Chez Yam, le Bw’s fait le bonheur des "djeunz" depuis plus de deux décennies. Jumeau du MBK Booster, ce 50 cm3 à initié le style baroudeur sur les marchés européens. Aujourd’hui le Bw’s monte en puissance. Sa cylindrée est portée à 125 cm3 et son style revu de fond en comble. Il n’a d’ailleurs visuellement plus grand chose en commun avec son benjamin, si ce n’est son petit gabarit et le profil de ses pneumatiques. En "grandissant", le Bw’s 125 s’adapte à la population des jeunes adultes. Son identité singulière repose sur des lignes particulièrement dynamiques, de la proue dotée de magnifiques et inédits phares superposés à la poupe intégrant deux feux façon Gilera Fuoco 500, qui renforcent l’aspect sportif. Les tubes de cadre apparents apportent la dernière touche à cette ligne pour le moins virile et épurée.

Facile à apprivoiser
La selle à bonne hauteur (780 mm) invite à s’installer aux commandes. Son échancrure marquée permet aux pieds des pilotes de petit gabarit d’atteindre sans mal le sol. Le guidon type moto (avec tés et pontets) est cintré juste ce qu’il faut pour offrir une bonne ergonomie. La prise en main s’en retrouve assez évidente. Le doigt se porte alors sur le bouton rouge de la poignée droite et la mécanique se met instantanément en branle. Technologie 4-temps et gros pot catalysé obligent, la sonorité est assez feutrée. C’est parfait pour se déplacer en toute discrétion dans la circulation, mais avec un tel style, nous aurions tout de même apprécié un peu plus de caractère à ce niveau là. Rien de grave pour autant, puisque du tempérament, ce moteur n’en manque pas. A la manière du Yamaha Cygnus X, le bloc injecté et doté de 4 soupapes répond immédiatement à la moindre sollicitation. Et comme ce Bw’s 125 est un poids plume, il décolle avec une vigueur réjouissante. Un petit test au démarrage avec le Yamaha X-Max de notre ouvreur nous a même permis de constater en "live" que le rapport poids/puissance du Bw’s est remarquable. De bon augure pour la suite de notre essai.

Petit tortillard
A midi, noyé dans le trafic d’une ville de banlieue parisienne, votre serviteur a pu apprécier l’agilité de ce deux-roues passe-partout. Son faible empattement, la vivacité de sa mécanique à bas régime et ses petites roues de 12 pouces rendent en effet le Bw’s particulièrement adapté à l’exercice du slalom urbain. Et si un danger survient, son système de freinage offre une efficacité des plus rassurantes. Parfaitement dosable, l’étrier à l’avant assure un bon mordant. Quant au tambour arrière, il se montre progressif et peu enclin au blocage. La route se dégage et notre périple se poursuit sur des voies escarpées. D’emblée, la mécanique avoue ses limites dans les évolutions à mi-régime. Ceci est encore plus criant dans les montées où, calé à 70 km/h, le Bw’s semble comme arrêté. Heureusement, le sommet se rapproche. Place à la descente ! Les virages serrés qui se profilent maintenant vont nous permettre d’apprécier la tenue de route de l’engin. Bonne surprise : même sur des grosses contraintes, le châssis fait preuve d’une belle rigueur et permet de tracer des trajectoires au cordeau. A la sortie d’une courbe et à l’entame de la suivante, le Bw’s est réactif. Facile à balancer, il se place avec autant d’aisance. Sa tenue de cap est même étonnante pour un scooter chaussé de pneumatiques à profil plutôt large et de taille moyenne.

Un certain manque de polyvalence
De retour sur le plat et à des rythmes plus conformes aux allures usuelles, la rigueur des suspensions arrière se fait ressentir sur chaque aspérité. Certes, pour que le Bw’s conserve son caractère de baroudeur - limite tout-terrain - le tarage de ses ressorts (non réglables) ne pouvait être autre. Toutefois à l’épreuve de la ville, leur rebond n’est pas des plus agréables au quotidien. C’est pire encore pour le passager qui, en plus de disposer d’un faible espace, a l’impression d’être assis sur un siège éjectable. Dommage, car la qualité de la selle est avérée, tant dans son moelleux que dans sa finition. Un autre point noir de ce 125 concerne son niveau de protection. Sans la moindre bulle et avec un tablier étroit, il se retrouve pénalisé sur les axes rapides.

Bilan : Fabrication taïwanaise, tarif japonais
Ce nouveau scooter Yamaha respire la qualité de fabrication. Avec son design valorisant et ses matériaux de qualité, le Bw’s 125, conçu à Taïwan, est un bel engin assez valorisant. Il ne manque pas d’aspects pratiques : équipé de deux béquilles, il dispose également d’un large coffre sous sa selle dont l’ouverture se gère au niveau du contacteur. A la pointe de cette assise, le bouchon de réservoir facilite le remplissage. En revanche, nous trouvons le bloc compteur quelque peu simpliste. Sans partiel ni autre voyant que ceux qui informent du fonctionnement des clignotants, de l’injection ou des feux de routes, l’accessoire aurait mérité un meilleur traitement. Et ce d’autant plus que le Bw’s 125 n’est pas donné. Vendu 2 999 €, il se place en effet parmi les plus chers de sa catégorie, ce qui, en ces périodes incertaines, n’est pas particulièrement stratégique. Toutefois, comme nous pouvons le voir sur d’autres scooters de la marque aux trois diapasons, X-Max ou TMAX en tête, il n’y a bien évidement pas que le prix pour susciter l’achat.
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