Si les scooters à grandes roues ne font pas recette sur nos routes françaises, ils dominent littéralement le marché transalpin, sur lequel ils représentent la moitié des ventes. C’est tout simplement énorme ! Pour leurs trajets quotidiens, les Italiens consomment donc du "grandes roues" à tel point qu’ils en accaparent 83 % de la production européenne. Peugeot l’a bien compris. Après avoir introduit le Geopolis sur le segment des GT à grandes roues, l’entreprise sochalienne a lancé l’an passé un autre scooter aux trains roulants bien proportionnés, mais cette fois plus compact et plus abordable : le LXR 125. Pour proposer une offre complète, ne manquait plus qu’un premier prix sur ce segment. Mais comme la phase de développement prend beaucoup de temps et que la marque n’avait pas deux ans devant elle, elle a fait pour la seconde fois appel aux services du constructeur Sym. Après le Sym HD devenu Peugeot LXR, un autre Taïwanais se voit estampillé d’un lion rugissant : le Sym Symphony. Restylé par une équipe de designers français, il se mue en ce Tweet 125. Détaillons ce transfuge.

Subtile séduction
Le premier coup de crayon de la "french team" s’est apposé sur sa face avant. Délaissant le capotage de guidon et le garde-boue d’origine asiatique, les stylistes ont concentré leurs effets sur la "calandre" du scooter, reprenant l’identité des voitures de la marque. Dans un style plus arrondi que sur le Vivacity par exemple, le Lion encadré par des clignotants translucides s’installe en position centrale sur une bande chromée. Derrière, l’assise surpiquée est constituée d’un cuir de qualité. Elle prend appui sur un bloc anguleux et profilé, ponctué par un large feu. Plus que sur le Sym, on est ici séduit par la qualité de fabrication et les matériaux cossus. Quant à l’équipement, cette entrée de gamme ne démérite pas. En effet, elle offre des repose-pieds escamotables en aluminium, un porte-paquet lui aussi en alu, deux béquilles, une boîte à gants verrouillable et un coffre dont l’ouverture se déclenche au guidon. Même la planche de bord a été traitée avec soin, ce qui n’est pas toujours le cas dans cette catégorie financièrement abordable. Au côté du compteur de vitesse "à aiguille", on trouve un bloc digital qui possède une horloge, un totaliseur partiel et une jauge à essence segmentée. L’installation du pilote est facilitée par une bonne échancrure et une hauteur de selle raisonnable. Les pieds d’une personne mesurant 1,70 m touchent sans mal le sol.

Gare aux chaussées défoncées
Le guidon est cintré juste ce qu’il faut pour tomber naturellement sous la main, mais il aurait mérité un poil plus d’envergure pour favoriser la manoeuvrabilité. L’angle prononcé de la colonne de direction renforce également la sensation d’un train avant un peu figé lors des mouvements à l’arrêt et des évolutions à basse vitesse. En ordre de marche, la sensation de stabilité distillée par les grandes jantes de 16 pouces est immédiate. Le cadre se révélant par ailleurs très rigide, la tenue de route n’en est que meilleure. Mais sur les départementales espagnoles de la Rioja, qui ont servi de cadre à cet essai, le Tweet a montré certaines limites. Si nous n’avons rien à redire sur ses qualités dynamiques, y compris en virage et à haute vitesse, nous sommes en revanche plus circonspects quant à son comportement sur chaussée dégradée. La sécheresse de la fourche renvoie chaque aspérité dans les bras. Du coup, les poignets fatiguent et le pilotage est moins rassurant. Ce manque de progressivité à l’avant est sans commune mesure avec la bonne hydraulique des deux combinés arrière. Notez d’ailleurs que dans ce registre, le Tweet fait mieux que le Symphony, qui ne possède qu’un seul amortisseur. Le grandes roues présente donc un confort raisonnable, et comme son assise est moelleuse, il transporte en toute sérénité pilote comme passager. Question sécurité, il n’est pas en reste non plus. Ses deux disques lui assurent un freinage de bonne tenue. L’arrière ne bloque pas et si nous déplorons un manque de feeling sur l’avant, le mordant demeure tout de même correct.

Une mécanique simple et sobre
En solo ou en duo, le Tweet fait montre d’une bonne vivacité, ce qui est assez étonnant pour un scooter de sa catégorie. Son gabarit contenu, son faible empattement, mais surtout son poids plume et sa bonne mécanique l’aident en ce sens. Les accélérations de ce moulin le placent dans la bonne moyenne. Le moteur prend ses tours de façon linéaire ce qui est un plus pour favoriser les mi-régimes et les reprises à 50 km/h. Au delà, il ne faut pas demander l’impossible à ce monocylindre basique refroidi par air. A 70 km/h, il montre déjà des premiers signes d’essouflement, et peine de plus en plus pour atteindre sa vitesse maximale de 105 km/h (compteur). On appréciera toutefois sa discrétion et surtout sa faible consommation. Nous n’avons malheureusement pas pu convenablement l’établir sur cet essai, néanmoins ce bloc est le même que celui qui équipe le Sym, dont nous savons qu’il sirote seulement 3,5 l/100 km. A l’épreuve de la ville, cette sobriété est la bien venue. Dans la mesure où le réservoir ne contient que 5,7 litres, l’autonomie que nous établissons à 160 km reste tout de même dans la moyenne du segment.

Bilan : Fonctionnel et bien placé
Alors que Sym monnaie son Symphony 1 599 €, Peugeot facture son clone 1 799 €. Deux cents euros de plus donc, c’est une somme, surtout sur ce segment des premiers prix. On serait alors tenté d’accuser la marque au Lion de "marger" plus que de raison sur ce scooter. Ne perdons pas de vue toutefois que le Tweet semble plus moderne et surtout mieux fini que son homologue taïwanais. Aussi, il bénéficie de freins à disques à l’avant comme à l’arrière et de deux amortisseurs pour favoriser son confort. Enfin, avec la garantie Peugeot et le service après vente qui en découle, ce scooter grandes roues franco-asiatique devient tout de suite plus rassurant pour le client. Ce qui n’est pas forcément un mal afin de (re)lancer la famille des "grandes roues". Ces engins à la fonctionnalité inégalée méritent en effet une bien meilleure considération sur notre marché hexagonal, toujours dominé par les scooters GT.
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