Avec cette nouvelle production, Piaggio espère bien mettre le feu aux poudres et inviter les Français à s’asseoir sur la selle des maxiscooters à grandes roues. Car il faut bien avouer que pour le moment, la sauce ne prend pas. Les ventes de ces engins ne sont vraiment pas folichonnes... Sur le créneau 125 cm3, elles peinent déjà, et si l’on monte en cylindrée, les volumes sont carrément anecdotiques. Songez, par exemple, que la première vente du segment est le Honda SH 300, qui a trouvé 181 propriétaires l’an passé... A contrario, cette catégorie est en tête des ventes en Italie, par exemple, où ce même Honda s’est vendu à plus de 16 000 unités en 2009. Cela laisse rêveur ! Bien entendu, la législation transalpine concernant les équivalences avec le permis auto (B) est plus clémente qu’en France. Sans compter que beaucoup d’agglomérations ont conservé leurs voies pavées. Nos voisins italiens ont donc besoin d’engins aux plus grandes roues afin de rouler dans de meilleures conditions. En France, nous n’avons pas ce problème. Privilégiant les aspects pratiques de nos montures, nous affectionnons particulièrement les modèles GT. Toutefois, le poids de ces engins peut parfois constituer un frein à l’achat. Longs et lourds, les maxiscooters GT sont patauds à faible allure.

Le Cruiser est-il bien taillé pour la croisière ?
La facilité de prise en main de cet engin est déconcertante. On apprécie déjà son ergonomie. La selle est suffisamment large pour procurer un bon confort et le léger retour situé entre les jambes bien étudié pour assurer un maintien optimal. L’échancrure de l’assise favorise les petits gabarits. Les luxueuses commandes tombent naturellement sous la main et comme la planche de bord est située assez bas, le pilote dispose d’un large champ de vision. En ordre de marche, le nouvelle génération du moteur Quasar de 250 cm3 est une réussite. Outre le fait que ce coeur bénéficie maintenant de l’injection, sa cylindrée est dorénavant portée à 278 cm3. L’agrément n’en est que meilleur. Ce Carnaby est puissant et son peps s’apprécie sur toute la plage de son compte-tours. En ville, son terrain de prédilection, la vive accélération au démarrage favorise les départs aux feux. Et comme l’engin est un poids plume sur son créneau (seulement 164 kg à sec), cet effet "tire-bouchon" perdure jusqu’à sa vitesse maximale. Cette dernière, affichée à 135 km/h au compteur, est raisonnable pour la catégorie, mais l’atteindre n’est pas des plus agréables pour le pilote. Le Carnaby manque en effet cruellement de protection. La largeur de sa face préserve les jambes, en revanche l’absence d’un saute-vent est incompréhensible sur un scooter censé également évoluer sur des axes rapides. Cette mouture du Carnaby n’est donc pas la plus polyvalente. Son terrain de jeu doit donc se concentrer sur la ville. Là, le Carnaby excelle grâce à sa maniabilité. Nous avons déjà évoqué sa légèreté d’ensemble et la vivacité de sa mécanique, mais il faut également noter l’importance de son faible gabarit allié à un très bon rayon de braquage. On en oublierait presque qu’il dispose de grandes roues !

Rassurant, en toutes circonstances
Un bref passage sur les routes départementales nous évoque un point essentiel de cette catégorie de maxiscooters : la bonne tenue de route. On retrouve ici les caractéristiques de la partie cycle bien dimensionnée en 16 pouces, associée à un châssis rigide et à une fourche ferme. Il y a de la rigueur dans ce comportement, ce qui inspire une grande sérénité, notamment sur l’angle. Quel que soit le rythme adopté et la vitesse de passage en courbe, le Carnaby 300 ie Cruiser se cale dans son rail. Côté freinage, il inspire également confiance avec son système à disques, puissant et dosable. Du moins sur la partie avant, car l’arrière a tendance à bloquer facilement. Méfiance ! En revanche, on peut lui faire confiance pour transporter avec beaucoup de confort, seul ou à deux. Les deux amortisseurs arrière réglables sont des accessoires de qualité. Ils répondent parfaitement à la philosophie de ce grandes roues et contribuent à sa précision. En même temps, ils demeurent bien étudiés pour amortir avec onctuosité et ne pas communiquer chaque aspérité du bitume. Le passager ne dispose pas d’un espace illimité, néanmoins il bénéficie de repose-pieds escamotables.

Un scooter élégant aux formes originales
Au registre des aspects pratiques, ce maxiscooter à grandes roues offre un peu plus que le minimum syndical. Les points positifs se concentrent au niveau de son plancher plat et de son porte-paquets de série. Le Cruiser dispose aussi d’un vide-poche dans son tablier, mais nous déplorons la petitesse des espaces offerts. De plus, le coffre sous la selle est lui aussi très peu spacieux. Seul un casque demi-jet peut s’y ranger et comme l’engin est capable d’atteindre une vitesse raisonnable, l’usage de ce type de heaume est à proscrire. Il n’a pas non plus de béquille latérale, ce qui empêche de bien le parquer en toutes circonstances. A côté de cela, nous sommes séduits par l’élégante présentation de ce deux-roues. Son design est dans l’ensemble original et "classieux", même s’il est vrai que nous restons un peu circonspects quant aux formes du bloc compteur juxtaposé au phare. Pour le reste, les rondeurs des carénages sont plaisantes, tout comme la finition des matériaux employés. Le capotage avant est agrémenté de parties chromées. Cette belle matière se retrouve également sur les poignées, sur l’entourage du phare et sur les compteurs.

Bilan : un rapport qualité/prix qui pousse à la réflexion
La gamme Piaggio propose déjà un maxiscooter à grandes roues de 300 cm3, le Beverly Tourer. Pourquoi alors lancer le Carnaby 300 ? Tout bonnement Pour contrer l’offensive du Honda SH 300. Piaggio, piqué au vif par le scooter japonais, en particulier sur ses propres terres, se devait de réagir en proposant un engin plus agile, plus vif et moins coûteux que le cossu Beverly (4 310€). Echangé à seulement 4 010€, le Carnaby 300 ie Cruiser est une bonne affaire, surtout comparé au Honda vendu 1 780€ de plus (5 790€). Il a donc toutes ses chances pour peut-être faire de l’ombre au SH. Mais de là à affirmer qu’il va permettre à la gamme des maxiscooters à grandes roues d’exploser en France, il y a un pas qui, pour l’instant, nous semble plus proche du fossé...
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Infos pratiques



Fiche technique
Note générale :
Très vif de 0 à 110km/h, il dépose presque tous les engins motorisés en parcours urbain. Sa maniabilité est exceptionnelle. Idéal en ville, sur voie express et les parcours de 50 à 80 bornes... A près la position "fatigue" le pilote. Indispensable : il faut lui greffer un pare brise optionnel Piaggio très efficace et peu sensible au vent latéral. L'éclairage est très correct et l'appel de phare pratique, comme le plancher plat pour transporte, aidé en cela par le crochet (on y emmène un cabas et les courses pour la semaine)... Je le trouve trés-trop ferme de suspensions et de fourche... Gare aux routes pourries, ça "tape" dans les vertèbres et c'est pire pour le passager. La fermeté de l'ensemble nuira certainement à la fiabilité du scoot. Les grandes roues n'apportent absolument rien pour le confort. Les rétros sont jolis, mais leur visibilité est moyenne. Le conducteur à tendance à "glisser sur l'avant" au freinage ou lors des conduites sportives car les jambes sont pliées à 90°. Il est alors difficile de prendre appui sur le tablier.
Nul : il n'y a pas de béquille latérale, c'est usant à force et plus long à béquiller au final... Normalement c'est une option, mais pas chez Piaggio. Le remplissage du réservoir de carburant est délicat.
Lire les avis PIAGGIO 300ie Carnaby Cruiser sur le Maxitest
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