Il est bien loin le temps où les deux-roues motorisés signés Motobécane et issus de l’usine picarde de Saint-Quentin tenaient le haut de l’affiche. Déjà parce que, depuis 1984, Motobécane est devenu l’entreprise MBK que l’on connaît aujourd’hui. Puis deux ans après, le constructeur français est entré dans le groupe Yamaha, ce qui lui a alors permis d’acquérir une autre envergure sur le plan international. Revers de la médaille et logique de groupe oblige, si la marque excelle sur le marché du 50 cm3, avec notamment son emblématique Booster, elle est un peu moins présente sur celui des 125 cm3. Pour info, il se vend 6 fois moins de MBK Skycruiser que de Yamaha X-Max ! Yamaha est en tête des ventes du segment et, vu l’a réputation du constructeur japonais, il est assez logique que les scooters 125 cm3 du groupe soient tout d’abord présentés sous le logo aux trois diapasons. Question d’image... Mais une fois n’est pas coutume, cette année, c’est MBK qui dégaine le premier et nous présente le nouveau fer de lance de la flotte GT du groupe. Le Skycruiser, jumeau du nouveau X-Max 125 (que nous essaierons très prochainement) nous a dévoilé son comportement au quotidien.

Il gagne en confort
Nul besoin de s’étendre trop longtemps sur les changements esthétiques de cette nouvelle génération de MBK. Pour visualiser tous les détails concernant ce lifting, nous vous invitons plutôt à relire l’essai que nous avons pu faire du Yamaha X-Max 250 présenté à la fin de l’année 2009 (lire l’essai sur Scooter-Station). Disons seulement que les lignes du scooter gagnent en sportivité. Mais dès que l’on s’installe à son guidon, on sent qu’il a également progressé en confort. Il n’y a rien à redire quant à l’ergonomie des commandes. Celles-ci rendent toujours la prise en main très aisée, voire instinctive. En revanche, on note un vrai changement au niveau de l’assise. Plus que son accessibilité améliorée par un abaissement d’un petit centimètre (ce qui la rend encore plus accueillante pour les petits gabarits), on remarque que son nouveau dessin atténue le retour de mousse entre les jambes. Il est donc plus aisé d’enchaîner les heures de roulage, comme de se déplacer sur le siège afin de faire varier les positions de conduite. D’ailleurs dans ce registre, le Skycruiser 125 n’a jamais si bien porté son nom, puisqu’avec les deux dégagements dorénavant présents au niveau de la partie basse de son tablier, le pilote peut allonger ses jambes. Il peut ainsi "cruiser" tranquillement, mais aussi piloter sportivement dès lors que ses pieds se placent sur le plancher situé de part et d’autre du tunnel central. Un dernier point sur l’évolution de la protection du pilote nous apparaît important à signaler : le nouveau dessin de la proue, qui permet aux jambes d’être mieux protégées. Par contre, comme le scooter (de série) perd ses protège-mains et que sa bulle conserve quasiment la même hauteur, des perturbations désagréables sur le casque et les épaules persistent à vitesse élevée.

Tenue (de route) correcte exigée !
Le confort avéré du GT métamorphosé se confirme dès les premiers tours de roues. Non pas que son assise soit plus moelleuse, elle est toujours aussi ferme, mais l’amélioration est due à l’adoption d’une nouvelle fourche au débattement accru. 110 mm de course, contre 94 mm auparavant, cela ne passe pas inaperçu ! A l’arrière, le constat est le même puisque les amortisseurs bénéficient de nouveaux réglages les rendant plus souples. La perte de fermeté sur ce combiné avant et arrière pouvait faire craindre une diminution de la légendaire précision du Skycruiser, mais pas du tout. Seul son aspect "bout de bois" disparaît. Grâce à son châssis, sa tenue de route ne souffre aucune critique. D’ailleurs, le nouveau cadre rigidifié encaisse sans sourciller une puissance et des vitesses bien supérieures, comme nous avons pu le constater sur l’essai du modèle Yamaha propulsé par le moteur de 250 cm3. Décidément, le comportement de ce scooter est bel et bien celui qui se rapproche le plus de la conduite d’une moto. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui car, comme nous en informe MBK, la répartition des masses a été revue. Avec plus de poids sur l’avant, le GT se maîtrise plus aisément. On en oublierait presque l’effet gyroscopique de la grande roue avant de 15 pouces. Du coup, parfaitement stable sur l’angle à haute vitesse, le Skycruiser est tout aussi à son aise aux rythmes plus coulés qu’impose la conduite urbaine, en particulier pendant les heures de pointe. Rares sont les GT à pouvoir afficher une telle polyvalence. Et également une telle sécurité, grâce à son freinage très puissant qui se dose toujours du bout des doigts.

Manque de rodage, mais pas de fignolage...
Aux côtés des améliorations portées à la partie cycle, la motorisation bénéficie elle aussi de quelques mises à jour, qui demeurent néanmoins imperceptibles au pilotage. Le Skycruiser 2010 possède en effet un nouveau radiateur d’eau qui, d’après le constructeur, améliore la capacité de refroidissement de 10%. Les performances générales du monocylindre 4T à injection ne nous sont néanmoins pas apparues changées. En même temps, elles figuraient déjà comme référence de la catégorie, tant en terme de puissance au démarrage, de reprise, d’allonge, que d’agréments. En revanche, l’engin qui nous a été confié n’affichant qu’une cinquantaine de kilomètres au compteur, nous avons parfois constaté quelques manquements à la vivacité bien connue du modèle. Gageons que cela soit uniquement dû au rodage "en cours" de notre véhicule d’essai. Outre son moteur performant, le nouveau MBK s’apprécie également pour ses aspects pratiques revus à la hausse. Le grand coffre est toujours capable d’engloutir deux casques intégraux, quant à la boîte à gants verrouillable et de surcroît dotée de la connectique pour une prise 12 V, son volume est quasiment doublé. S’apprécie aussi le haut niveau de finition, à l’image de la qualité des plastiques, de la selle ou de cette petite pièce métallique placée à son extrémité. Même son nouveau tableau de bord, comparable à celui qui équipe les maxiscooters sportifs du groupe, ne souffre aujourd’hui aucune critique. Luxueusement conçu dans des matériaux de choix et rétro-éclairé de rouge, il distille toutes les informations classiques, et plus encore puisqu’il dispose par exemple d’un compte-tours et d’un indicateur de température extérieure. Indéniablement, le GT a rattrapé son retard et même pris une nouvelle longueur d’avance au niveau de cet équipement.

Bilan : il frôle la perfection
Que ce soit pour son nouveau style plus accrocheur, son confort optimisé (un des points noirs de l’ancienne version), son comportement routier ou sa fonctionnalité, ce nouveau 125 est indéniablement une réussite. Le mieux conçu et certainement un des mieux équipés, il n’en est pas moins le plus cher de la catégorie GT puisqu’il s’échange contre la somme de 4 199€. L’investissement en vaut-il le coût ? Nous nous risquons à répondre oui. Certes, on peut trouver meilleure offre sur le segment GT, et également meilleur équipement puisque cette évolution de Skycruiser ne dispose toujours pas de l’ABS. En revanche, question polyvalence d’utilisation et rigueur de la partie cycle, le MBK Skycruiser (ou Yamaha X-Max) n’a, à ce jour, toujours pas d’équivalent. Cette évolution stylistique mêlant sportivité et élégance devrait encore accroître l’écart avec la concurrence. A voir maintenant si le modèle siglé MBK sera en mesure de rattraper son clone estampillé Yamaha.
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