Inutile de présenter le Piaggio X8. Champion des ventes, ce 125 GT a dès sa sortie bousculé la concurrence grâce à un style (emprunté à l’Hexagon/LX) étudié : vaste carénage, bulle haute, selle généreuse et aspects pratiques développés. Autre atout, son moteur 4 soupapes refroidi par eau autorisant de bonnes prestations et une remarquable vitesse maxi. Seulement voilà, pour toucher une clientèle toujours plus large (donc affirmer une hégémonie française de plus en plus implacable), la firme transalpine a cru nécessaire de proposer deux variantes du même engin. Une haut de gamme (le Premium que nous connaissons depuis mars) et une autre, moins performante mais moins chère que nous essayons aujourd’hui.
Bonnet blanc et blanc bonnet
Difficile de voir au premier coup d’oeil la différence entre ce X8 "éco" et le X8 "chic". Tous deux possèdent en effet la même ligne et le même gabarit valorisant. Pourtant à l’étude poussée, des différences apparaissent. Certes la robe bicolore laissant place à un ton uni sur le carénage avant vaut pour les deux frères, mais sur le Street, les plastiques chromés passent au noir brillant, le coffre perd son becquet, le disque arrière devient tambour, le silencieux se noirçit et le bloc propulseur perd deux soupapes ainsi que le refroidissement liquide. Niveau instrumentation, seuls les habitués verront le changement. Reprenant le tableau de bord de l’ancien modèle (donc celui à fond blanc apparu en 2004), le bloc compteur du Street offre un cadran gauche désormais frappée du logo X8, la jauge à température d’eau ayant été rendue inutile en adoptant le moteur à air du Fly. À noter également les éternelles et agaçantes absences du warning et de l’appel de phare à l’index (ouf, l’équipement général reste de haut niveau !).
Le grand bluff
Installé au guidon, le pilote n’est pas dépaysé par rapport au précédent X8. De la très bonne position de conduite au confort de la selle, en passant par le plancher autorisant plusieurs positions pour les pieds, on se sent rapidement chez soi. Au démarrage, on retrouve la même sonorité aiguë de cloche que les cousins de la marque mais sitôt les premiers mètre parcourus, une grande surprise apparaît (et ce n’est pas celle que l’on imagine) : le moteur du Fly, pourtant moins puissant de 30% par rapport au bloc du Premium, se sort très bien de sa nouvelle mission ! Bonnes accélérations, reprises volontaires, cela étonne lorsque l’on se souvient d’une certaine mollesse chez le Fly... Bien sûr, la vitesse maxi reste limitée et le bruit mécanique est un peu élevé pour un GT mais à part ces bricoles, si vous effectuez essentiellement des trajets urbains et empruntez peu l’autoroute, ce scoot’ vous comblera. Au chapitre de la tenue de cap, le X8 Street reste égal à lui-même, offrant ainsi de bonnes prestations pourvu que l’on ne force pas trop la cadence. A bord, c’est toujours le grand confort, l’ensemble selle/ suspensions et le binôme carénage/saute-vent étant des modèles du genre. En revanche, côté freinage, si le disque avant reste efficace (attention toutefois aux arrêts d’urgence car la fourche à tendance à talonner), le tambour arrière demande un peu d’attention. Poigne au levier et patience requis ! Cela étant l’ensemble reste correct.
Toujours aussi pratique
Un des points forts de ce scooter GT reste finalement ses aspects pratiques, avec son coffre géant (et éclairé) contenant jusqu’à deux casque intégraux, et son instrumentation pléthorique. Cette version économique ne change heureusement que très peu du modèle connu et offre un programme commun : ouvertures de la selle et du hayon au guidon, housse de pluie logée dans un réceptacle dédié, larges rétros, grandes poignées passager et deux béquilles de série, instrumentation comprenant montre, trip, totaliseur partiel et total, voyants d’huile d’essence, trappe à essence accueillant les ouvertures de secours du coffre, boîte à gants profonde avec prise 12 volts. Programme spécifique Street : des compteurs sur fond blanc, une clé sans télécommande d’ouverture du coffre. Bref, voici donc des pertes minimes à déplorer, alors qu’avec son tarif 20 % moins cher que celui de la version Premium, le X8 Street devient donc une super affaire. Pour une télécommande, un peu de chrome et quelques km/h en moins, ce 125 mérite donc le détour. Il est commercialisé dés ce mois d’avril 2006 en noir et gris excalibur au prix de lancement de 2 999 € puis 3 290 € dès juin. Avis aux amateurs !
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Piaggio X8 Street : A retenir
Essentiellement pensé pour une utilisation urbaine, le nouveau X8 Street ne diffère que de peu du X8 Premium, la version haut de gamme de ce même véhicule. " Élégance, confort, praticité, facilité d’utilisation, économie en achat et consommation ", tels sont les points particuliers avancés (cf. dossier de presse Piaggio) par le X8 éco. Alors quelles sont vraiment les différences le séparant du haut de gamme ? Au niveau moteur, le moulin 2 soupapes du Fly refroidi par air vient ici remplacer le coûteux bloc 4 soupapes refroidi par eau des Piaggio X8 Premium, (qui équipe également les X9, Beverly, Gilera Runner VX, Derbi GP1...). Réputé fiable et sobre, ce moteur devrait faire le bonheur des pilotes économes et moins pressés ! Concernant la partie cycle, la seule modification apportée est la suppression du disque arrière, que le tambour du Fly remplace. Ce dernier, moins agréable à utiliser, reste néanmoins efficace. Au rayon équipement, on note la disparition de la clé à télécommande d’ouverture des accès au coffre et l’abandon de la jauge de température d’eau. Côté déco, on note le traitement noir brillant de quasiment toutes les pièces autrefois chromées : plaque trapézoïdales de bas de tablier, baguettes latérales d’ailes arrière et lames latérales situées près des pieds passager. À signaler également la conservation de l’ancien hayon dénué de becquet et des compteurs à fond blanc qui sévissaient sur l’ancien modèle. Le moteur que l’on aperçoit côté droit est quant à lui noir tout comme le silencieux. Bref avec moins de chromes, un freinage plus simple et un moteur moins coûteux, le nouveau X8 Street aborde avec talent le concept ayant donné naissance à la Renault Logan. Une base simplifiée, des organes émanant des nombreuses banques de données de la marque et une mécanique à priori moins chère à entretenir.


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