Scooter Station : Thierry Atthar, vous nous dites avoir beaucoup investi dans l’aventure Vectrix. La récente faillite était-elle prévisible ?
Thierry Atthar : Plus que de faillite, on doit parler de plan de sauvegarde. Ce que je vais dire n’engage que moi, mais je pense que les actionnaires, déçus par les volumes de ventes en deçà de leurs prévisions, ont simplement coupé les robinets. Lorsqu’on travaille sur de nouvelles technologies, on ne peut pas savoir où l’on va exactement et il est difficile de raisonner sur le quotidien... (ndlr : à méditer)
Pour parler de volumes, savez-vous combien de scooters électriques Vectrix ont été vendus dans le monde en 2008 ?
Entre 2 000 et 3 000, je pense. Mais les Américains manquent de transparence. La France était bien partie. Nous avons dû faire 15 % de ce chiffre, ce qui est plutôt bien.
Quel est le frein à la diffusion des deux-roues électriques ?
Le prix des batteries, qui grève celui des scooters, c’est évident ! J’ai rencontré un des probables repreneurs qui est justement impliqué dans le domaine des batteries. Rien n’est pourtant arrêté car, selon la législation américaine, de nouveaux investisseurs ont un délai de 30 jours pour faire parvenir une meilleure offre.
"Avec des batteries moins chères, les ventes s’envoleraient immédiatement !"
La production continue-t-elle et serez-vous le prochain importateur de la marque ?
En attendant l’injection d’argent frais, l’usine située en Pologne fonctionne toujours. Nous ne rencontrons pas de problème d’approvisionnement. Le Vectrix Store parisien demeure le seul point de vente officiel en France. Un contrat lie la société américaine à la nôtre et il m’appartient de dire si je continuerai d’importer la marque lorsque j’y verrai plus clair.
Alors que l’électrique semblait être la prochaine évolution en matière de déplacement urbain, un autre type de véhicules débarque en force, le MP3 avec en point de mire un trois-roues hybride. Qu’en pensez-vous ?
J’ai cerné la clientèle de l’électrique et je ne trouve pas d’intérêt à l’hybride pour de courts trajets. A ce sujet, M. Bolloré a été très clair récemment. Comme il l’a dit, seul l’électrique se suffit pour des besoins urbains. En termes d’agrément ou de performances, il peut facilement se substituer au thermique. Dès que les batteries évolueront, les choses vont aller très vite. C’est une question de fiabilité, mais surtout de coût. Quand nous avons lancé une opération commerciale à 6 900 € au lieu de 8 900 €, les ventes de Vectrix ont explosé (60 véhicules en un mois). Nous n’avons pu malheureusement maintenir ce tarif. Il faut donc peu de choses pour que le marché soit viable. Concernant les trois-roues, c’est une autre révolution, mais une révolution très différente même si elle peut aller de pair avec l’électrique. J’ai d’ailleurs conseillé au repreneur éventuel de creuser ce sillon. Le concept élargi le marché en sécurisant les utilisateurs que les deux-roues effraient.
Propos recueillis par Philippe Chanin




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