Dans la famille Yamaha, les Majesty restent dans l’ombre des Max. Moins spectaculaire, le 400 Majesty n’a pas connu le même succès que le 500 T Max. Malgré une première évolution en 2007, seuls 112 YP ont trouvé preneurs en 5 mois contre 2 042 XP. Pour relancer son autre maxiscooter, Yamaha lui donne donc un coup de jeune en 2009. Le premier acteur du marché français annonce une version améliorée sur tous les rapports. Alors, le Majesty 400 ABS 2009, simple lifting de printemps ou refonte complète ? Premier contact, premières réponses.

Question de style
A la différence de ses concurrents comme le Suzuki 400 Burgman ou le Honda SW-T 400, le nouveau Majesty conserve sa ligne générale horizontale et basse. Les volumes sont globalement identiques à ceux de la version précédente mais les lignes se font plus douces. A l’opposé de la tendance du design "taillé à la serpe", l’YP 400 2009 joue sur des galbes doux que l’on croirait sculptés par l’air. Double optique, feux arrière à diodes, l’ensemble est original, homogène et dynamique. Deux entrées d’air apparaissent sous les phares comme un clin d’oeil à la R1, la célèbre hypersport du constructeur japonais. En revanche, le tableau de bord semble hérité du modèle 2008, de même pour les vide-poches du tablier et la selle. Si le dosseret du conducteur reste, celui dévolu au confort du passager a semble-t-il disparu. Dommage. Regrettable aussi, l’assemblage des plastiques du tunnel. La finition à cet endroit est moins bonne que sur les modèles précédents. En contrepartie, les leviers de freins sont encore réglables et l’ergonomie fait toujours la part belle à la polyvalence. Même avec mon mètre soixante-dix, je parviens à poser les pieds au sol et les grands gabarits trouveront tout l’espace nécessaire à leur confort. Bref, dans ce coloris blanc éclatant, le maxi Majesty apparaît lifté avec succès mais pas repensé.

Un maxi pour la ville
Le 400 Yamaha n’a-t-il subi qu’un ravalement de façade ? Et bien... non. Alors que nous trouvions les millésimes précédents mous en ville, cette mouture bénéficie d’une nouvelle transmission selon le constructeur. Et force est de constater que notre Majesty 400 montre une vigueur nouvelle pour décoller au feu vert. La réponse à la poignée des gaz s’avère franche. Dans le temps qu’il faut aux meilleurs GT 125 pour passer de 0 à 50 km/h, le maxi-scooter japonais atteint les 70 km/h malgré ses 204 kg à sec. Malgré l’empattement long de 1 565 mm et un angle de chasse ouvert, la roue avant de 14 pouces et le centre de gravité placé bas confèrent une vivacité convaincante au Majesty 400 compte tenu de son gabarit. De quoi tirer le meilleur parti des 34 ch et 3,7 daN.m du monocylindre injecté de 395 cm3. Pour compléter ses aptitudes urbaines, ce Yamaha dispose d’un coffre dont le volume utile impressionne. Il accueillera sans problème deux casques intégraux tout en ménageant de la place pour d’autres effets. Notre sac photo rentre sans problème dans le compartiment arrière, c’est rare ! En somme, le Majesty 400 2009 conserve ses atouts au quotidien auxquels il ajoute une vigueur nouvelle aux allures légales.

Et pour la route ?
Oui mais passé 130 km/h voire 120 km/h, les choses se gâtent un peu. Si la transmission a été modifiée, le reste de la partie cycle n’a pas évolué. Et le 400 Majesty conserve sa prise au vent. Sur autoroute, plus la vitesse augmente plus il donne l’impression de "danser" sur ses appuis. Pas dangereux mais désagréable. Le cadre en aluminium ne peut rien pour discipliner des suspensions mal accordées : trop souple à l’avant et fermes à l’arrière. Une fois revenu sur des routes sinueuses, l’YP 400 ne met pas autant en confiance que les derniers GT. Son comportement flou nous renvoie quelques années en arrière. En décalage avec sa plastique si contemporaine. Il se rattrape par le freinage puissant, mordant et dosable fourni par les trois disques de 267 mm de diamètre. A l’arrière, l’ABS se déclenche parfois un peu rapidement mais vos commentaires confirment son caractère indispensable. Pour finir, on n’oubliera pas la consommation raisonnable de 4,6 l./100 km malgré un rythme soutenu.

Repositionné sur ses atouts
A l’issue de ce premier contact, le Yamaha YP 400 Majesty ABS version 2009 capitalise sur ses aspects pratiques en leur offrant une allure attrayante et des performances convaincantes mais sans excès. De quoi le positionner comme une alternative maxi-scooter urbain séduisante face aux cylindrées supérieures, plus gourmandes et plus chères. Les propriétaires des millésimes précédents devraient être conquis. Mais à 6 999 € avec l’ABS, le comportement dynamique général du Majesty 400 pourra-t-il convaincre face au Suzuki affiché 1 200 € moins cher ? Sans compter avec le Honda SW-T 400, nouvelle référence doté d’un bicylindre et du freinage couplé pour 300 € de moins.
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Yamaha YP 400 Majesty ABS 2009 : A retenir
Pratique
Prix : 6 999 euros (au 01/07/2009)
Disponibilité : immédiate
Coloris : blanc, gris ou noir
Garantie : 2 ans, pièces et main d’oeuvre

moteur
Le Majesty représente l’offre de milieu de gamme Yamaha. Il a reçu un freinage ABS l’an passé (2007). Comme le Suzuki, il dissimule un sobre et performant monocylindre quatre temps injecté et refroidi par eau. Pour garantir une bonne longévité à ces mécaniques, optez pour une révision intermédiaire à 6 000 km, avec une vidange à la clé. Les huiles modernes, changées fréquemment permettent d’assainir les mécaniques qui se nourrissent de carburants pauvres.

Partie-cycle
La partie cycle du Majesty utilise un cadre alu moulé sous pression. La rigidité est au rendez vous, notamment lors des changements de trajectoire. La fourche classique ne brille pas par sa rigueur. Souple, elle s’accorde mal avec les deux combinés qui assure l’amortissement à l’arrière. Raffermis en 2007 pour discipliner le comportement routier du Majesty 400, ils sont trop secs et limitent le confort sur chaussée dégradée. Le freinage confié à trois disques (2 AV / 1 AR) est à la hauteur de la réputation de Yamaha dans ce domaine : puissant, dosable et endurant. La présence de l’ABS et les leviers réglables en écartement complètent ce tableau flatteur.

Aspects pratiques
Le YP 400 Majesty se distingue par le volume de ses différents rangements. Le coffre fait référence. Deux vides-poches, austères mais pratiques, sont implantés dans le tablier. Côté instrumentation, on retrourve le tableau de bord classe et enjolivé de cadrans chromés du millésime précédent. Y sont indiqués la vitesse, le régime du moteur, la température. Il possède également deux trips partiels, une horloge et une jauge à essence. Les feux de détresse sont au pouce droit. L’avertisseur sonore est standard. Les rétroviseurs, étroits, ne favorisent pas la rétro vision, mais facilitent l’insertion dans le trafic. La béquille latérale est difficile d’accès, très en arrière. La centrale ne pose pas de souci. Enfin, nous regrettons la disparation du petit dosseret passager auparavant monté en série.




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