L’arrivée de ces deux nouveaux Peugeot constitue un événement, car c’est bien la première fois que le constructeur français se lance dans le segment des scooters de grosse cylindrée. Les adversaires des deux Satelis se nomment Suzuki Burgman et Yamaha Majesty 400, Piaggio X9 et Aprilia Atlantic 500... Des scooters animés par des bons moteurs monocylindres et déjà bien installés sur le marché. Nous avons découvert les nouveaux Peugeot sur leur terre d’origine, en Franche-Comté.
Certes, le Satelis 125 et le 250 font maintenant partie intégrante du paysage scooter français, mais l’esthétique Peugeot, classieuse et sans chichi, fait toujours mouche. Les derniers nés n’échappent pas à cette règle. Ils se différencient des autres modèles par les mentions 400 et 500 discrètement affichées sur la proue, par les ouïes d’évacuation de la chaleur au niveau du tablier, par une fourche de plus gros diamètre, par des disques de frein plus grands et par une roue arrière de 14 pouces. Parée d’un pneu de 150, cette dernière "remplit" le scooter et lui donne un air plus que sérieux. La finition a progressé et sent bon l’expérience automobile du constructeur. Le tableau de bord, très rationnel, n’oblige pas à naviguer dans les fonctions : l’afficheur numérique donne d’office toutes les informations disponibles et reste parfaitement lisible ! Les grands voyageurs pourront juste regretter l’absence d’un second trip. Conçus pour des conducteurs de petite ou grande taille, grâce aux encoches prévues dans le plancher et au confortable espace disponible entre selle et tablier, les deux Satelis se montrent très accueillants. Le long plancher au revêtement "confort" autorise un placement optimal, et les trois positions de jambes envisageables (devant, à plat et à l’arrière) réduisent d’autant les risques de fatigue sur les longs trajets. Le guidon bas offre une excellente prise en main et garantit une bonne maniabilité en ville. Il faudra toutefois s’habituer, en fonction de votre taille, au dosseret de selle conducteur très relevé, reculé et non réglable en profondeur. On profite par contre pleinement du confort d’une selle assez bien conçue. Le passager est également choyé et son dosseret monté en série se montre bénéfique lors des accélérations. Face à une concurrence très aguerrie, Peugeot ne voulait en tout cas rien laisser au hasard. Coté ergonomie, c’est réussi ! Mais voyons ce que valent les deux Satelis sur route...

Le DSL pour un comportement optimisé
Peugeot Motocycles n’a pas non plus lésiné sur la partie cycle du scooter. Pour compenser quelques phénomènes parasites habituellement constatés sur les parties cycle de scooters de grosse cylindrée, les ingénieurs Peugeot ont développé et breveté un astucieux système, le DSL (pour Dual Swinging Linkage - double liaison articulée). Il s’agit d’un système de support moteur monté sur silentbloc afin d’atténuer les vibrations et absorber une partie des mouvements parasites du monocylindre. En théorie, c’est super, dans la pratique le tableau s’avère plus contrasté, surtout à haute vitesse. Les Satelis 400 et 500 se montrent effectivement très intuitifs, et leur neutralité comme leur stabilité naturelle les rendent faciles à vivre. Aucune hésitation en ville, on les place à l’oeil, le confort feutré de la partie cycle prévaut même à basse et à moyenne vitesse. Osez tout, y compris les demi-tours très serrés, le Satelis s’exécute en douceur. Sur les petites routes piégeuses que nous avons rencontré tout au long de l’itinéraire entre Ornans, Boussières et Quingey, nos maxi scooters Peugeot se sont montrés plus sains que leurs homologues de petites cylindrées ne disposant pas du DSL. Ils ont également prouvé que leur confort de roulage moindre comparé à celui du Burgman 400, était largement compensé par un tempérament plus rigoureux et nettement plus joueur. Relativement sportifs dans leur conception, les Satelis rivalisent également avec le Majesty 400 question vivacité. Ils affichent par contre un bien meilleur niveau de suspension et une protection nettement supérieure. Pour une conduite en duo en revanche, un petit réglage de la suspension s’impose. Coté freinage, on remarque un arrière puissant et facilement dosable et l’avant qui manque un peu de mordant. Les plus exigeants à ce niveau, ne manqueront pas de choisir la version "Executive" dotée du système de freinage couplé et assisté ABS/PBS. Les Satelis 400 et 500 s’affirment donc comme d’excellents compromis pour les voyages menés bon train sur routes variées, sans perdre de leur intérêt en agglomération. Un fameux compromis.

400 flâneur et 500 bretteur
Le bloc moteur de 500 cm3 offre un agrément de conduite supérieur au 400 cm3, car outre des accélérations et des reprises bien plus pétillantes, il garantit un niveau de vibrations inférieur. De plus, le premier affiche une vitesse maximale de 161 km/h réels, contre 152 km/h réels pour le deuxième. Une fois élancés, pourtant, leurs comportements s’avèrent similaires : ils filent promptement vers leur vitesse maxi, mais le 500 dispose d’une poussée supplémentaire aux environs de 110 km/h alors que l’accélération du 400 reste linéaire. Mais attention, le 400 ne peine pas à s’accrocher au rythme lors d’un roulage rapide avec les collègues. Fait très agréable sur les deux Satelis, on peut rouler très vite sans que la protection ne soit prise à défaut. Seul un phénomène nous a surpris : la vitesse maximale approchant, certains modèles d’essai (400 et 500) affichaient un niveau de vibrations assez importantes, en contradiction presque avec les mérites annoncées du système DSL... À noter aussi un échappement à la sonorité sportive qui dégage un son sourd très agréable (mais qui pourrait gêner sur long trajet). Les rétroviseurs panoramiques, lisibles et facilement réglables, limitent au maximum les angles morts. Niveau efficacité, seuls ceux qui souhaitent adopter une conduite musclée, s’extraire rapidement d’une courbe, rouler en duo ou affronter de grandes montées trouveront le bénéfice du 500. Si vous êtes jeune permis (donc limité à 34 ch.) ou que vous privilégiez la souplesse, le 400 et son tarif d’appel suffiront largement. En ville par ailleurs, le 400 semble presque parfait. Reste qu’avec un Yamaha X-Max 250, quasiment aussi performant, plus rigoureux, mais avec un coffre moins volumineux, les Satelis 400 City et Premium auront fort à faire. Son prix étant bien plus attrayant (4 490 €) ! Notre préférence va donc naturellement au 500 principalement pour son aptitude au voyage, sa disponibilité en duo et ses reprises plus sûres.

Un bilan très positif
Agréables et polyvalents, très bien conçus et bien équipés, les Satelis 400 et 500 constituent une possibilité d’évolution pour ceux qui seraient passés par la case "125". Face à la concurrence en tout cas, ils n’ont pas à rougir tant au niveau des performances que du comportement routier. Leur facilité de prise en main fait d’eux de sérieux challengers dans la catégorie des maxi scooters dotés d’un moteur monocylindre. La finition, s’avère aussi au rendez-vous et le tarif très étudié (compris entre 5 299 et 6 599 € pour 3 niveaux de finition). Dans leur version Exécutive, les Satelis peuvent carrément être considérés comme des GT de luxe à prix serrés.
Satelis 400
![]() |
![]() |
|
|
Satelis 500
![]() |
![]() |
|
|
Peugeot Satelis 400 et 500 : A retenir
Les finitions
Comme toujours chez Peugeot, on retrouve trois niveaux d’équipement de type incrémental.
Premium : phares halogène, anti-vol électronique, dosseret passager
City : finition Premium avec chaîne anti-vol ABUS intégrée
Executive : finition City avec le système de frein ABS/PBS
A noter que bien qu’intégré au châssis des versions Premium, le système antivol n’est pas exploitable et ne pourra pas être mis en place à posteriori, compte tenu du prix des pièces (carrosserie, boucle arrière, chaîne anti-vol, etc.).
Les tarifs
| Satelis 400 cm3 | Satelis 500 cm3 |
|
|
Ce qui change par rapport au 125 cm3
cadre renforcé
système DSL intégré
roue arrière de 14 pouces, pneu de 150/70
ouïes d’évacuation d’air chaud dans le tablier
fourche de diamètre 40 mm
disque de frein de diamètre 260 à l’avant et 240 à l’arrière
nouveau pare brise
dosseret de selle passager de série
selle au revêtement en deux matières
échappement inox
Différences entre le 400 cm3 et le 500 cm3
puissance de 37,43 contre 32,6 ch.
couple 4,1 daN.m / 3,8 daN.m
réglage du DSL sur le 500 cm3
logo sur le flanc gauche de la proue

Moteur Piaggio
S’il fut un temps où l’on mettait un lion (ou un tigre) dans son moteur, la firme Franc-Comtoise a choisi de s’allier au géant Piaggio pour attendre ses objectifs. On retrouve donc deux moteurs de 400 et 500 cm3 de provenance italienne dans les nouveaux Satelis. Alimentés par injection électronique, ils émettent 60% de monoxyde de carbone en moins. Bien entendu, ils sont conformes Euro3.
Le 500 cm3 consomme environ 4,5 litres au 100 kilomètres en rythme mixte et les 14 litres du réservoir autorisent un kilométrage pouvant dépasser les 300 km.
Le 400 cm3 se révèle légèrement moins gourmand, surtout si l’on tient compte de l’inutilité de trop tourner la poignée compte tenu de sa moindre réactivité.
Secondé par un échappement très chantant, le moteur d’origine Piaggio trouve ici de quoi s’exprimer pleinement en termes de rapport poids/puissance et de sonorité.

ABS/PBS : le freinage assisté selon Peugeot
L’ABS réduit les distances de freinage de 20%, tandis que le PBS combine un freinage avant arrière et gère l’assistance. Si l’ABS agit seulement sur l’unique frein avant (donc la poignée droite), le duo ABS/PBS n’est accessible que par le levier gauche, celui qui est instinctivement le plus sollicité par les conducteurs de scooter. Le PBS agit comme un relais entre le levier et l’étrier de frein et contrôle la puissance quelle que soit la pression exercée par la main. Le levier se ramollit donc au serrage des freins et le système prend littéralement la main, remplaçant la gestion humaine. Voilà un très bon système qui surprend avant de convaincre, étant donnés sa puissance et son efficacité. On apprécie d’autant plus la nouvelle selle peu glissante !

Équipé sauvage
Côté équipement, la finition est léchée, et les défauts de jeunesse du 125 ont été corrigés (vide-poche de guidon et plancher ont été renforcés), on regrettera juste un coffre non éclairé. En revanche, la commande d’ouverture électrique s’actionne avec la clé de contact. A noter que la télécommande d’ouverture du coffre (en option) se désactive une fois le moteur en marche.
Le coffre dispose d’une belle capacité de chargement, mais une fois deux intégraux positionnées sur le flanc, il n’y a plus de place disponible. Il restera donc à se rabattre sur la boîte à gants spacieuse, laquelle se trouve sur le tablier, côté gauche. Fermant à clef, elle contient une bouteille d’eau d’1L et abrite la prise 12 V. Le petit vide poche inclus dans le guidon est suffisamment vaste pour transporter un téléphone portable. En revanche, il ne tient pas ouvert seul et l’ergot en plastique du système de fermeture reste assez fragile. Manipulez-le avec précautions. Enfin, la boucle accroche-sac en deux parties du tablier dépannera en cas de besoin. Attention toutefois, le traitement surface du tablier peut s’abîmer.
Les Satelis 400 et 500 sont dotés d’une béquille latérale très stable et d’une centrale que le poids (220 kilos environ en ordre de marche), bien réparti, et le centre de gravité bas rendront facile à déployer, notamment à l’aide de la poignée passager.
Le Duo est en effet de mise pour ces Satelis, l’espace réservé au passager est cossu, douillet et complet. Sa selle se montre épaisse, l’excellente prise en main des poignées et la présence du dosseret le rassureront. Seul l’espace réservé aux pieds reste étroit.
L’instrumentation de bord intègre un affichage digital qui donne la température extérieure et la température moteur, l’heure, ainsi que les informations sur la charge de la batterie et le niveau d’essence. Elle contient également un odomètre et un trip journalier.
Nous avons apprécié la couverture de selle anti-pluie incluse d’origine dans la partie antérieure de la selle. Facile à sortir et à ranger, elle ne pêche que par une trappe peu agréable à manipuler.

La sécurité en plus
Les version City et Premium des Satelis sont dotées en série d’un système antivol mécanique de type chaîne de marque ABUS. Cette dernière vient se verrouiller dans le mécanisme inclus dans la boucle arrière du cadre du Satelis, en dessous des feux de signalisation. Argument marketing peut être, mais assurément sécuritaire, l’éclairage est confié à deux ampoules H7 (celles de la 407). La nuit, c’est lumière à tous les étages.
Trois questions à Claude ALOMBERT, directeur Marketing, Communication et Style chez Peugeot Motocycles
Comment se porte notre marque nationale ?
"Peugeot Motocycles progresse rapidement et la présence de la marque est de plus en plus significative. Le développement de la gamme Satelis et Geopolis a coûté plus de 20 millions d’Euros. C’est un gros investissement pour une petite structure comme Peugeot Motocycles. Grâce au succès du Satelis à travers l’Europe, nous envisageons une rentabilité sous 2 ans. Il faut savoir que l’exploitation de la gamme se fera sur 8 ans. Bien sûr, les modèles évolueront, que ce soit au niveau style ou encore technique, mais nous allons également diversifier les modèles."
Quels autres modèles ?
"Nous allons également investir le créneau des scooters plus légers, et développer des produits meilleurs marché en complément des scooters de grosse cylindrée de type GT. Ils conserveront bien entendu la touche et la technologie Peugeot, ainsi qu’un certain standing, mais leur prix de vente sera inférieur à ceux des Satelis par exemple. Nous allons d’ailleurs présenter de nouveaux modèles au Mondial du deux-roues..."
Pouvez vous nous en dire plus ?
"Je suis désolé, je ne peux pas pour l’instant. Mais il s’agit d’une belle surprise. Si les aspirations sportives de la marque ne sont pas encore à l’ordre du jour, des modèles comme le BlackSat laissent présager de jolies séries spéciales à même de faire de l’ombre au S-Wing de chez Honda. Septembre promet une rentrée chaude en actualité pour Peugeot !"








Infos pratiques


Fiche technique

