Pour peu que vous soyez en mesure d’oublier toute référence au deux-roues, et si l’analyse de la route et des sensations de conduite vous importe peu, le MP3 est fait pour vous. Jeune permis ou scooteriste averti, les dangers liés à l’environnement et à l’usage du deux-roues vous ont peut être déjà gâché le plaisir d’une balade, ou stressé lors d’un trajet ? Les deux-roues ont parfois un comportement "impressionnant" et leurs réactions difficilement contrôlables dans les conditions extrêmes (chaussée glissantes, pluie, verglas, gravillons, etc.) rendent leurs limites parfois difficiles à évaluer...
D’une manière générale, le Piaggio MP3 minimise les dangers inhérents à la conduite d’un scooter. Grâce à son train avant à deux roues, très stable et lourd, il permet d’éviter nombre de situations immédiatement accidentogènes. En comparaison avec ce qu’il est possible d’assurer sur un deux roues traditionnel, le MP3 permet souvent de garder plus longtemps le contrôle de la situation. L’adhérence du train avant s’avère supérieure, et la stabilité sur les gros freinages grandement améliorée, quelles que soient les conditions. L’expérience aidant, et surtout le doute sur le fonctionnement du train avant dissipé, la conduite d’un MP3 devient ainsi amusante. Si l’on décide d’exploiter une telle partie cycle, les épreuves auparavant infranchissables, deviennent alors un challenge abordable. Attention toutefois, le MP3 se fait fort de repousser les limites physiques imposées par les deux-roues, mais pas de s’en affranchir : la sanction n’est que retardée, et non totalement écartée. Ces trois roues Piaggio simplifient à l’extrême la conduite, et filtrent copieusement les sensations, sans pour autant perdre les caractéristiques d’un deux roues : la prise d’angle et la maniabilité extrême.

MP3, un concept à la portée de tous
Le phénomène MP3 ne constitue plus une nouveauté, mais le trois roues de chez Piaggio produit toujours son effet. La présentation des MP3 400 et Gilera Fuoco, effectuée sur une boucle "tous temps, tous revêtements et toutes conditions de circulation" entre Biarritz et Vera, en Espagne, fut une fois de plus l’occasion d’observer les têtes se retourner au passage du cortège. Loin de l’effet de mode, l’engin impressionne toujours, et délie les langues, surtout dans ses versions 400 cm3 et 500 cm3. Avec déjà plusieurs centaines d’unités vendues chez nous, le MP3 devient monnaie courante dans les grandes agglomérations. Et ce n’est pas le nouveau MP3 400 que nous vous présentons ici qui amoindrira le phénomène, compte tenu de ses performances moteur en nette hausse. Plus voyageur que ses prédécesseurs de 125 et 250 cm3, il élargit les horizons et permet de voyager plus loin, si toutefois l’on accepte les quelques limitations ergonomiques liées à son encombrant train avant et à ses rangements restreints. Le MP3 400 diffère esthétiquement de ses congénères par une roue arrière de 14 pouces. Pour le reste, on retrouve son aspect robuste, sa face large et la coque arrière rappelant la série des X Piaggio. L’ergonomie générale, et surtout la technologie du MP3, le mettent à portée de tous les gabarits. La selle est suffisamment basse et pour qu’un conducteur d’1m80 pose les pieds bien à plat au sol, les autres gabarits apprécieront illico la selle fine dans sa partie antérieure et le "roll lock". Ce système de verrouillage de l’inclinaison du MP3, implémenté d’origine pour les motorisations supérieures à 125 cm3, permet de ne presque plus sortir les jambes lors de l’arrêt à un feu ou à un stop. Un coup de pouce efficace (au sens propre comme au figuré) pour les petits gabarits, la commande d’activation se trouvant sur le commodo droit et s’actionnant au pouce. Il est possible d’enclencher le roll lock sous la barre des 20 km/h, soient environ 1 500 tr/min, et le système se désactive à la première accélération ou lors d’une action en sens inverse sur la commande.
L’assise, toujours ferme, propose un excellent maintien. Bien calé au milieu de la selle, juste devant le dosseret moelleux, on apprécie l’espace suffisant pour les jambes, avec environ 15 centimètres de latitude pour les pieds. On regrette cependant l’impossibilité d’allonger les jambes (surtout lorsque la vitesse dépasse les 110 km/h) et le revêtement du plancher qui se révèle glissant lorsque l’on roule sous la pluie. Ceci mis à part, le guidon se montre agréable à prendre en main et les coudes fléchis le long du buste permettent de conserver une excellente mobilité tout en assurant un contrôle aisé du train avant, notamment à très basse vitesse.

Inertie et sécurité
La N10 entre Saint Jean de Luz et Biarritz n’a normalement rien d’une partie de plaisir en pleine saison, et moins encore par temps de pluie. Les zébras et passages cloutés glissants se disputent la primeur de la frayeur avec des automobiliste généralement attentifs, mais disposant de peu de marge de manoeuvre pour laisser passer un deux roues. Le MP3 fait ici merveille. Son gabarit compact lui permet d’emboîter le pas à un Yamaha X-Max 125, et bien campé sur ses deux roues avant, il ne bronche ni au freinage, ni à l’accélération. Son petit camarade, bien plus incité à la prudence, ne peut que vous laisser filer.
Si par mégarde une roue glisse, il en reste toujours deux pour prendre la relève. Certes, le MP3 se redresse un peu lors de la prise du levier de frein avant sur le sec, certes, il peut lui arriver de glisser, mais ainsi raidi, il conserve sa stabilité et laisse le temps de réagir correctement sans "perdre l’avant" de manière brutale. Preuve est faite que notre trois roues agit sur la sécurité... Un petit tour dans les cols avoisinant finit de convaincre. Humides ou non, les épingles se passent avec plus d’assurance et de vitesse que sur un deux roues standard. RDe son côté, l’amortissement est ferme, mais idéalement accordé et bien freiné, ce qui préserve un confort convenable. Le MP3 agit donc aussi à sa manière sur la confiance. La prise d’angle se fait donc en toute simplicité, et seul le bruit de la béquille centrale léchant le bitume vient vous rappeler à l’ordre. La garde au sol pourtant suffisante du MP3 devient rapidement un repère, et une compression en courbe ou un rond point en viennent à bout. A noter que le MP3 s’emmène plus au bassin qu’au guidon à bonne vitesse. En agglomération, la tendance s’inverse et l’on peut sans problème venir en butée de direction pour tourner rapidement. Un régal de simplicité.

Plus rapide et toujours aussi doux
Le MP3 400 hérite du bloc moteur Master de 398,9 cm3, un monocylindre déjà apprécié sur le X8 400. Il développe une puissance de 34 ch. qui le met à portée des jeunes permis, et se montre bien plus adaptée aux 238 kilos à sec du trois roues. Linéaire, le bloc marque un regain d’énergie à 40 puis 100 km/h. Les démarrages d’un MP3 ne se montrent donc toujours pas des plus énergiques, et partir en bas d’un col ou d’une descente de garage demande encore un peu de temps... Pas moins volontaire pour autant, les accélérations sont donc légèrement différées. Heureusement, la motricité et le confort de la roue de 14 pouces à l’arrière sont excellents, et la transmission confortable vibre à peine dans le plancher. De quoi conserver un agrément supérieur tout au long d’un trajet urbain ou péri urbain. Douceur quand tu nous tiens. Fait majeur, le MP3 gagne considérablement en vitesse de pointe. Il affiche dorénavant 140 km/h compteur sans le moindre soucis, contre un 125 km/h parfois laborieux sur le 250. De quoi lui ouvrir les barrières des péages d’autoroute, surtout si l’on a opté pour une bulle haute. La protection d’origine est en effet suffisante jusqu’à 110 km/h, mais ensuite, la position de conduite droite et le dessin de la proue (pourtant très protecteur et aérodynamique), ne peuvent permettre de lutter contre la pression de l’air. Dommage de devoir débourser un peu plus pour pouvoir exploiter ce nouveau potentiel. Le niveau sonore du MP3 400 est raisonnable, du moins à son guidon. De l’extérieur, le son sourd et profond du pot surprend, même s’il continue à se montrer discret dans les montées en régime. Au moins, la fatigue auditive sur les longs trajets sera amoindrie.

La polyvalence sans les sensations
Le MP3 400 affiche une sérénité de tous les instants. Joueur à ses heures, grâce à une bonne monte pneumatique, il ne s’en laisse pas compter hors agglomération et permet de se transporter à rythme élevé dans un bon niveau de confort général, tout en bénéficiant de l’agrément énorme d’une partie cycle au dessus du lot. Comme le T-Max, le MP3 a de quoi séduire les motards et convertir au permis A les moins sûrs des "commuteurs", et surtout de quoi offrir aux possesseurs de MP3 125 des perspectives supplémentaires. A la fois "classieux" et pratique, le MP3 400 joue sur tous les tableaux de la séduction, mais évite soigneusement toute sensation "2 roues". Il crée ainsi véritablement un nouveau type de véhicule, plus orienté confort de roulage, pour une population ayant besoin de se déplacer sans se poser de question.
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Infos pratiques



Fiche technique
Note générale :
Excellent ressenti du train avant, stabilité au freinage, suspension efficace, une révolution dans ce domaine. Sensibilité au vent (avec top case) qui engendre quelques louvoiements au-delà de 120 km/h.
Lire les avis PIAGGIO 400ie MP3 RL sur le Maxitest
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