Si l’avenir du scooter est à n’en pas douter radieux, certaines évolutions à plus ou moins brève échéance pourraient modifier considérablement l’approche que nous en avons. La première d’entre elles pourrait porter sur la question de la « survie » du scooter classique à deux roues lorsque l’on voit le succès croissant des modèles à 3 roues ou l’arrivée de ceux à 4 roues. L’environnement aura lui aussi son mot à dire sur le devenir des scooters. Et là, l’électricité pourrait rapidement faire sa loi et sonner le glas des scooters à moteurs thermiques. Enfin, l’on pourrait bien voir émerger des scooters « mutants » à la modularité ou au design bien éloignés de ce que l’on connaît actuellement.

2 roues versus 3 ou 4 roues
Même si dans l’immédiat les scooters à deux roues tiennent (commercialement) le haut du pavé, ils livrent un combat inégal qui risque de voir les modèles à 3 ou 4 roues l’emporter à plus ou moins long terme. La raison en est très simple. Si l’on considère le scooter comme l’utilitaire ou le compagnon d’évasion par excellence, apte à se faufiler partout, par tous les temps et à tout moment de l’année, le scooter à deux roues ne fait pas le poids face à ses cousins à 3 ou 4 roues. Ceux-ci sont en effet tout aussi agiles et bien plus sécurisants, quel que soit le temps. Eh oui ! Conduire sur une route enneigée avec 3 ou 4 roues reste envisageable, pas avec 2. Et ce « déclin » pourrait arriver dès que les investissements consentis pour ces nouvelles montures « génétiquement » modifiées auront été amortis et que leur prix d’achat deviendra vraiment abordable pour le plus grand nombre. Le scooter à deux roues ne devrait toutefois pas totalement disparaître grâce, entre autres, aux nostalgiques de « vacances romaines » et autres puristes amoureux des balades pépères ne sortant leur fier destrier que sous un soleil radieux.

Des scooters propres et silencieux
A l’heure où chacun y va de son petit Grenelle de l’environnement pour discourir sur le devenir de la planète, il est évident que la solution pour réduire les émissions de CO² passera par l’électricité. L’Europe de son côté fait régulièrement évoluer sa législation antipollution en adaptant ses normes Euro pour réduire toujours plus les rejets de gaz toxiques dans l’atmosphère. Néanmoins, à terme, l’idée est bien entendu de bannir tout simplement l’utilisation des carburants fossiles au profit de l’électricité.
Or, si le scooter électrique existe déjà bel et bien, son passage à une production à grande échelle est depuis toujours ralenti par des problèmes rédhibitoires qui le confinent à une utilisation quasi urbaine et administrative : une autonomie réduite (à moins d’observer une vitesse de déplacement ridiculement basse), un temps de recharge important et surtout des tarifs particulièrement salés.
Mais d’ici peu cette tendance pourrait bien radicalement changer avec l’arrivée de nouvelles batteries au Lithium Fer Phosphate (LiFePO4) nanostructuré. Ces dernières ont pour principal intérêt de pouvoir se recharger en quelques minutes, là où il faut des heures pour une batterie classique. Résultat, plus besoin de se traîner à 25 ou 30 à l’heure pour économiser sa batterie, la recharge complète se faisant à la vitesse grand V. Reste le prix à l’achat de ces scooters qui lui ne pourra, comme toujours, diminuer significativement que lorsque les volumes de ventes exploseront.

Design et Modularité au menu du XXIème siècle
Alors que la moto, même en 125 cm, souffre encore de nos jours d’une connotation très « Bad Boys de l’Équipée sauvage », qui lui nuit d’ailleurs indiscutablement en terme de diversité de clientèle, le scooter affiche par nature une bonhomie qui le prédispose à s’attirer les faveurs d’un public de 7 à 77 ans, comme l’on dit. Or, qui dit public varié, dit besoins et aspirations variés. C’est sans doute ce qui pousse des créateurs comme Patrick Tonnelier, responsable de la société Rainbow System, à avoir une vision très personnelle de ce que pourrait être le scooter de demain.
Ainsi pour lui, le scooter du futur n’en sera plus vraiment un, puisque s’il sera toujours à 2, 3 ou 4 roues, capable de transporter un passager et qu’il s’inclinera pour virer comme un vrai deux- roues, il sera également affublé d’un nombre d’accessoires destinés à le rendre vraiment confortable. Il possédera au choix une carrosserie intégrale parfaitement étanche aux intempéries ou une carrosserie modulable permettant de conduire à l’air libre, sans casque, ni vêtements de protection, avec ceintures de sécurité, appuie-têtes, airbag... Il pourrait même être doté d’une cellule de survie constituée d’un arceau de sécurité couplé à un cadre tubulaire périmétrique. Et tout ça dans les dimensions d’un simple scooter !
Alors, c’est vrai qu’un engin de ce type fait plus penser à une voiture miniature qu’à un scooter. Mais au fond, est-on certain que ce que recherchent les automobilistes en quittant l’environnement douillet de leur voiture pour passer au scooter soit vraiment le côté deux-roues justement ? Rien n’est moins sûr, et il est probable que beaucoup d’entre eux, s’ils en avaient la possibilité, choisiraient un véhicule qui leur apporte le confort, la protection et la sécurité d’une voiture tout en bénéficiant de l’encombrement et de l’agilité d’un deux-roues. Et ce choix n’est peut-être plus très éloigné !



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