Silhouette majestueuse et proue digne d’une routière, le Burgman 2007 fait preuve d’une belle prestance. Double disque avant, grande roue de 14 pouces et mono-amortisseur soignent autant l’esthétique que l’efficacité. Long, spacieux aussi bien pour son conducteur que pour son passager ou même ses bagages, il a su conserver tous les atouts acquis au fil de ses évolution et améliorer ses points faibles. Celui qui "fait peur aux gros" travaille son ergonomie et son aérodynamisme, revisite sa présentation, pour gagner un public plus large encore.

Ville : un scooter qui a du coffre
Voici ce qui plait immédiatement au guidon de ce scooter : une agréable sensation de disposer d’un espace bien conçu, bien aménagé et pratique, même si moins luxueux d’apparence que sur un Silverwing, par exemple. La position de conduite est détendue, et les jambes peuvent facilement trouver leur place, aussi bien en hauteur qu’en longueur. Si "l’épine dorsale" médiane du plancher se montre volumineuse et gêne les chevilles en écartant modérément les pieds, on ne peine pourtant pas à trouver sa place. Ce qui se montre d’autant plus facile que le confortable dosseret conducteur, réglable en profondeur, permet un bon compromis entre allongement des bras et position des jambes. On comprend bien pourquoi la clientèle féminine l’a plébiscité, tellement il convient à nouveau à tous les gabarits.
Comme il est agréable de voyager léger, le Burgman a pensé à tout. Les vide-poches asymétriques sont au nombre de trois sur le tablier. On en retrouve un sous chaque demi guidon, idéal pour déposer carte de crédit, tickets, téléphone portable, ainsi qu’une volumineuse boîte à gants frontale fermant à clef. Ses 10 litres de contenance permettent de bénéficier d’un volume efficace (belle profondeur et largeur importante). Si cela ne suffisait pas, l’imposant coffre de désormais 62 litres est à même d’accueillir deux casques intégraux, plus un sac, une sacoche ou objet réputé encombrant pour un deux roues...

Route : un moteur efficace
C’est aussi une de ses évolutions majeures : le moteur du Burgman 400 mod. 2007 gagne en efficacité ! Avec sa nouvelle cylindrée portée à 399,9 cm3 et ses 34 ch., il est à même de propulser son équipage en douceur et avec vigueur. Si les accélérations entre 0 et 30 km/h ne sont pas fulgurantes, cela a le mérite de ne pas surprendre et de permettre de cruiser tranquillement sur le couple et sans réaction parasite. Seule la transmission donne lieu à quelques ruades à froid entre 10 et 15 km/h. Mais par la suite, le Burgman gagne en vigueur et tracte jusqu’à 70 km/h avec une progressivité très agréable. Chaque dépassement s’effectue sans peine, et les reprises sont immédiates. Apparemment, le passage à la norme Euro III n’aura pas trop castrer cette nouvelle motorisation Suzuki. Il faut dire que l’injection réagit au quart de tour et qu’il devient indispensable et surtout très agréable de placer quelques accélérations bien senties. D’autant que l’on n’est pas au bout de ses surprises ! Certes, si l’engin marque un léger palier dans son ascension vers les hauts régimes aux alentours des 90 puis des 110 km/h, il révèle aussi un nouveau visage par la suite. Au dessus de 130 km/h, le moteur s’emballe, le son du pot change et l’on s’envole pour atteindre très rapidement et dans un confort absolu les environs des 160 km/h compteur. On connaissait déjà cette sensation sur l’ancien modèle, et on la retrouve ici avec plaisir, d’autant que la vitesse maxi a progressé d’un bon 10 km/h au compteur (170 km/h désormais). De telles performances auraient pu dévoiler un intérêt mineur si ce nouveau Burgman 400 ne savait se montrer si docile, agréable et "rond" par ailleurs. Il offre donc la possibilité de jouir d’une réactivité étonnante, et de s’aventurer sans appréhension sur les autoroutes et voies rapides. D’autant qu’avec son réservoir de 14 litres (+ 1 litre par rapport au mod. 2006) et sa consommation stabilisée aux environs des 4,2 l./100 km en cycle mixte, le Burgman possède une autonomie bien meilleure, qui en fait un gros rouleur. Volumineux, il n’en évolue pas moins facilement entre les voitures, si ce ne sont ses rétroviseurs haut placés, et donc à surveiller. A l’aise partout, son tempérament et son comportement influent considérablement sur la conduite. Au guidon du Suzuki, on est relax.

Courbes : méfiance
Avec un tel moteur, il faut que le châssis suive. Si cette nouvelle version du Burgman met à portée de tout titulaire du permis A des performances dignes d’une moto de moyenne cylindrée, il faut en revanche admettre que le comportement en grande courbe reste perfectible. Encouragé par le sentiment réel de sécurité et de confort ainsi que par une motorisation plus que volontaire, il n’est pas rare de vouloir tester les limites de l’engin. Mais attention. En raison d’une géométrie favorisant maniabilité et stabilité en ville ainsi que d’un amortissement non réglable, l’avant peut devenir flou et provoquer une sensation de louvoiement... surtout si on force sur le guidon. Les sensations sont cependant bien atténuées par la nouvelle roue avant de 14 pouces (contre 13 auparavant) et il convient alors de ne pas couper les gaz. Dommage que l’on ne puisse régler facilement la précontrainte ressort de l’amortisseur arrière pour permettre de voyager plus sereinement, surtout en duo. Ceci mis à part, la partie cycle mérite pourtant des éloges. Stabilité, rigueur et équilibre sont très présents lorsque l’on manie le Burgman 400 en agglomération. D’autant plus que le freinage est un régal. Le double disque avant se montre à la fois doux et puissant, tout en apportant un contrôle parfait que toute personne issue de la moto appréciera. Les freinages, même sur l’angle, sont particulièrement gérables et rassurants. On regrettera pourtant l’absence d’un dispositif couplé (intégral) ou ABS, tant l’arrière a tendance à bloquer rapidement si l’on ne compense pas manuellement en freinant de l’avant. C’est là d’ailleurs notre principale critique à son encontre. Par ailleurs, sa hauteur de selle de seulement 710 mm le met facilement à portée des personnes de moins de 1m65, et son poids n’est que peu perceptible en action. A l’arrêt, en revanche, il faudra composer avec les quelques 200 kg de l’engin tous pleins faits.

Le bon compromis
Pertinent, l’évolution du Suzuki Burgman 400 mod. 2007 fourmille de bonnes intentions. Le constructeur a su tenir compte des remarques des utilisateurs. Parmi ces optimisations, on note par exemple l’apparition d’un témoin pour le frein de parking, une indication de la température extérieure et une jauge à essence plus précise, un calcul de la consommation instantanée et une jauge de température moteur. Comme vous avez pu nous le faire remarquer dans le maxitest qui lui est consacré, le Burgman400 est extrêmement polyvalent, et nous ne doutons que ses nouvelles caractéristiques sauront vous satisfaire. Facilement accessible, tant par ses performances brutes que par son gabarit et sa puissance, il est à conseiller à qui voudrait disposer d’un scooter rapide, apte à voyager serein, mais sans traîner. Reste que la bulle ne nous a guère convaincus, sa taille et son dessin pénalisent les conducteurs de plus d’1m70 et ne les protège pas assez des bruits et des flux de vent déviés sur le casque. Elle " flotte " également un peu, se déformant de manière assez importante. De plus, elle déforme la vision. Idéale pour les petits gabarits qui s’abriteront parfaitement derrière, elle est imparfaite pour les plus grands. Nous aurions également apprécié un appel des différentes fonctions de l’afficheur digital directement au guidon. Bref, ces lacunes ne gênent que peu au quotidien, et n’auraient pas empêcher le Burgman 400 de postuler au titre de nouvelle référence de la catégorie... s’il avait au moins proposé un freinage intégral ou ABS en option. Le Silver Wing 400, l’un de ses plus proches rivaux, possède un freinage couplé et s’affiche à 5 990 €. Proposé pour sa part à 6 299 € au 15/07/06, le Burgman 400 n’en reste pas moins une valeur sûre.
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"A propos de l’essai du Burgman 400 k7, j’en posséde un. Je peux vous certifier qu’il y a un réglage amortisseur, il y a dans le manuel d’utilisation les explications : après ouverture d’une petite trappe (très facile d’ouverture à la main sans outil, cette trappe dénotant également d’un esprit de finition), la clef fournie dans la trousse permet de régler l’une des 7 positions. La 3 est le réglage usine, la 1 la plus "molle" et confortable en duo (200 km d’un coup, aucune fatigue). Sur 6, contrairement à vos dires, c’est un rail même à fond en courbe (170 km/h compteur en duo) mais les trous de la route ou certains raccords de ponts rappellent à l’ordre les vertèbres et là je pense que l’on sort de la vocation de cette machine, ville, route et voyage. En conclusion, ce réglage a une très grande importance suivant l’utilisation solo ou duo et type de conduite. Encore bravo pour le site !" Eric
Scooter-station : Merci Eric, votre précision est la bienvenue. Nous corrigeons l’article en conséquence. Mais concernant la tenue de route, nous campons sur nos positions et notons ce que nous avons ressenti à son guidon ;-) Malgré tout, nous sommes d’accord sur ce point : rouler à 170 en courbe sort nettement du domaine de vol du 400 Burgman, qui répond par ailleurs parfaitement à sa vocation de deux roues polyvalent et pratique.



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