dans ses montées en régime, doté d’une transmission plus directe, l’Atlantic décolle promptement du feu, fournit par la suite des reprises très efficaces dans les vitesses usuelles et atteint tout aussi vite sa vitesse de pointe, soit 155 km/h réels.

... et un Atlantic nerveux
Pourtant, derrière, le Kymco se tient loin du ridicule. Avec 148 km/h mesurés en pointe, ses performances demeurent intéressantes. Mais sa surface frontale et surtout un problème de carburation rencontré sur notre modèle d’essai (en outre à peine rodé), lui coûtent cher au final. Durant les tests, notre exemplaire engorgeait aux alentours des 150 km/h compteur, puis repartait à l’assaut pour se stabiliser à 160 km/h. Sans doute ce problème sera-t-il rapidement solutionné, d’autant qu’un autre modèle testé par un confrère ne présentait pas ce désagrément. Mais pour l’heure, il faut bien reconnaître que nos impressions restent mitigées sur ce point alors que le Xciting avance par ailleurs de vraies qualités. Outre son freinage intégral facile à doser (mais pas plus puissant que l’équipement Aprilia malgré les deux disques), sa bulle réglable sur deux hauteurs procure une protection et un confort de conduite avantageux, notamment au niveau des épaules, des bras et de la tête. Générant nettement plus de turbulences et négligeant le haut du buste, l’Aprilia quant à lui se rattrape par un comportement plus vif et rigoureux. Mieux amorties quoique toujours un peu fermes, ses suspensions offrent un meilleur confort (malgré le bourrelet de selle trop rude qui tape dans le bas du dos...) sur les bosses et globalement une tenue de cap sans mauvaises surprises. Ses pneus étroits et son gabarit "intermédiaire" en font incontestablement un scooter plus joueur, d’autant que son moteur répond présent à la moindre sollicitation. Plus pataud et lourd, le Kymco signe ici définitivement sa vocation routière. Chaussé de gommes larges et de moindre qualité (Kenda), il se montre aussi sensible aux différences de revêtement en courbes ou aux rafales de vent. Mieux vaut donc ne pas le forcer au guidon mais plutôt enrouler, d’autant que là encore, ses suspensions privilégient la raideur au confort. En outre, le porte-à-faux important de son gros carter de transmission n’invite pas à tester sa garde au sol en virage...

Le grand large ou la banlieue ?
On le voit clairement se dessiner au fil des kilomètres et des sensations. Malgré des architectures très proches, ces deux scooters s’adressent finalement à deux publics distincts. Plus cossu, le Kymco Xciting s’accommode de la ville sans aisance particulière. Peu maniable et nerveux en accélération à basse vitesse, il se montre bien plus convaincant sur grands axes pour rallier le bureau à la lointaine banlieue ou la campagne. Dans cette utilisation, on apprécie sa protection, son ergonomie agréable et son équipement complet. S’il perd ce match face à l’Atlantic plus homogène, le Kymco Xciting menace avant tout les scooters de cylindrées supérieures par son prix d’attaque. Plus polyvalent mais moins accueillant, l’Aprilia Atlantic s’annonce pour sa part comme le pavé dans la mare des Honda 250 Forza, Suzuki 400 Burgman et autres Piaggio X9 500. Pour ce faire, il leur oppose un comportement neutre et surtout ses accélérations décapantes qui en font un engin redoutable en ville autant que sur les grands axes.
Photos Bertrand Carrière
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Kymco 500 Xciting vs Aprilia 500 Atlantic Sprint : A retenir

Aprilia 500 Atlantic
Calqué sur son petit frère 125 cm3 au niveau design, l’Atlantic 500 bénéficie d’un cadre tubulaire double berceau en acier, robuste, porté par une fourche télescopique de gros diamètre, deux amortisseurs arrière réglables en ressort et des jantes de 14 pouces. Comme la plupart de ses concurrents, il dispose d’un freinage intégral. Le levier gauche actionne l’étrier arrière et un seul des trois pistons de l’étrier avant. Moins puissant que son homologue taïwanais en théorie, ce dispositif apporte pourtant une efficacité au moins aussi intéressante, en stabilisant naturellement le scooter sur tous types de revêtement. A ce tarif, c’est aussi l’un des points forts de l’Atlantic. Autre avantage, son moteur et sa transmission repris du Piaggio X9 ont été retravaillés afin d’optimiser les accélérations. Il est plus "coupleux" (+ 0,2 daN.m au même régime) et délivre sa puissance maxi (inférieure de 2 ch.) 500 tr/min plus bas. Ainsi, malgré sa puissance moindre (37 ch.) que celle du Kymco (43 ch.), le plus léger scooter italien part nettement devant au démarrage et affiche une vitesse de pointe supérieure. Son moteur vibre peu, hormis au ralenti, grâce à un montage dans le cadre via deux biellettes et silentblocs, et une vitesse de rotation moyenne inférieure à celle du bloc Kymco (puissance maxi à 6 750 tr/min). Sa consommation de 5,5 l./100 km lors de notre essai à bon rythme devrait lui permettre une autonomie théorique d’environ 250 km.
Pour le reste, derrière ses mensurations compactes, l’Atlantic dissimule un équipement suffisant et bien adapté à sa vocation urbaine/banlieue. Ainsi, il est doté en série d’une alarme électronique. Sa planche de bord très lisible comprend compteur, kilométrages partiel et total, horloge, jauges de température et d’essence, divers voyants. Dans le tablier, le vide-poche offre deux petits compartiments. Les rétroviseurs positionnés en hauteur procurent un bon champ de vision sans cogner dans leurs homologues automobiles. Deux connecteurs sont prévus pour l’intercom au niveau de la poutre centrale, qui abrite aussi la trappe de bouchon à essence. Le coffre sous la selle abrite une prise 12 volts, une veilleuse, divers outils. Il est légèrement plus spacieux que celui du Kymco. Il peut contenir un casque intégral et possède en outre un petit renfoncement pour y loger une raquette de tennis par exemple. L’espace passager est agréable, la selle accueillante et les marchepieds bien positionnés. Deux béquilles sont proposées en série.

Kymco 500 Xciting
Faute de dossier technique, nous ne pourrons détailler le Xciting. Mais les performances mesurées et comparées nous ont au moins permis de noter son comportement moteur moins vif que celui de l’Atlantic, et notamment un régime moyen de rotation plus élevé. Puisqu’à 160 km/h au compteur (soit 145 km/h réels), il tourne à 8 000 tr/min en début de zone rouge et 500 tr/min après son régime de puissance maxi. Sans doute la transmission reste-t-elle à peaufiner pour lui permettre de mieux gérer ses 43 ch. au service des accélérations et de sa vitesse de pointe. Voilà en tout cas qui explique qu’il vibre davantage que son concurrent, surtout dans les repose-pieds dés les vitesses moyennes. Nous avons aussi noté une consommation moyenne supérieure d’environ 1 l./100 km à celle de l’Atlantic dans les mêmes conditions. Ce qui compte tenu de son réservoir de 18 litres (donnée constructeur à confirmer), ne devrait pas lui autoriser une autonomie plus intéressante que celle de l’Atlantic (env. 270 km en théorie).
Côté équipement, le Xciting fait mieux que l’Atlantic sans creuser un net avantage. Ainsi, lui n’est pas doté d’une alarme en série. En revanche, ses leviers sont réglables mais malheureusement encore trop écartés, même au mini ! Outre ses deux béquilles, il offre un frein à main et un bouchon d’essence très accessibles (ouverture via le neiman). Une petite boîte à gants est aménagée au devant de la selle et dans le tablier. Trop bas et pas assez écartés, ses rétroviseurs offrent une vue limitée sur l’arrière et cognent régulièrement ça et là... La belle planche de bord offre toutes les infos utiles et même un répétiteur visuel lorsque le téléphone portable sonne dans le petit support prévu à cet effet dans le coffre ! Elle comporte aussi un compteur, un compte-tours, des jauges d’essence et de température moteur, une petite fenêtre à cristaux liquides pour les kilométrages partiel et total (en miles et km/h) et une horloge. La selle passager est ferme et spacieuse. Mais la largeur de l’habillage rend la position des jambes peu agréable, tandis que les repose-pieds façon "coupe-jambon" dépassent dangereusement de chaque côté. Le coffre sous la selle peut accueillir un casque intégral, soit moins que ce que les dimensions de l’habillage laissaient espérer... On y trouve aussi une veilleuse, une prise 12 volts et une petite trousse à outils. Une trappe libère un accès (limité) au carburateur. Outre son joli double optique, le Xciting possède une bulle de belle dimension, réglable par vis sur une hauteur d’environ 5 cm .




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