Notre hommage au dernier Vespa PX :
Scooter-station : LML n’a pas l’aura de Piaggio en France. Comment la marque a-t-elle pu trouver sa place chez nous face au géant italien ?
Stéphane Sanchez : Tout d’abord grâce au prix. Quand un Vespa PX était vendu 3 199 €, un LML Star DLX en valait seulement 2 299. Certains auraient pu douter de la qualité, mais lorsqu’ils ont su que LML a pendant longtemps fabriqué les PX pour Piaggio (N.D.L.R : 80 % des PX vendus en Europe de 1983 à 1999 sont sortis de l’usine indienne), ils ne se sont plus posés la question. L’apparition d’un frein avant à disque en 2002, puis du pot catalytique, a été bénéfique à l’image.
Votre Star DLX est-il une réplique exacte du PX ?
On ne peut pas parler de réplique, car notre scooter est un modèle à part entière, concurrent du Piaggio. Lorsque le joint-venture avec le groupe italien a pris fin, le contrat stipulait que LML conservait le droit de le produire. En parallèle du PX, est donc venu s’ajouter le DLX. Je ne suis pas sûr qu’il existe de précédent dans le domaine ! Pour coller à la demande du marché français, nous avons réclamé quelques aménagements, comme des coloris supplémentaires (cinq au total) pour égayer la palette ou un fond de compteur blanc. Le scooter est livré en série avec un porte-bagages.
Piaggio, qui dit ne pas pouvoir homologuer son PX Euro 3, en arrête la fabrication. De quel oeil voyez-vous cette disparition ?
Pas spécialement d’un bon oeil, car la concurrence crée l’émulation. D’autant que nous proposions le même produit pour beaucoup moins cher. Notre Star DLX sera homologué Euro 3 par le constructeur. Il ne nous a pas encore communiqué les transformations qui y seront apportées. En 125 comme en 150 cm3, le scooter possède déjà un pot catalytique, mais ne devrait pas recevoir d’injection.

Qui sont les clients de LML ?
Beaucoup de nostalgiques voulant revenir à la Vespa et des gens cherchant à se démarquer, mais qui font tous attention à leur budget. Pour eux, le LML Star 125 DLX est le produit idéal, indémodable.
Vos ventes sont-elles en progrès ?
Constants, même si l’année 2007 a été mitigée en raison d’une interruption de la production due à un nouveau repreneur. La première année, nous avions vendu 150 machines. Je table sur 2 000 à 3 000 en 2008.
Quid de votre stratégie commerciale ?
Nous possédons trois points de vente, à Châteaurenard, Avignon et Marseille, ainsi que de nombreux revendeurs à travers la France. Nous distribuons aujourd’hui en Belgique et en Suisse, bientôt dans toute l’Europe. LML-France, qui est un représentant accrédité, va devenir LML-Europe. Les 650 mètres carrés, dans lesquels nous stockons en permanence une centaine de machines, ne suffiront plus. Aussi, nous déménagerons à la rentrée, en ne perdant pas de vue que nous restons sur un marché de niche.
La distribution des LML est-elle devenue votre unique activité ?
L’entreprise familiale continue à oeuvrer dans la restauration. Vous savez, j’ai débuté en faisant les marchés aux pièces et ai appris la mécanique sur le tas. Grâce à notre outillage, nous re-fabriquons aujourd’hui des pièces de scooters anciens et lorsque nous ne le pouvons pas, nous les faisons faire. Il y a une réelle demande.
Vous avez d’autres projets ?
Nous projetons de fabriquer, en 2009, un scooter néo-rétro avec boîte 4-rapports sous la marque ACMA. Il faut savoir que l’entreprise ACMA a produit dans la Nièvre, de 1953 à 1954, un Vespa pour l’armée française (version parachutée). Nous commercialisons déjà des casques demi-jet (voir photo) sous cette appellation.
Propos recueillis par Philippe Chanin
Toutes les informations sur LML France ici




Plus de thèmes











