Les maxi scooters sont en progression. Les chiffres le prouvent et si le marché était autrefois trusté par Yamaha avec son fameux T Max (lequel reste un leader incontestable), les autres maxi scooters grappillent peu à peu des parts de marché, à l’instar du 650 Burgman. Lancé en 2002, ce Suzuki a longtemps été le plus gros des maxi scooters. Il le reste si l’on se réfère à ses dimensions hors normes (2,28 m de long) et son poids à sec (243 kg) ! Toutefois, le Gilera GP 800 lui vole la vedette de la plus forte cylindrée depuis 2008. Fondamentalement inchangé depuis sa sortie, le Burgman 650 n’a cessé en revanche de voir son équipement s’étoffer. Avec la version Executive Winter Pack disponible depuis février 2008, il semble que la boucle soit bouclée, puisqu’il ajoute à sa panoplie pare brise et rétroviseurs à commande électrique, poignées et siège (pilote et passager) chauffants, ainsi que le dosseret passager. Un équipement digne de certaines motos de la catégorie GT, dont se rapproche finalement le Burgman 650. Les similitudes sont d’ailleurs évidentes. Les manœuvres à l’arrêt par exemple : long, lourd, l’engin ne se manie pas aisément.

A la portée de tous
Heureusement, sa prise en mains fait moins d’histoire. La hauteur de selle (740 mm) met le Burgman à la portée de tous les gabarits. Avec mon 1,70 m, je pose sans problème les deux pieds au sol, pas à plat tout de même. Ensuite, le rembourrage qui sert de dossier au pilote peut s’avancer de quelques centimètres. Ceci afin de diminuer l’espace qui sépare le siège du tablier et ainsi de permettre au pilote de prendre appui sur celui-ci. Le guidon, relevé et large, facilite le contre braquage. Le tableau de bord, façon voiture américaine des années 80, a cédé à la mode du tout électronique. Complet (température extérieure, plusieurs trips...), il reste suffisamment lisible même si le soleil se reflète dedans. La sonorité du bicylindre en ligne dévoile un caractère inconnu sur les maxi scooters. Cette mécanique siffle, et pour cause. La transmission fait appel à une cascade de pignons, certes plus lourde que les courroies mais qui garantit une excellente longévité. Cette même longévité qui a permis au Burgman 650 d’être choisi par des professionnels (coursiers, motos taxis), dont certains totalisent aujourd’hui plus de 100 000 km avec leur Burgman (voir maxitest Suzuki Burgman 650).

Départs canons assurés !
Cumulant bon nombre de qualités, son moteur est bien sûr le morceau de choix de ce maxi scooter. Outre des performances très honorables (55 chevaux et 6,3 mkg de couple), il se montre souple et onctueux, ses reprises lui permettant de doubler aisément, ou de s’insérer naturellement dans la circulation. Avec un peu d’habitude, on joue de la poignée droite pour sauter d’un feu à l’autre, départs canons assurés ! Cette nervosité somme toute conséquente entre zéro et 80 km/h possède son revers. Entre deux feux de signalisation, on peut se retrouver rapidement à plus de 80 km/h, devançant même bien des motos... Gare aux radars automatiques et autres jumelles urbaines, tant le Burgman 650 déboule fort. En revanche, on remarque un à-coup de sa transmission lors des décélérations (de 30 à 20 km/h), un effet roue libre qui demande à être pris en compte à l’approche des stops par exemple. Une fois assimilé, on profite plutôt de son couple généreux pour voguer dans le flot de la circulation. La tâche se complique alors quelque peu. Ce paquebot des villes demande un minimum de place pour se frayer un chemin. Long, large et lourd, il nécessite d’être emmené avec anticipation. Ensuite, la bonne répartition des masses (réservoir sous le plancher, moteur incliné) et un bon rayon de braquage lui accordent une aisance finalement remarquable. Du moins dès que l’on passe la barre des 35 km/h environ, comme avec une Honda Goldwing par exemple (toute proportion gardée, bien sûr). Le Burgman 650 se montre assez à l’aise en ville et la version Executive Winter Pack renforce ses arguments.

Le scooter à soute
Les habitués du périph’ parisien comprennent l’utilité des rétroviseurs à repli électrique. Un gadget, mieux un service agréable au quotidien. Les autres atouts de cette ultime version se savourent également à l’année. Les poignées et sièges chauffants permettent de se dispenser de gros gants d’hiver ou de sur-pantalon, même si ces éléments montés d’usine n’atteignent pas le rendement des accessoires chauffants de chez BMW (essayez de rouler sur une K 1200 GT avec le siège chauffant poussé à fond, vous verrez...). L’autre atout non négligeable du Burgman consiste en sa capacité de chargement. Le tablier recèle de nombreux et logeables vide-poches. Pour sa part, le coffre sous la selle mérite l’appellation de soute (une longue raquette de squash rentre sans problème !). Un maxi scooter GT qui présente également un des meilleurs conforts du segment. Certes, le Honda Silverwing 600 propose un meilleur amorti de ses suspensions, mais le Suzuki filtre assez bien les pavés et son dossier maintient correctement les reins. De fait, il donne envie de tailler la route et là encore, il ne perd pas son souffle. En mode normal (voir encadré "boîte à malice" plus bas), le Burgman 650 est largement apte à dévorer les quatre voies. A 130 km/h, le moteur ronronne et les reprises se montrent très efficaces. Dommage que le velouté des dernières productions automatiques (Aprilia Mana, Honda DN-01) fassent preuves de plus de douceur lors des relances. Rappelons que la conception du Burgman et de sa boîte "pilotée" remonte à 2002.

Evadez-vous en Burgman !
Si le coeur vous en dit, le maxi scooter Suzuki peut atteindre un joli 185 km/h compteur, sur le plat. A cette vitesse, la carène de ce navire joue en sa défaveur. En effet, sa prise au vent (latéral surtout) est alors sensible. En outre, sa géométrie doit sans doute favoriser les allures plus conventionnelles. La tenue de cap perd de sa superbe au grès des km/h. Mais revenu à l’allure quasi légale, le comportement de l’engin reste tout à fait convenable. On profite alors de la protection offerte par la large bulle. Réglable électriquement, celle-ci permet de protéger tous les gabarits. Malgré tout, comme sur certaines motos de la classe GT, elle engendre des remous à haute vitesse et selon sa hauteur, crée un effet de poussée dans le dos plus ou moins prononcé. Notez aussi, que le passager reconnaît avoir les tibias très exposés au vent, mais ce dernier apprécie le dosseret, confortable. Au chapitre de la sécurité, l’apport de l’ABS est non négligeable sur une machine de ce poids. Son fonctionnement est satisfaisant, comprenez par là qu’il ne se déclenche pas de façon inopinée sur des surfaces bosselées par exemple. Les distances d’arrêts sont alors raccourcies, même si l’on aimerait un peu plus de puissance pour coller aux capacités du moteur. Bonifié par de nombreux détails, le Burgman, même six après, reste le plus routier des maxi scooters et en cela, il donne envie de s’évader en week-end, même à deux. Dans ce cas, avec 15 litres de carburant embarqué, il sera alors courant de passer à la pompe avant d’atteindre les 200 km.

Arrivé à maturité
En conclusion, on peut sans vergogne affirmer que le Burgman est arrivé à maturité, 6 ans après la commercialisation du premier modèle. Cette version Executive Winter Pack porte en effet ses prestations à un niveau encore inégalé dans la catégorie, même s’il pourrait encore recevoir quelques gadgets (régulateur de vitesse... ou connexion bluetooth), mais à quoi bon ? Car l’engin jouit en outre d’une bonne réputation de fiabilité et d’une tenue dans le temps convenable (carrosserie). Dès lors, sa cote de revente apparaît élevée, surtout compte tenu de son tarif de départ (10 199 € dans cette version Winter Pack). Egalement, il faut prendre en compte l’usure des consommables. Les maxi scooters sont en effet friands de pneus et de plaquettes de freins (surtout en conduite urbaine musclée), mais pour peu que vous l’utilisiez dans un rôle de liaison, le Burgman 650 prendra alors tout son sens, été comme hiver et d’autant plus dans cette définition Winter Pack.
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Suzuki AN 650 Burgman : à retenir
Pratique :
Prix : 7 999 € en version standard ; 9 899 € en version Executive (rétroviseurs et pare brise électrique, ABS, dosseret passager) ; 10 199 € en version Executive Winter Pack de cet essai (équipement de l’Executive + siège pilote et passager, poignées chauffantes)Coloris : bleu, rouge, noir et gris (Winter Pack noir ou gris exclusivement)
Garantie : 2 ans, pièces et main d’oeuvre, kilométrage illimité

Boîte à malice
Le Suzuki Burgman 650 fut le premier à proposer une boîte "mutimode" sur un maxi scooter, gérée de façon automatique et dispensant d’une commande d’embrayage. Ainsi, sur le maxi scooter Suzuki, vous pouvez opter pour un mode automatique normal ("Drive") ou "Sport" qui raccourcit alors la démultiplication et optimise les reprises. Dans ce cas, si la vitesse de pointe reste quasi équivalente, le régime moteur à vitesse stabilisée est fatalement plus élevé qu’en mode classique. Voilà pour les modes automatiques, alors que vous disposez en outre sur ce Burgman d’une commande cette fois complètement manuelle. Un jeu de boutons "up and down" localisés sur le commodo permet ainsi de monter les vitesses et rétrograder du bout du pouce. Dans ce cas, le frein moteur devient alors sensible et crescendo lors de la descente des rapports (de 5 à 1). Notez que les modes de ce système de boîte de vitesses peuvent être choisies à tout moment en roulant, une belle prouesse alors en 2002. Dans la pratique, si l’on joue un peu avec la boîte séquentielle, on finit à la longue par revenir au mode normal, comme sur n’importe quel scooter.

Détails
La planche de bord est complète. On se tient informé de la vitesse, du régime moteur, du mode de transmission, de l’heure, de la température extérieure, plus divers trips partiels et total.
Les rétroviseurs sont larges et donnent une visibilité sans angle mort.
L’avertisseur sonore est convenable.
Les béquilles sont faciles à déplier, mais la mise en place sur la centrale demande une once d’effort.
Les rangements sont nombreux et généreux en volume.
La veilleuse au dessous du siège éclaire peu la soute.
Le remplissage du réservoir (trappe latérale) est facile d’accès, mais les derniers décilitres sont assez longs à alimenter.




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