Il va falloir s’y habituer, le passage d’un MBK Ovetto ne sera bientôt plus suivi d’un panache de fumée bleutée et d’un écho de bruit de crécelle. Avec son nouveau bloc moteur, le fabricant de Saint-Quentin relègue le 2-temps et sa combustion de mélange essence-huile au musée. Conçu pour s’intégrer sans modification majeure dans le cadre du modèle 2-temps, ce petit monocylindre se voit doté de 3 soupapes actionnées par un arbre à cames en tête. Dans cette cylindrée, la taille des pièces en mouvement permet de conserver une culasse de petites dimensions malgré le refroidissement liquide. Un choix qui garantit des performances constantes et évite la consommation d’huile en conditions extrêmes. Le radiateur est monté latéralement par souci de simplicité et de compacité. Enfin, l’alimentation en carburant est confiée à une injection électronique associée à un système d’échappement à double catalyse. Des choix techniques qui permettent à cette nouvelle motorisation du groupe Yamaha (dont l’entreprise française est l’une des filiales) de répondre par anticipation aux exigences des normes Euro 3 et suivantes. Alors que MBK avait prévu son utilisation sur l’Ovetto dès la refonte du modèle en 2006, c’est finalement en propulsant les Booster X-Box qu’elle était apparue en concession. Il s’agissait, selon MBK, d’effectuer un test marché. Vendus à plus de 7 000 exemplaires chaque année sur notre marché, l’Ovetto 2-temps est déjà populaire auprès de la clientèle adulte et notamment féminine. Avec des utilisateurs plus soucieux d’économie et d’écologie que les jeunes conducteurs de Booster, l’Ovetto 4-temps semble pour sa part promis à un meilleur avenir commercial.

Réalisation soignée
Reste qu’il sera bien difficile de distinguer cette version de celle équipée du moteur 2-temps, qui reste par ailleurs au catalogue en 2009. Hormis les stickers et le silencieux, il s’agit bien ici d’un seul et même modèle. L’Ovetto 4T possède donc toujours cette allure sympathique et dynamique connue depuis 2006. Une impression de cocon que l’on doit à la reprise de l’ovale pour la forme des phares ou du compteur et aux courbes douces de la carrosserie. L’assemblage rigoureux vient renforcer l’impression de qualité : éléments ajustés, le strict minimum de vis visibles. Si l’on ajoute la belle apparence des plastiques et de la peinture, l’ensemble franchement valorisant sera un atout pour contrer la multiplication de modèles 125 cm3 affichés à un tarif comparable. Certes plus performants, l’assemblage chinois souvent approximatif augure, néanmoins, d’un vieillissement accéléré.
L’équipement n’est pas pléthorique mais suffisant pour l’usage essentiellement urbain auquel l’Ovetto se destine. Ainsi, l’instrumentation digitale informe sur la vitesse, le niveau d’essence, le kilométrage total et partiel. Les voyants de rigueur sont disposés tout autour. La lecture est intuitive et le tout simple mais efficace. Sous la selle, se trouvent le remplissage du petit réservoir d’essence (de 5,4 litres) et le coffre dans lequel un casque jet trouvera sa place sans difficulté. Pour transporter un sac plus encombrant, vous pourrez utiliser le crochet fixé sur le tablier et le plancher plat. Mais ce dernier est assez court et les grandes pointures y trouveront certainement la place comptée. Malgré tout, ils pourront toujours se reculer sur la selle ferme mais confortable. Assez basse, sa finesse dans sa partie antérieure facilitera l’accès aux petits gabarits. Ces derniers apprécieront également la relative légèreté de l’Ovetto. Sans se montrer un poids plume pour autant, les 88 kg à sec annoncés se déplacent avec aisance et rendent enfantin l’usage de l’unique béquille centrale sur laquelle notre modèle d’essai chauffe tranquillement.

Puce urbaine
La légèreté ressentie à l’arrêt se confirme dès les premiers tours de roue : l’Ovetto 4T offre une prise en main évidente. Une fois en selle, son petit gabarit se combine avec ses jantes de 12 pouces de diamètre et l’excellent rayon de braquage pour lui offrir une maniabilité diabolique dans le trafic urbain. On s’amuse rapidement à exploiter chaque espace libre pour se faufiler entre les voitures, d’un feu tricolore à l’autre. Lorsque celui-ci passe au vert, les 3 petits chevaux du moteur vous permettent de démarrer nerveusement puis d’accélérer rapidement jusqu’à 20 km/h. Ensuite, un peu moins démonstratif jusqu’à 35 km/h, il se montre finalement plus vigoureux jusqu’à sa vitesse maximum. Dans le meilleur des cas, le compteur dépassera tout juste les 50 km/h... Et oui, 50 cm3 oblige, la réglementation bride le potentiel dynamique de ce mini-monocylindre à 45 km/h réels. Un choix certainement pertinent à l’époque du solex mais qui s’avère moins cohérent aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, ce MBK vous fera oublier les radars et montrera une bonne volonté pour arpenter les boulevards dégagés, même en duo. L’Ovetto est franchement ludique aux heures de pointe et dans les petites rues du centre-ville, même si son empattement court et ses amortisseurs un peu raides le font parfois sautiller. Mais il reste d’une stabilité rassurante en toutes circonstances. Y compris au freinage. Efficace et dosable, il se montre d’un très bon niveau malgré la présence d’un simple tambour à l’arrière. Ainsi, il est possible d’exploiter le grip des pneus même sous la pluie. Dans ces conditions, la protection d’origine n’est évidemment pas fantastique. Le pare-brise et le tablier Tucano-Urbano disponibles en option amélioreront sans nul l’ordinaire des citadins du nord de la Loire.

Abordable et à la hauteur
Dans les concessions au 15 novembre 2008, à 1 899 € - soit 200 € de plus que la version 2-temps - l’Ovetto 4-temps rendra les mêmes services qu’un scooter low-cost fabriqué en asie, aussi abordable mais moins soigneusement assemblé. Plutôt économique à l’usage et d’un entretien réduit, son petit moteur refroidi par eau se montrera certainement plus fiable et endurant qu’un équivalent refroidi par air. Et en cas de pépin, vous trouverez facilement un concessionnaire MBK pour assurer le SAV. Finalement, nous lui reprocherons juste une consommation moyenne de 2,85 l./100 km. Certes inférieure à celle du moteur deux-temps, on l’aurait néanmoins aimée plus faible au regard celle affichée par certains 100 cm3 taïwanais pourtant plus rustiques.
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