Kawasaki est le seul des quatre grands constructeurs Japonais à ne pas s’investir sur le créneau du scooter, en Europe ou ailleurs. Tous les autres constructeurs nippons (Honda, Yamaha et Suzuki) prennent cette catégorie très au sérieux. Il suffit d’analyser les chiffres des marchés européens pour se rendre compte que les scooters et maxi scooters constituent une ressource commerciale importante pour ces trois marques. En effet, Yamaha possède le X-Max 125 et le TMAX 500 dans le top des ventes. Pour sa part, Honda capitalise des nouveaux clients grâce à son PCX 125. Quant à Suzuki, en recul par manque de nouveautés, le constructeur possède néanmoins une offre riche et des clients fidèles grâce aux multiples versions et aux différentes cylindrées du Burgman. Alors, pourquoi Kawasaki résiste-t-il à l’appel du monde du scooter ? Pourrait-on rapidement voir apparaitre en Europe un deux-roues à variateur estampillé Kawa comme on peut l’observer sur cet exercice de style imaginé par le designer Oberdan Bezzi. Patrick Marchal, directeur marketing et commercial Kawasaki France, nous répond !
Patrick Marchal : "il ne faut pas qu’un seul modèle"
Que ce soit au Japon, en marge d’une visite à l’usine Kawasaki d’Akashi, lors d’échanges avec les divers dirigeants japonais installés en France, jusqu’au meeting avec Patrick Marchal, directeur marketing et commercial de tous les produits Kawasaki distribués en France, les réponses se recoupent. Kawasaki suit de près le marché du scooter, à deux ou trois roues. Comme tous les constructeurs, Kawasaki sait combien ce marché est concurrentiel et délicat. Pour autant, les équipes d’ingénieurs ont le savoir-faire pour développer un maxi scooter ou un scooter de 125 cm3. Kawasaki possède même des unités de production en Thaïlande pour assembler, s’il le fallait, des scooters à moindre coût. Mais derrière ce plan industriel, les volontés commerciales et marketings, ne semblent pas réunies aujourd’hui. Kawasaki, à l’inverse de Honda ou de Yamaha notamment, produit moins de petites motos vendues à prix serrés dans des pays émergents, comme peuvent le faire Yamaha en Inde ou Honda au Brésil. La production de Kawasaki s’oriente davantage vers les marchés Nord Américain et Européen, friands de gros cubes très techniques et coûteux à développer. Et dans ces marchés, il faut d’excellents produits matures et une image. Et Kawasaki n’a pas d’image en matière de scooter. En outre Patrick Marchal, précise : « pour venir sur le marché du scooter, il ne faut pas qu’un seul scooter pour constituer une alternative pertinente. Pour être honnête, on ne peut pas venir concurrencer le Yamaha TMAX avec un maxi scooter Kawasaki, sans s’occuper des autres segments de cylindrée. Ce mode de fonctionnement ne suffit pas pour dynamiser, dans la durée une marque sur une catégorie. Il nous faudrait un 125 cm3, une cylindrée intermédiaire et un maxi scooter. Tous ces modèles représentent des coûts de développement conséquents, mais pour quels résultats directs ? » Et quand on évoque la problématique des trois-roues, il renchérit : « vous savez, Kawasaki décide de produire un modèle pour une zone géographique, un espace commercial, l’Europe par exemple ou les Etats-Unis pour les customs... Le Piaggio MP3 LT est un succès presque franco-français. Sans compter que si la législation change, le véhicule développé et produit devient alors sans intérêt ».
Sans renoncer totalement à ce pari audacieux, Kawasaki semble réserver son arrivée sur le marché du scooter européen à plus tard. Wait and see !




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