Avec ses deux roues à l’avant, le MP3 récupère bien des situations difficiles, ce pourquoi il a fait sensation depuis la sortie de la première version en 125 cm3 ! Alors qu’il n’est arrivé qu’au deuxième semestre 2006, ses chiffres de vente sont déjà éloquents et il ne fait nul doute que cette version 250 puis bientôt la version 500 Gilera Fuoco ne lui emboîtent le pas ! La force de ces trois roues : Corriger les défauts du conducteur et de la route, sans que cela ne transparaisse ouvertement au guidon. Cette discrétion rend d’autant plus agréable le MP3 250 de cet essai qu’elle permet de prendre confiance en soi. Mais qu’est-ce qui peut bien produire un tel effet ?

Conduite assistée : Les effets du MP3
Visuel : Avec sa large proue plus proche de celle d’un quad que celle d’un scooter, sa roue supplémentaire, son aspect compact et trapu, le MP3 inspire de nombreuses réflexions : "Ça doit sacrément bien tenir la route, ça, non ?" ou encore "C’est aussi bien que ça en a l’air ?" sans oublier le classique "Mais avec ça, on ne tombe plus alors ?". Et il y a effectivement un peu de tout cela dans le MP3.
Comportement : Le MP3 lisse les sensations. Sur les pavés, les routes défoncées ou en cas d’adhérence précaire, il affiche une sérénité supérieure à ce que l’on retrouve habituellement sur un scooter. Neutre en toutes circonstances, il se montre assez confortable, mais parfois sec dans son amortissement, d’autant plus que sa selle s’avère ferme. Classique pour un Piaggio, qui donne toujours une touche "sport" à ses deux roues.
Freinage : Troisième point favorable au trois roues, cheval de bataille commercial évident de la marque (Piaggio revendique 30% de distance de freinage en moins par rapport à un deux roues équivalent), le freinage compte aussi comme argument pédagogique et sécuritaire. Bien des accidents en deux roues naissent d’une mauvaise maîtrise du freinage. Pas besoin d’être un "crac" en la matière pour exploiter pleinement la puissanc d’arrêt du MP3. Même sans ABS, la stabilité du train avant est conservée et l’on risque beaucoup moins de glisser, y compris lors d’un fort ralentissement sur l’angle. Là où une unique grande roue aurait tendance à relever le scooter ou à modifier la trajectoire, le MP3 tient bon. En ligne, on peut même bloquer l’avant sans craindre de le voir se dérober. La roue arrière peut également décrocher sans que l’avant ne "bronche". Ouf !
Conduite : Le MP3 absorbe les réactions parasites qui viennent du guidon. On sent à peine la lourdeur de l’engin (environ 225 kilos tous pleins faits quand même...), qui laisse place à une impression de progressivité très sensible. A la mise sur l’angle ou en circulation urbaine, le MP3 encaisse les mauvaises réactions et suit le cap tel qu’on l’a pensé. Il devient un véritable assistant à la conduite, tout en laissant une bonne marge de manoeuvre et d’auto correction. En contre partie, cette inertie pourra agacer les amateurs de vivacité et de réactivité immédiate. On ne peut tout avoir.
Le MP3 peut donc compter sur une bonne image autant que sur ses arguments techniques pour gagner le coeur des usagers occasionnels ou des moins téméraires. Ainsi, il pourra même rapidement leur apporter la confiance nécessaire et pour leur donner envie de "jouer" davantage avec leur véhicule, de prendre de l’angle sans arrière-pensées ou de faire le freinage à bien des deux roues. Un comble !

De petits maux pour de grands biens
Attention, le MP3 reste un scooter. Et tant que les roues seront chaussées de pneus, il conviendra de se méfier de l’adhérence et des lois de la gravité ! Bien que pardonnant beaucoup, le MP3 peut surprendre malgré tout, surtout les moins habitués d’entre nous, à la pratique de la route. Prudence. La facilité qu’il affiche devient vite un piège. A son guidon, l’attention retombe rapidement et la sanction se rapproche. A voir la complexité du train avant, on imagine vite la facture grimper en cas de choc... Pour autant, le MP3 reste très permissif. Que vous conduisiez plutôt avec les bras, le corps ou encore le bassin, il s’adapte volontiers et reste facile à placer. On a vite fait de slalomer sans arrière pensée et de s’engager entre les calendres. En tournant court et à plat à très basse vitesse, en remontant les files sans craindre d’être déséquilibré à allure réduite ou en duo, on en vient à passer au millimètre. A se demander si c’est une bonne chose dans le cadre d’une utilisation "raisonnable"...
Attention au "Roll Lock" !
La technologie a beau être à notre service au guidon du MP3, il faut également lui reconnaître quelques travers. Prenons le système de verrouillage de l’inclinaison : le Roll Lock. Formidable pour ne plus poser le pied au sol, se garer sur n’importe quel dévers et partir fort au feu, son utilisation demande cependant quelques précautions. Le verrouillage s’effectue avec un léger temps de latence et l’assiette de la route peut alors changer. Avec l’élan et un train avant bloqué, on se retrouve au guidon d’un quad, la largeur des voies avant en moins... De quoi perdre l’équilibre, surtout si l’on tourne ou que l’on remet un petit coup de gaz. Attention également à bien être droit à l’enclenchement du système. Un petit niveau intégré au tableau de bord pourrait d’ailleurs être utile pour éviter de se retrouver surpris au moment de la remise des gaz lorsque le MP3 se met à "tomber" du côté où il penche. Vicieux ? Pas tant que ça, attendez d’avoir pris goût au Roll Lock et vous verrez.
Bien qu’il ne soit pas nécessaire de se battre avec le MP3, il faut reconnaître que la conduite rapide demande un engagement physique supérieur à celui requis pour un scooter traditionnel, et que le manque de protection de la partie haute du corps gêne, du moins fatigue. On pourra aussi rétorquer qu’avec ses 125 km/h réels maximum constatés la plupart du temps, le Piaggio MP3 250 n’a pas encore de quoi "dévisser la tête". L’avantage de la nouvelle cylindrée est pourtant évident. Issu du X8 250, il décolle à 40 km/h pour soutenir longuement son effort. Linéaire et coupleux, il ne faiblit que dans les montées et peine parfois à atteindre sa vitesse maximum hors des conditions favorables. Ce "détail" traduit évidemment la vocation urbaine et péri-urbaine privilégiée par cette cylindrée du MP3.

Urbain... et un peu plus
Nous ne nous révélons pas tous férus de vitesse et le comportement d’une moto peut parfois être intimidant. Pour celles et ceux qui en ont assez d’entendre "Le deux roues, c’est dangereux", voici un argument choc : les scooters trois roues. Avec cette cylindrée de 250 cm3, le MP3 fait un grand pas vers les motards. Son tarif proche de celui des roadsters de moyenne cylindrée ou d’un scooter de 400 ou 500 cm3 se justifie en partie par un apport de sécurité évident. Avec ses performances à la hausse par rapport au 125, il peut même s’éloigner des villes et ravir les adeptes de balades. Pas encore assez musclé ou protecteur pour prétendre s’aventurer sereinement sur autoroute, le MP3 250 prend des gallons sur petites routes où il compose facilement avec les revêtements hasardeux. Fort en sensations, agréable à conduire, ce nouveau trois roues Piaggio n’est pas seulement un objet de curiosité ou un phénomène de mode, mais un véritable professeur particulier pour la conduite. Reste à savoir si après avoir goûté à la troisième roue, un retour arrière sera possible.
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